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Finalité dans le Conte d'Arda
#19
[small]Last but not least :)[/small]

Elendil Wrote:
Yyr Wrote:Ok alors je ne m'y suis pas intéressé plus que cela.

À voir mais j'aurais tendance à penser, vu d'ici, que ce n'est pas problématique pour Aristote :
- Pour les non vivants les causes matérielle et efficiente suffisent, chez lui, je crois, au moins d'une certaine façon.
- Et pour les vivants, il reste que, pour reprendre l'exemple de l'œil, que ce soit à l'état de simples cellules photosensible ou d'organe constitué, cette matière soit organisée en vue de voir ... Que ce soit justement la finalité de mieux voir qui guide cette évolution ...

C'est précisément pourquoi ce concept est important, car il permet de démontrer qu'il n'y a pas de différence d'ordre entre le vivant et le non-vivant à cet égard, ce qu'Aristote ne pouvait évidemment pas savoir.

L'œil est spécifiquement l'organe que Darwin avait du mal à concevoir en faisant abstraction du principe de finalité, tant sa constitution est complexe et son organisation efficace. Or l'apparition de la photosensibilité dans les cellules est relativement probable en présence de lumière dans le spectre visible. Dès lors, si l'on admet démontré qu'un organe semblable à l'œil a des chances raisonnables d'apparaître par évolution spontanée, lequel organe aura des propriétés émergentes par rapport à la simple photosensibilité de départ, son existence ne nécessite plus la moindre notion de finalité, quoiqu'on puisse à juste titre s'étonner de ce que le hasard permette de créer une structure aussi élégante.

Je ne crois pas.
Alors, certes, Aristote ne se posait pas le problème de cette espèce d'évolution en particulier, mais je ne suis pas sûr que cette évolution en elle-même lui poserait de problème : cela reste une sorte de devenir, ou, une succession de devenirs, finalisés les uns par les autres, finalisés par la vue.
En l'occurrence, rien de ce que tu décris ne changerait quoi que ce soit pour Aristote je pense, ni n'abolit la différence entre le vivant et le non vivant : le finalisme ne nie pas l'action des causes efficientes, qui sont effectivement d'ordre matériel, ici la lumière dans le spectre visible ; il nie qu'elles soient suffisantes.
Et, dans ton exemple, il y a au moins la lumière qui échappe au hasard.

En fait, peut-être Aristote nous dirait-il de ne pas confondre finalité (cas général de la nature) et intention (cas particulier de l'art).

[small]Mais j'admets que ce point de l'émergence n'est pas évident.
En tout cas il ne l'est pas pour moi et je dis peut-être des bêtises.
Je tâcherai de le soumettre à un maître :).[/small]
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