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[Votre Nouvelle] A propos de : La Tempête
#45
Hyarion Wrote:Bien sûr. Pour qui serait intéressé, c'est l'occasion de signaler, en passant, un recueil de textes antiques sur ce thème, paru en 2009 dans la collection « Signets » des Belles Lettres, avec ce titre évocateur : Sur la Mer violette.

Etonnant comme ce dernier échange anticipe la remarque que je me suis faite aujourd'hui. Je réévalue peu à peu la dette littéraire que j'ai envers Jules Verne, qui est, après tout, le premier auteur dont j'ai lu les œuvres complètes, bien avant Tolkien. De fait, j'ai voulu faire une petite analyse du vocabulaire employé dans mes novellas, afin de m'assurer que je n'employais pas de termes trop modernes pour le contexte. Il s'avère que je semble assez naturellement éviter le vocabulaire du XXe siècle sans faire d'effort particulier. En revanche, il est manifeste que le vocabulaire technique du XIXe s'invite à l'occasion dans ma prose sans que j'y prenne garde. Je pense deviner d'où viennent ces pièces de mon word-hoard.

Garder cela à distance n'est pas toujours aisé, mais peut être l'occasion de quelques trouvailles ou reformulations intéressantes, comme lorsqu'il s'agit de trouver une alternative à « striduler » ou à « réflexe ». Dans d'autres cas, c'est l'emploi et non le terme qui s'est avéré trop moderne, à l'instar de « hantise », de « s'estomper » ou d'« impair ». Sans parler de quelques scories qui n'avaient clairement aucune place dans le texte, dont la pire était sans doute « agglomération » (en l'occurrence, j'ai opté pour le synonyme « métropole », attesté depuis le bas Moyen Âge, sans être certain qu'il s'agisse d'une amélioration véritable).

Là où cela devient intéressant, c'est lorsqu'on réalise que certains mots sont bien plus récents qu'on ne l'aurait imaginé : je n'aurais pas pensé que « paquetage » ou « rayonnage » n'aient pas même deux siècles d'attestation en français. Et cela laisse évidemment la poignée de termes à laquelle je répugne à renoncer, sans quoi la description y perdrait en qualité, me semble-t-il. Il n'y a déjà pas assez de termes à mon goût pour désigner les différentes formes d'« embruns », alors je ne me vois guère me priver de celui-là. Et parlant de mer, j'avoue que le qualificatif de « violette » m'a quelque peu heurté dans le titre du recueil cité par Hyarion, tandis que « violine » me plaît beaucoup plus, quand bien même l'adjectif ne fait son apparition qu'en 1830. Quant aux alternatives, impossible d'arriver à quelque chose de satisfaisant, car cela désigne toujours des nuances soit trop rougeâtres, soit trop verdâtres...

E.

P.S. : Evidemment, il ne faut pas croire les IA sur parole. Ca ne permet qu'un premier tri (indispensable quand on ne connaît pas par cœur l'histoire de chaque mot de la langue française). Une bonne vérification dans le dictionnaire est une étape indispensable. Et parfois le dictionnaire lui-même semble défaillant. Heureusement que Gallica permet d'aller plus loin. A quand un équivalent française de l'OED ?
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