C'est excellent, Stéphane ! :)
Je crois bien que c'est la première fois où l'ensemble des thèmes abordés ici, pourtant connexes, sont assemblés.
La pitié contre un pouvoir irrésistible
Le sentiment de pitié est très bien senti et mis en lumière. Il est en particulier lumineux de si bien l'opposer au pouvoir de la force et de la terreur (comme Stéphane le relève dans les mots de Frodon : Mais j'ai peur et je ne ressens aucune pitié pour ...) : lorsqu'on le cède à la peur il n'y a plus de place pour l'autre.
Cette pitié, cette compassion, va au-delà même du don couramment recouvert par ces mots, comme il apparaît qu'elle est aussi sacrifice. Ainsi de très bien montrer le renoncement auquel se soumet Frodon, par rapport à d'autres. Lorsque le don devient plus que le don, et qu'il devient don de soi-même, il n'est pas exagéré de parler de la vertu d'Amour de l'autre, la vertu de Charité. Et il est tout à fait juste, je crois, de dire que " La pitié semblait être la vertu première d'Olórin " et de faire de Gandalf un des meilleurs témoins de la vertu de Charité.
Olórin fait partie de ces membres du peuple des Valar qui, par Amour, sont allés jusqu'à s'incarner et ainsi partager la fatigue et les peines des Enfants, participant ainsi à cette dynamique formidable et créatrice des Ainur décrite par la Narration dans l'Ainulindalë !
Cette première partie est très riche ouvre encore bien d'autres chemins. Par exemple encore, j'aime beaucoup Frodon en ce passage que redonne Stéphane : - Ah, non! dit Sam, se frottant l'épaule. En tout cas, il en avait l'intention, et il l'a toujours, je gage. Nous étrangler pendant notre sommeil, voilà ce qu'il projette!. - Peut-être bien, dit Frodon. Mais son intention est une autre affaire. Il se tut un moment, réfléchissant... . Parce que, contrairement à l'adage hélas couramment admis, ce n'est pas l'intention qui compte (si l'on entend par là cette pensée bien morgothienne "la fin justifie les moyens"). Elle ne suffit pas pour juger l'autre, cet autre dont les intentions, pour cette occasion, sont en permanence soumises au Marrissement d'Arda (ou à l'Anneau qui agit comme tel) et inévitablement détournées des chemins justes et heureux par ... un pouvoir irrésistible. Avec cette expression du Marrissement, le lien est fait avec parties suivantes de cette étude ...
Erreur ou inattention, dans le dernier § : c'est d'ennoblissement dont il s'agit et non d'anoblissement ; la nuance est très importante :)
La chute des Enfants d'Ilúvatar
Une très bonne partie aussi, à laquelle je n'aurai rien à ajouter aujourd'hui (bien que Dame Cathy n'y manquera pas - un jour ;) ...). Sauf le tout petit regret de lire cette formulation externiste un peu désenchanteresse : " La première solution a été abandonnée [...] " beerk :)
La dernière citation donnée (le bûcher de Denethor) clôt parfaitement cete partie.
Quelques petites remarques de rien :
- Parler de deux "entités" pour les fëar et hröar, comme certains passages du Conte le permettent, est interressant comme cela permet de faire sentir des natures différentes (et donc des lois et des contraintes les gouvernant différentes) mais ce peut être un petit peu gênant dans le sens où, en fait, leur union est le siège d'une autre *entité* : nous :). Donc, rester prudent dans la dichotomie exercée : ne pas laisser entendre qu'il y a deux *êtres* en un ...
- C'est ce que désignent les Eldar quand ils parlent de leur esprit les consumant; et ils disent qu'à la fin d'Arda, tous les Eldalie sur terre seront devenus comme des esprits invisibles aux yeux des mortels : Je dirais pour ma part (toute) l'Eldalië car il s'agit du (seul) " Peuple des Eldar ".
- Ce débat fit l'objet d'un texte nommé The Statue of Finwë and Míriel que nous ne détaillerons pas ici (voir à ce sujet sur Hisweloke l'article Míriel, ou la confrontation de la lune et du soleil [...]). Sauf ereur de ma part, l'(excellentissime) article de Didier ne s'intéresse pas précisément au Statute.
- 1er § de la chute des Númenóréens : 2 typos : ... ainsi que Tol Eressëa ... et Elrond avait choisi la destinée ... ; citation de l'Ainulindalë, version C, 1 typo : ... le don qu'Ilúvatar leur a fait ... ; et la citation d'après : ... ou ce que plus tard on devait nommer ... :)
L'Ombre de Morgoth sur la Mort
Je partage la lecture qui est faite du Conte d'Adanel. Bien que ne comprenant pas cette phrase, C'était peut-être pour cela que Tolkien ne l'avait pas inclus dans ses légendes., j'aime bien l'idée selon laquelle le don fait aux Edain pourrait n'être que le redressement de [la] chute - voir à ce sujet l'interprétation délicate qui peut être faite de certains passages du Conte d'Adanel et l'immortalité des Hommes.
Un oubli : celui de faire référence au travail conséquent et incontournable de Michaël Devaux sur le sujet : l'Ombre de la Mort (& aussi la Feuille n°1 de la Compagnie).
L'Estel
Alors que le mot « Espoir » semble convenir pour traduire l'Amdir, car il est basé sur l'expérience, il faudrait plutôt parler d' « Espérance » pour être plus proche de l'Estel. Ron ... ron ... :) Ce ma va :) :) :) L'estel en effet est "confiance" et son étymologie elfique ainsi que l'ensemble des éléments lui donnant sens dans le Conte précisent cette confiance : il s'agit d'une "attente confiante", ce qui est en français bien rendu par "espérance" (cf. heu ... ah tiens ? nous n'avons pas encore publié :) :) :) ...).
Cet Estel, dont Aragorn est signe au coeur de ce Monde comme il est bien montré (mais il y a encore bien d'autres illustrations ... heureusement, un peu plus et Stéphane nous piquait tout ;)), s'inscrit dans un combat spirituel dépassant tout : celui entre le désespoir et l'espérance, entre la peur et la confiance. Et de très bien relier cela à la parole de Manwë des Lois et Coutumes parmi les Eldar ! (tout en me faisant prendre conscience, maintenant, de la nécessité d'aboutir bientôt avec Sosryko, ou bien tout va nous être enlevé :) argl :))
Une petite typo : 2ème extrait : la lignée d'Elros :)
L'Anneau de Morgoth
Lors du jugement du cas de Míriel, certains Valar se demandaient si sa lassitude n'avait pas pour origine le marrissement d'Arda par Melkor ("marrissement" est la traduction de "marring", voir à ce sujet sur Hisweloke l'article Le marrissement d'Arda [...]). Re - ron ... ron ... :) Bon ben puisque tu le dis :) :) :). Une petite remarque toutefois : tâcher de ne pas oublier la majuscule, surtout hors contexte : il s'agit très précisément du Marrissement d'Arda.
Cette partie est sans doute celle qui appelle d'autres et longs développements (ce qui ne pouvait se faire dans le cadre de cette étude embrassant déjà bien des éléments). c'est donc une belle ouverture pour conclure ... et appeler ces autres travaux :)
Petit détail : Les Elfes ont foi qu' Arda sera guérie de sa souillure et plus belle encore qu'Arda Immarrie. La formulation me paraît exagérée, de même que d'en faire une généralité pour tous les Elfes, ce me semble :)
Eh bien, maintenant, entre la Chute, l'Estel, l'Anneau de Morgoth ... j'en connais plusieurs qui devraient se remettrent en chemin s'ils veulent dire encore du neuf prochainement ;)
Yyr