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Finalité dans le Conte d'Arda
#15
Yyr Wrote:Ok alors je ne m'y suis pas intéressé plus que cela.

À voir mais j'aurais tendance à penser, vu d'ici, que ce n'est pas problématique pour Aristote :
- Pour les non vivants les causes matérielle et efficiente suffisent, chez lui, je crois, au moins d'une certaine façon.
- Et pour les vivants, il reste que, pour reprendre l'exemple de l'œil, que ce soit à l'état de simples cellules photosensible ou d'organe constitué, cette matière soit organisée en vue de voir ... Que ce soit justement la finalité de mieux voir qui guide cette évolution ...

C'est précisément pourquoi ce concept est important, car il permet de démontrer qu'il n'y a pas de différence d'ordre entre le vivant et le non-vivant à cet égard, ce qu'Aristote ne pouvait évidemment pas savoir.

L'œil est spécifiquement l'organe que Darwin avait du mal à concevoir en faisant abstraction du principe de finalité, tant sa constitution est complexe et son organisation efficace. Or l'apparition de la photosensibilité dans les cellules est relativement probable en présence de lumière dans le spectre visible. Dès lors, si l'on admet démontré qu'un organe semblable à l'œil a des chances raisonnables d'apparaître par évolution spontanée, lequel organe aura des propriétés émergentes par rapport à la simple photosensibilité de départ, son existence ne nécessite plus la moindre notion de finalité, quoiqu'on puisse à juste titre s'étonner de ce que le hasard permette de créer une structure aussi élégante.

Restent alors les mystères que sont la vie et la conscience, ce qui n'est pas rien.

Yyr Wrote:Il reste cependant pour Camus (et Monod) un sens à notre existence : celui-ci réside dans notre lutte. Dans ce cadre, la réalité est considérée en moi-même et pour moi-même, le désir du cœur de l'homme est défini par rapport au manque. Et, à défaut de satisfaire ce désir, l'homme trouvera une satisfaction dans la lutte, dans l'efficience.

Je suis globalement d'accord avec toi sur une bonne partie de ton argument, mais alors il faut concevoir Camus comme hors du champ de la modernité (et je pense que c'est assez juste de le mettre à part, de fait), car pour lui, il est manifeste que la lutte, telle qu'il la conçoit, n'est pas efficiente, mais vaine. Vaine, mais non dépourvue de valeur, car sa valeur découle de la confrontation entre la volonté de l'homme et l'univers qui l'entoure. Somme toute, Camus aurait sans doute apprécié les paroles attribuées à Brythwold :

Hige sceal þe heardra, heorte þe cenre,
mod sceal þe mare, þe ure mægen lytlað.


E.
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