On assiste pourtant au début du SdA à l'évolution normale d'un héros. Le personnage mineur qu'il était va échapper aux Nazguls et accompagner ses compagnons sans perte jusqu'à Bree. Il va abattre, seul, un être des Galgals et donner aux autres hobbits des armes pour se défendre.
Cependant dès son arrivée à Bree, il va voir son rôle décroître, par l'ascendance d'Aragorn puis sa blessure au Mont Venteux qui va le laisser pour mort. Le même schéma se reproduit dans le livre II où c'est Gandalf qui prend la tête de la Communauté, et Frodon va à nouveau être meurtri par la chute de son «mentor» dans la Moria.
On assiste ensuite à un retour au premier plan de Frodon. Il prend ses responsabilités lorsqu'il décide de partir seul vers le Mordor et agira en guide au tout début de son nouveau périple avec Sam. On le voit pourtant à nouveau supplanté, en tant que guide par Gollum et Sam et, si ce n'était pas suffisant, par la blessure d'Arachne qui le laisse à nouveau pour mort.
Ce schéma se reproduit encore dans la Montagne du Destin lorsqu'il revendique la possession de l'Anneau, arrêté aussitôt par Gollum. De même, il mène le nettoyage de la Comté puis est élu aux plus hauts fonctions, pour rapidement y renoncer faute à ses anciennes blessures.
Je me demande pourquoi Tolkien a tant fait souffrir son personnage. Chaque montée en puissance de Frodon est vite arrêtée, par l'ascendance d'un autre (Aragorn, Gandalf ou Sam), des blessures ou des accidents.
Faut-il y voir là le fait que le destin d'une planète est un poids trop grand pour un si petit être.
Frodon se distingue ainsi de tous les autres personnage du roman par le fait qu'il se retrouve au final plus faible qu'au départ. Il est plus une victime qu'un héros.

