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Agatha Christie - Hercule Poirot
#8
Avec beaucoup de retard, je réponds enfin... ^^'

Beruthiel Wrote:
Hyarion Wrote:il existait aussi, il y a trente ans, de mémoire, une collection « Le Club des Masques », au format semblable à celui de la collection principale du Masque, mais avec une photo d'illustration sur la première de couverture 

J’ai découvert Agatha Christie dans des éditions du Club des Masques des années 70 (c’était les livres de ma mère). [...]

Il s'agissait effectivement de couvertures encore différentes, avec une illustration traditionnelle : j'ai déjà vu passer des exemplaires de ces éditions en bouquinerie. Pour ma part, les couvertures avec photo des éditions du « Club des Masques » étaient au fond assez typiques des années 1980-1990, jusqu'à ce que les illustrations traditionnelles reviennent, avec un format toujours de poche mais légèrement différent, vers 1998 (ici, par exemple, avec le roman Témoin muet). 

[Image: 1774885638_agatha_christie_-_le_chat_et_...413739.jpg]

[Image: 1774885655_agatha_christie_-_drame_en_tr...413395.jpg]

[Image: 1774885681_agatha_christie_-_temoin_muet...400692.jpg]

À l'époque, j'avais tendance à prendre ce qui venait, édition « Club des Masques » avec photo ou édition « standard » du Masque avec couverture jaune orangé, comme en témoigne par exemple mes exemplaires du recueil de nouvelles, réparti en deux volumes, où Hercule Poirot marche symboliquement, à travers plusieurs enquêtes, dans les pas d'un autre Hercule, le fils de Zeus/Jupiter et d'Alcmène.

[Image: 1774885669_agatha_christie_-_ecuries_aug...411803.jpg]

Dans les cas de romans comme Le Chat et les pigeons ou Drame en trois actes (romans par ailleurs tous deux bien adaptés dans la série télévisée avec David Suchet), les photos de couverture me paraissaient bien choisies, moins dans d'autres cas comme celui des Écuries d'Augias... mais ce n'était évidemment rien comparé aux couvertures avec photo, aussi aguicheuses que hors-sujet, des ouvrages de science-fiction et de fantasy (dont un recueil d'histoires de Kull [de Valusie] de Robert Howard !) parus en poche dans une collection « Playboy » de l'éditeur Eurédif, en 1984-1985 (titre + photo = effet comique... peut-être voulu, qui sait) : 
https://www.noosfere.org/livres/collecti...iveau=couv 


Beruthiel Wrote:Concernant Sherlock Holmes, j’avais aussi  lu le recueil de nouvelles d’Adrian Conan Doyle et John Dickson Carr. J’avais peu apprécié... Mais à la même époque, j’avais découvert avec plaisir Les Aventures de Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain, de Jean Ray. Peu de rapport avec l’original, si ce n’est que l’action se passe en Grande-Bretagne, en particulier à Londres et que l'on retrouve l'appartement de Baker Street.  Avec Harry Dickson, on est dans l’aventure rocambolesque, mâtinée de fantastique. Alain Resnais envisageait d’en faire une adaptation au cinéma, ce qui ne s’est jamais concrétisé, c’est bien dommage. Tout comme il est dommage que son projet sur Lovecraft n’ait pas abouti, bien qu’on puisse en percevoir des échos dans le film Providence (voir cette  critique pour celles ou ceux que cela intéresse).
 
Bien que cela m'ait paru contre-intuitif en l'ayant appris il y a longtemps, quand on pense à ses films les plus médiatisés, je savais qu'Alain Resnais était un passionné de bande dessinée et d'imaginaire et je ne suis pas surpris que les univers de Lovecraft et de Jean Ray ait pu l'intéresser. 

Concernant l'écrivain belge Raymond De Kremer, dit Jean Ray (1887-1964) — dont des textes, traversant l'Atlantique, furent notamment publiés en anglais dans le magazine Weird Tales, sous le pseudonyme de John Flanders, et ont donc pu être lus par Lovecraft, Robert Howard et C. A. Smith —, je connais un peu son personnage d'Harry Dickson, dont une partie des aventures ont été republiés dans une collection policière de Librio dans la deuxième moitié des années 1990, mais finalement, de façon générale, je n'ai pas lu beaucoup de récits fantastiques de cet auteur. Je me souviens toutefois notamment de la nouvelle Le Tableau, extraite du recueil Les Contes du whisky (1925)... et surtout de la nouvelle La Choucroute, extraite du recueil Le Livre des fantômes (1947), et que j'avais lu dans une anthologie de nouvelles de plusieurs auteurs, La Dimension fantastique, parue chez Librio en 1996. 

La Choucroute raconte l'aventure d'un personnage, narrateur, qui se voit un jour proposer, par un bon ami français nommé Buire, la possibilité de voyager en train sans destination précise, grâce à une carte d'abonnement valant pour tout le réseau ferroviaire (belge ?) que ledit Buire utilise lui-même durant sa journée de congé hebdomadaire. Après hésitation, tentant finalement l'expérience, le narrateur monte par temps sombre dans [emphase]« un obscur train de banlieue »[/emphase], où il s'installe et discute durant le trajet avec un voyageur inconnu, [emphase]« jovial et bavard »[/emphase], avec lequel il en vient à parler de cuisine, et en particulier de choucroutes, ce qui le met bientôt en appétit. Mais lorsqu'il se décide, au bout d'un moment, à descendre soudainement au hasard à un des arrêts du train, en disant au revoir à l'autre voyageur, celui-ci tente, en vain, de le retenir, visiblement très inquiet que la narrateur ait choisi de descendre, insouciant, précisément sur ce quai de gare-là... 

