05-11-2003, 21:41
Scientifiquement, oui, les forêts meurent, les lacs se transforment en tourbières, les océans et les continents changent de forme et de place, les mers s'assèchent, et le climat n'a pas attendu d'intervention humaine pour se modifier plusieurs fois au cours de l'évolution terrestre. Oui, le Sahara a été jadis une savane verdoyante et peuplée, et les forêts et les prairies de l'Europe tempérée furent autrefois des steppes et des toundras glacées, et plus anciennement encore des jungles équatoriales.<p>Oui, au cours des ères géologiques qui ont précédé la nôtre, des milliards d'espèces animales et végétales ont disparu sans recours, et sans l'aide d'aucune intervention humaine.<p>MAIS : oui, aujourd'hui l'action de l'homme et particulièrement l'exploitation à outrance des ressources naturelles - bois, pétrole, minerai - les méthodes d'irrigation intensive, la construction de barrages et la canalisation des cours d'eaux, l'agriculture industrielle, la réduction de plus en plus drastique des espaces et milieux naturels etc ... ont déjà détruit en grande partie l'équilibre écologique de la planète, fait disparaître de nombreuses espèces vivantes et en menacent d'autres.<p>Et effectivement, ce sont ces pratiques qui nous assurent à nous, occidentaux privilégiés, confort et sécurité de vie. Et non : contrairement à plusieurs courageux et pionniers intevenants de ce forum, la majorité des citoyens européens et étasuniens n'est absolument pas prête ni décidée à renoncer à ce confort qu'ils imaginent encore définitivement acquis. Et oui : comment oserions-nous reprocher aux populations moins favorisées d'autres continents d'envier et de désirer un mode de vie que nous leur avons nous-mêmes vanté à grand renfort de publicité et de propagande!<p>C'est la première fois, dans l'histoire géologique et biologique de la Terre, qu'une des espèces qui la peuplent met en danger toutes les autres, au risque de sa propre survie. C'est celà que certains scientifiques oublient de dire (certains, il y en a d'honnêtes!). La Terre survivra, c'est sûr, la vie aussi, sous certaines formes, et d'autres formes apparaîtront peut-être. Mais nous? Mais nos enfants? Je parle de cette génération-ci, pas nos descendants de l'an 2500, dont bien peu se soucient!<p>Maintenant il faut savoir une chose : pour les scientifiques, la recherche est leur gagne-pain. Or, qui les finance? Les Universités aux prises avec d'inextricables problèmes de trésorerie? Ben non! les grands groupes financiers et industriels, qui leur commandent des études sur les changements climatiques, la génétique ou les retombées écologiques de telle ou telle activité (thèmes fort à la mode, ces temps-ci, "porteurs" comme on dit). L'intérêt des scientifiques est de travailler pour un client qui paie, ce qui les fait vivre. Quant à l'intérêt de ces généreux sponsors, est-il dans une conclusion de recherche honnête, impartiale et bien argumentée, quelle qu'elle soit? Ou dans un rapport de recherche estampillé "scientifique", donc crédible, qui rassure le grand public (leur clientèle) et leur permet de continuer à vendre leur camelote tout en spéculant ferme sur les futures modifications climatiques et écologiques inévitables qui résulteront de la poursuite de leurs activités. Ce dont ils sont bien conscients, n'ayez pas peur! mais la question qu'ils se posent n'est pas "comment remédier à ça?", mais d'abord : "comment en tirer profit?"

