05-12-2002, 15:14
Lambertine,<p>chouette ! Un fuseau dédié :-)))))<p>Je n'ai pas lu Peter Pan (que je ne connais que par Disney, Loisel (BD), et des reportages vu à la télé sur son auteur (qui a fini fou je crois bien), tout ce que je dis va donc se montrer de moindre intérêt, mais néanmoins:<p>Je faisais de lien entre la notoriété de Peter Pan (l'histoire) et celle que devrait avoir Smith de Grand Wootton. Ils traitent tous deux de la visite du pays imaginaire (il faudrait donc que je parle plutôt des "aventures de Wendy et Peter", pays imaginaire qui est tout ausi réel dans les deux cas (au sein de l'histoire). Pays qu'on visite avec joie et un profond plaisir, mais pays de danger pourtant. Et dans les deux cas, les héros renoncent à la fin au pays féérique pour retourner dans le monde réel: Wendy comprend qu'elle doit grandir, et Smith qu'il doit laisser partir un autre, et s'occuper ainsi de sa maison et de son grand fils.<br>Dans le film de Disney (qui est vraiment une merveille, surtout si on l'observe attentivement), on voit clairement que Peter n'est qu'un vaurien mal élevé, et que son désir de ne pas grandir est carrément lié la peur, voire la haine des adultes. Ainsi, on voit un Peter volage qui se laisse séduire par clochette, Wendy, les sirènes, Lilly la Tigresse, sans prêter la moindre attention à l'autre qu'il oublie aussitôt. Ce thème est très marqué, et Wendy en souffre; sans parler de son comportement gamin qui le met constamment en danger. Le plus flagrant étant sa voix (en VO) quand il houspille clochette qui veut lui retirer la bombe des mains: il est pareil à un enfant capricieux à qui on enlève son jouet (et d'ailleurs il n'a pas la patience d'attendre les 6h tapantes). Pour un adulte, il est très clair que Peter n'est pas un héros, sinon à la fin quand il défie Crochet en tenant sa promesse de ne pas s'envoler.<p>Dans la BD de Loisel, qui raconte donc le véritable Peter Pan, le pays imaginaire n'est pas d'abord le pays où il cesse de grandir, mais celui où il fuit le monde réel. Sa mère est son cauchemar, et les autres adultes aussi (qui cherchent à le violer) et il préfère se prétendre orphelin, et s'imaginer une autre mère (en passant je bosse ici avec des enfants des rues, et pour certains c'est strictement le même principes, les éducatrices remplacent leur véritable mère, pourtant toujours vivante, mais qu'ils détestent plus que tout). Le monde imaginaire n'est pourtant pas un pays de rêve (c'est même vraiment le contraire - cf. la violence des pirates, le meurtre de Pan, la plaine brumeuse des indiens dans laquelle son cauchemar devient réalité incarnée), mais au moins Peter n'y est pas démuni pour se défendre. Là il fait preuve de courage, de noblesse, d'ingénuosité, de haine aussi (quand il coupe la main du capitaine)... j'ai envie de dire que c'est là bas qu'il apprend à grandir (d'où le fait qu'en effet chez Disney Peter n'est pas un enfant, mais un adolescent (au comportement encore infantile)).<p>Tolkien s'érigeait contre ce qu'on apelle aujourd'hui le complexe de Peter Pan, qui consiste à ne pas vouloir grandir. Et comme toi lambertine je crois que c'est un comportement d'adulte et non d'enfant, qui ont au contraire soif de quitter le monde de l'enfance (car ils idéalisent le monde adulte - sauf traumatisme).<br>Dans son essai sur les contes de fée, il dit bien qu'il faut aimer les contes en adulte, et non en Peter Pan.<p>Mais il demeure pour moi un lien entre Smith et Wendy, entre ce conte et le conte de Peter Pan, qui fait que l'un et l'autre devraient appartenir au même patrimoine de conscience collective.<p><small>(parallèle qu'on pourrait établir avec Peau d'âne, si tu préfères)</small>

