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Agatha Christie - Hercule Poirot
#13
Beruthiel Wrote:Concernant James Bond, j’ai vu au cinéma Quantum of Solace. Je ne m’en souviens absolument pas, effet habituel des James Bond sur moi :) (je me rappelle quand même avoir davantage apprécié le film précédent : Casino Royale). Je pourrai tenter la nouvelle…

Il me parait important de préciser que le film Quantum of Solace n'est pas du tout une adaptation de la nouvelle de Fleming portant ce titre... et cela dans la tradition d'éloignement de la matière littéraire originale qui est celle de la série cinématographique de James Bond à partir de The Spy Who Loved Me (1977), au titre constituant déjà un emprunt à un récit de Fleming dont le film n'était pas une adaptation. Le film Quantum of Solace est une suite directe de Casino Royale qui, lui, est bien une adaptation, certes très libre, du premier récit de Fleming mettant en scène l'agent 007, et le titre de la suite en question, tardivement choisi avant sa sortie en salles, est censé, je crois, faire allusion au « quantum de chaleur humaine » qu'a perdu Bond avec la mort de son amante Vesper Lynd, interprétée par Eva Green dans Casino Royale : le lien avec la nouvelle dont j'ai parlé, et l'histoire conjugale des années 1950 qu'elle contient, est au mieux... très (très) indirect. 

Beruthiel Wrote:
Elendil Wrote:C'est grâce à cela que j'ai lu tout Jules Verne, entre autres. 
J’ai lu seulement les romans les plus célèbres de Jules Verne quand j’étais petite.  Ils faisaient partie des livres que je relisais régulièrement. Mon préféré était Vingt mille lieues sous les mers : le mystère de Nemo, la découverte des mondes sous-marins...

Me concernant, j'ai tout récemment rappelé, dans un autre fuseau, que j'ai beaucoup lu Verne quand j'étais plus jeune (du temps où j'étais encore au cours moyen à l'école primaire puis ensuite au collège), ayant eu déjà l'occasion auparavant de mentionner en particulier Vingt Mille Lieues sous les mers dans ma contribution au fuseau « Portrait chinois ». Ce roman, également mon préféré de l'auteur, écrit par Verne suite à une suggestion épistolaire de George Sand, et que l'on m'avait offert, à ma demande, quand j'avais 10 ans, a beaucoup compté pour développer mes goûts littéraires, y compris en matière de qualité de la langue. De nos jours, il me semble que le jeune public trouve que ce type de roman contiendrait « trop de descriptions », alors qu'à mes yeux, au contraire, les évocations détaillées des mondes sous-marins participaient du charme de la lecture, a fortiori pour le jeune passionné de nature et des animaux que j'étais.
J'ai eu l'occasion de relire ce chef-d'œuvre avec grand plaisir durant le premier confinement en 2020, comme je l'avais mentionné dans le fuseau dédié en évoquant l'ambiance très particulière de cette relecture. 

Ma première édition de Vingt Mille Lieues sous les mers fut celle en deux volumes de chez Folio Junior, avec des couvertures illustrées par Enki Bilal, et les illustrations originales intérieures d'Alphonse de Neuville et Édouard Riou : je me vois encore lisant ces volumes durant un voyage en train, interminable, m'emmenant depuis l'Aveyron jusqu'au Var, avec ma grand-mère. Mon édition de poche « pour les grands » de ce roman a ensuite été celle en un volume de la Librairie Générale Française, dans une collection vernienne du Livre de Poche, dont les couvertures mêlaient habilement photographies contemporaines et illustrations originales du XIXe siècle. Je me souviens d'avoir emmené mon exemplaire de cette édition jusqu'en Angleterre : s'il me fallait ne prendre qu'un seul livre en voyage, c'était celui-là !

[Image: 1775742509_jules_verne_-_vingt_mille_lie...006329.jpg]

Je me souviens, par contre, avoir été déçu, plus tard, par l'Île mystérieuse – même si j'avais apprécié, par ailleurs, son adaptation en mini-série télévisée italo-hispano-française de 1973 (avec Omar Sharif) –, notamment en lisant deux notes de bas de page (deuxième partie, chapitre XVII et troisième partie, également chapitre XVII) dans lesquelles l'éditeur Hetzel est contraint de tenter, laconiquement et sans doute sans grande conviction, de justifier [emphase]« une certaine discordance dans les dates »[/emphase] vis-à-vis des histoires des romans Les Enfants du capitaine Grant et Vingt Mille Lieues sous les mers que Jules Verne a voulu lier à l'Île mystérieuse, en particulier en plaçant le début du récit de Pierre Aronnax environ seize ans avant (!?) que le capitaine Nemo ne soit « redécouvert » (et identifié), âgé, par les personnages de ladite l'Île mystérieuse. De fait, la vraisemblance chronologique, y compris en matière d'histoire des sciences et des techniques (s'agissant notamment de l'appareil de plongée Rouquayrol-Denayrouze, cité par Verne dans Vingt Mille Lieues sous les mers), se trouve bêtement sacrifiée. J'avais trouvé à ce propos, et je trouve encore, la façon de faire de Verne assez désinvolte, a fortiori vis-à-vis du jeune public de l'époque, même si ça n'empêcha pas un succès de librairie.
Cela, en tout cas et par ailleurs, a été de nature à renforcer mon impression selon laquelle un grand roman comme Vingt Mille Lieues sous les mers n'a pas, fondamentalement, besoin d'une suite. 

Amicalement,

B.
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