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Finalité dans le Conte d'Arda
#7
Cher Yyr

Je sors un peu de mon hivernation pour te préciser que le livre de J. Monod est disponible en ligne sur monoskop.org en format pdf.
Il ne s'intéresse effectivement pas à Aristote, mentionné à une seule occasion, en lien avec l'étude du mouvement des corps. Je ne dis cela que parce que tout le reste de la page où figure cette occurrence devrait t'intéresser (§ « la téléonomie et principe d'objectivité ») :

[citation=Jacques Monod, Le Hasard et la Nécessité, Paris, Seuil, 1970, p. 32-33.]
La pierre angulaire de la méthode scientifique est le postulat de l'objectivité de la Nature. C'est-a-dire le refus systématique de considérer comme pouvant conduire a une connaissance « vraie » toute interprétation des phénomènes donnée en termes de causes finales, c'est-a-dire de « projet ». On peut [33] dater exactement la découverte de ce principe. La formulation, par Galilée et Descartes du principe d'inertie, ne fondait pas seulement la mécanique, mais l'épistémologie de la science moderne, en abolissant la physique et la cosmologie d'Aristote.

[...] Certes, ni la raison, ni la logique, ni l'expérience, ni même l'idée de leur confrontation systématique n'avaient manqué aux prédécesseurs de Descartes. Mais la science, telle que nous l'entendons aujourd'hui, ne pouvait se constituer sur ces seules bases. II y fallait encore l'austère censure posée par le postulat d'objectivité. Postulat pur, à jamais indémontrable, car il est évidemment impossible d'imaginer une expérience qui pourrait prouver la non-existence d'un projet, d'un but poursuivi, où que ce soit dans la nature.

Mais le postulat d'objectivité est consubstantiel à la science, il a guidé tout son prodigieux développement depuis trois siècles. Il est impossible de s'en défaire, fut-ce provisoirement, ou dans un domaine limité, sans sortir de celui de la science elle-même.

L'objectivité cependant nous oblige a reconnaitre le caractère téléonomique des êtres vivants, à admettre que dans leurs structures et performances, ils réalisent et poursuivent un projet. Il y a donc là, au moins en apparence, une contradiction épistémologique profonde. Le problème central de la biologie c'est cette contradiction elle-même, qu'il s'agit de résoudre si elle n'est qu'apparente, ou de prouver radicalement insoluble si en vérité il en est bien ainsi.[/citation]

S.
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