Pour en revenir brièvement à Sherlock Holmes après Conan Doyle père, je me souviens d'avoir lu, particulièrement durant au moins un voyage en train — a priori sans choucroute à l'esprit... ;-) ... —, assez peu de temps après sa toute première publication en français dans une des collections du Masque (1996), une biographie fictive, plutôt bien faite dans mon souvenir : Watson et Holmes de June Thomson.

[Image: 1774885693_june_thomson_-_watson_et_holm...427095.png]


Beruthiel Wrote:J’ai vu plusieurs James Bond, mais toujours avec un intérêt très modéré :-) Je n’ai pas été tentée par les livres, les histoires d’espionnage m’intéressant peu a priori. Il faudra peut-être essayer un jour…
 
En matière de livres, j'avais pour ma part commencé avec des romans parus en français chez Fleuve Noir, avant de passer à un compilation dont je reparlerai plus loin.

[Image: 1774885706_ian_fleming_james_bond_007_go...058583.jpg]

Le James Bond 007 original, celui de Ian Fleming donc, est une création des années 1950, que l'écrivain développera jusqu'à sa mort en 1964 à 56 ans, ce qui explique notamment que les premiers films de cinéma avec Sean Connery (ainsi que l'unique film avec George Lazenby, entre les deux derniers films « officiels » avec Connery) soient ceux, sur le fond et la forme, les plus proches de la matière littéraire originale, même si l'on peut déjà noter un léger décalage générationnel (le Bond de Fleming est notamment présenté comme étant un espion britannique déjà actif avant la Seconde guerre mondiale, et donc bien avant la guerre froide ultérieure qui est le seul contexte géopolitique des aventures du Bond des films tel qu'apparu au cinéma dans les années 1960). Comme je l'avais déjà signalé lors d'un hommage à Sean Connery dans le fuseau dédié en octobre 2020, l'acteur fut si convainquant à l'écran dans le rôle de 007 que Ian Fleming, après coup, s'arrangea pour incorporer des origines écossaises à son personnage littéraire. Pour ne pas trop me répéter, je me permets de renvoyer à cet autre message pour mon appréciation des films, du moins ceux avec Connery, appréciation qui reste globalement la même. Je précise que, de façon générale, comme avec les histoires de Conan, ce n'est pas du tout le côté « virilisme mâle appuyé » qui m'intéresse dans les histoires de Bond, et je n'appréhende tout cet aspect-là qu'avec beaucoup de second degré, a fortiori avec le temps qui passe.

Dans le champ littéraire, pour une découverte originale du personnage façonné par Ian Fleming, je recommande la lecture d'un récit un peu atypique : Chaleur humaine (Quantum of Solace), une des nouvelles du recueil Bons Baisers de Paris (For Your Eyes Only), paru en 1960, entre les romans Goldfinger (1959) et Opération Tonnerre (Thunderball, 1961). L'histoire se passe à la fin des années 1950, après l'accomplissement d'une mission de Bond aux Bahamas, alors encore colonie britannique, dans le contexte géopolitique de la guérilla castriste à Cuba (Bond apparaît, au passage, comme étant alors plutôt favorable aux rebelles cubains : rappelons que Fidel Castro ne se ralliera au bloc soviétique que quelque temps après avoir finalement pris le pouvoir à Cuba avec ses barbudos, en 1959). L'agent 007 est invité à un dîner organisé par le gouverneur des Bahamas dans sa résidence de Nassau, lequel gouverneur lui racontera, une fois les autres invités partis, une singulière histoire de mariage entre un fonctionnaire colonial et une hôtesse de l'air... 

Les récits, romans et nouvelles, de Ian Fleming mettant en scène James Bond 007 ont fait l'objet en français, depuis longtemps, d'une compilation en deux volumes dans la collection « Bouquins » de chez Robert Laffont. À l'époque où je m'étais procuré cette compilation, vers la fin des années 1990 (même époque que pour Poirot ou Holmes, je l'ai déjà dit), j'avais constaté une étrange anomalie, perceptible rien qu'en examinant les couvertures des éditions successives durant lesdites années 90.

[Image: 1774885723_ian_fleming_james_bond_007_vo...049242.jpg]
[small](Volume 1, édition de 1993)[/small]

[Image: 1774885734_ian_fleming_james_bond_007_vo...049259.jpg]
[small](Volume 2, édition de 1990)[/small]

[Image: 1774885749_ian_fleming_james_bond_007_vo...088166.jpg]
[small](Volume 2, édition de 1998)[/small]

S'agissant du second volume de la compilation, d'une édition à l'autre, un des romans, pourtant très important quant à la vie du personnage, a disparu : Au service secret de Sa Majesté (On Her Majesty's Secret Service, 1963). Jusqu'à présent, je n'ai jamais su pourquoi.

Amicalement, 

B.
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