Ce matin, accalmie sur la Gironde dans le sens où le feu ne s'est pas étendu ces dernières heures. L'occasion de vous dire que cette actualité a fait découvrir en France l'existence de ce que la presse appelle "orages de feu" ; ainsi ce matin dans un article du Monde où Jean-Baptiste Filippi, chercheur du CNRS et spécialiste des incendies, interrogé sur le sujet, commente : [emphase]« Ce qui se passe en ce moment est très très très exceptionnel. Voir un nuage aussi énorme et aussi haut au-dessus d’un incendie est rarissime, commente le chercheur. Lors de [celui] de Pedrogao [qui avait fait une soixantaine de morts au Portugal en 2017], il y avait eu deux épisodes d’orage de feu, là on en est déjà à huit ou dix et les prévisions ne sont pas bonnes du tout ». [/emphase]
Peut-être qu'il va falloir enlever quelques "très" devant "exceptionnel" puisque si ce qui a été observé en Gironde est [emphase]« inédit en intensité et en répétition, le phénomène a, en revanche, déjà été observé plusieurs fois en France, selon l’expert : lors du feu de Fontainebleau (Seine-et-Marne) en juillet, de Ribaute (Aude) en 2025, ou encore de Générac (Gard) en 2019. »[/emphase]
Et le journaliste de résumer les explications de JB Filippi :
[citation=Stéphane Mandard, Le Monde, 27 juillet 2026, "Le pyrocumulonimbus, l’« orage de feu » qui rend l’incendie en Gironde si imprévisible : « C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts »"]Le spécialiste décrit la formation de ces « orages de feu » [...] : la chaleur entraîne vers le haut un air chargé de vapeur d’eau, qui se condense en se refroidissant. Cette condensation libère à son tour de la chaleur et renforce l’ascension du panache. Un pyrocumulus peut alors se former puis, si l’atmosphère est suffisamment instable et le feu assez puissant, évoluer en pyrocumulonimbus.
C’est ce qui s’est passé plusieurs fois depuis le départ de l’incendie en Gironde. Ces pyrocumulonimbus sont comparables à des nuages d’orage à la grande différence qu’ils ne génèrent pas de précipitations. Ils peuvent s’accompagner d’éclairs et entraînent des colonnes aspirantes de vent à l’origine des tourbillons observés ces derniers jours. Surtout, note le chercheur, ils ont « un effet cheminée énorme » : « C’est comme si on soufflait sur les braises avec une intensité folle. »
« Le feu génère son propre vent avec une force et une vitesse trois à quatre fois supérieure, poursuit Jean-Baptiste Filippi [...]. Des colonnes de vent peuvent aspirer vers le haut et rejeter des branches ou même arracher des arbres et les rejeter jusqu’à 100 voire 200 mètres plus loin et provoquer de nouveaux départs de feu. »
[/citation]
Or, le phénomène est bien connu depuis des années aux USA ou au Canada p. ex. où des megafeux ont déjà eu lieu. Et Tolkien qui n'est pas si loin puisque pointe la figure du... dragon quand c'est la NASA qui présente les pyrocumulonimbus :
[colonne][gauche=Michael Finneran, JPL/NASA, 2010 (source)]Pyrocumulonimbus is the fire-breathing dragon of clouds. A cumulonimbus without the "pyre" part is imposing enough -- a massive, anvil-shaped tower of power reaching five miles (8 km) high, hurling thunderbolts, wind and rain.
Add smoke and fire to the mix and you have pyrocumulonimbus, an explosive storm cloud actually created by the smoke and heat from fire, and which can ravage tens of thousands of acres. And in the process, "pyroCb" storms funnel their smoke like a chimney into Earth's stratosphere, with lingering ill effects.[/gauche][droite=trad. DeepL.com légèrement retouchée]Le pyrocumulonimbus est le dragon cracheur de feu parmi les nuages. Un cumulonimbus sans le préfixe « pyro » [feu] est déjà suffisamment imposant : une tour de puissance massive en forme d’enclume pouvant atteindre cinq miles (8 km) de haut, déversant éclairs, vent et pluie.
Ajoutez-y de la fumée et du feu, et vous obtenez le pyrocumulonimbus, un nuage d'orage explosif créé par la fumée et la chaleur d'un incendie, capable de ravager des dizaines de milliers d'acres. Ce faisant, les orages « pyroCb » acheminent leur fumée comme une cheminée vers la stratosphère terrestre, avec des effets néfastes persistants.
[/droite][/colonne]
S.
PS : Ah ben mince ! dans mon navigateur (Firefox) le texte traduit dans la seconde colonne déborde de la fenêtre du message (car les deux colonnes sont trop larges) et il est donc "raboté" sur la droite ... Come, Jérôme, for our need is near us!
Peut-être qu'il va falloir enlever quelques "très" devant "exceptionnel" puisque si ce qui a été observé en Gironde est [emphase]« inédit en intensité et en répétition, le phénomène a, en revanche, déjà été observé plusieurs fois en France, selon l’expert : lors du feu de Fontainebleau (Seine-et-Marne) en juillet, de Ribaute (Aude) en 2025, ou encore de Générac (Gard) en 2019. »[/emphase]
Et le journaliste de résumer les explications de JB Filippi :
[citation=Stéphane Mandard, Le Monde, 27 juillet 2026, "Le pyrocumulonimbus, l’« orage de feu » qui rend l’incendie en Gironde si imprévisible : « C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts »"]Le spécialiste décrit la formation de ces « orages de feu » [...] : la chaleur entraîne vers le haut un air chargé de vapeur d’eau, qui se condense en se refroidissant. Cette condensation libère à son tour de la chaleur et renforce l’ascension du panache. Un pyrocumulus peut alors se former puis, si l’atmosphère est suffisamment instable et le feu assez puissant, évoluer en pyrocumulonimbus.
C’est ce qui s’est passé plusieurs fois depuis le départ de l’incendie en Gironde. Ces pyrocumulonimbus sont comparables à des nuages d’orage à la grande différence qu’ils ne génèrent pas de précipitations. Ils peuvent s’accompagner d’éclairs et entraînent des colonnes aspirantes de vent à l’origine des tourbillons observés ces derniers jours. Surtout, note le chercheur, ils ont « un effet cheminée énorme » : « C’est comme si on soufflait sur les braises avec une intensité folle. »
« Le feu génère son propre vent avec une force et une vitesse trois à quatre fois supérieure, poursuit Jean-Baptiste Filippi [...]. Des colonnes de vent peuvent aspirer vers le haut et rejeter des branches ou même arracher des arbres et les rejeter jusqu’à 100 voire 200 mètres plus loin et provoquer de nouveaux départs de feu. »
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Or, le phénomène est bien connu depuis des années aux USA ou au Canada p. ex. où des megafeux ont déjà eu lieu. Et Tolkien qui n'est pas si loin puisque pointe la figure du... dragon quand c'est la NASA qui présente les pyrocumulonimbus :
[colonne][gauche=Michael Finneran, JPL/NASA, 2010 (source)]Pyrocumulonimbus is the fire-breathing dragon of clouds. A cumulonimbus without the "pyre" part is imposing enough -- a massive, anvil-shaped tower of power reaching five miles (8 km) high, hurling thunderbolts, wind and rain.
Add smoke and fire to the mix and you have pyrocumulonimbus, an explosive storm cloud actually created by the smoke and heat from fire, and which can ravage tens of thousands of acres. And in the process, "pyroCb" storms funnel their smoke like a chimney into Earth's stratosphere, with lingering ill effects.[/gauche][droite=trad. DeepL.com légèrement retouchée]Le pyrocumulonimbus est le dragon cracheur de feu parmi les nuages. Un cumulonimbus sans le préfixe « pyro » [feu] est déjà suffisamment imposant : une tour de puissance massive en forme d’enclume pouvant atteindre cinq miles (8 km) de haut, déversant éclairs, vent et pluie.
Ajoutez-y de la fumée et du feu, et vous obtenez le pyrocumulonimbus, un nuage d'orage explosif créé par la fumée et la chaleur d'un incendie, capable de ravager des dizaines de milliers d'acres. Ce faisant, les orages « pyroCb » acheminent leur fumée comme une cheminée vers la stratosphère terrestre, avec des effets néfastes persistants.
[/droite][/colonne]
S.
PS : Ah ben mince ! dans mon navigateur (Firefox) le texte traduit dans la seconde colonne déborde de la fenêtre du message (car les deux colonnes sont trop larges) et il est donc "raboté" sur la droite ... Come, Jérôme, for our need is near us!

