Tolkien en 20 cartes :

17 – La route vers Oxford

Episode précédent : Highfield road

Les lignes de la Great Western Railway en 1913

Au début du mois de décembre 1910, Ronald se rendit à Oxford, pour passer l’examen permettant l’obtention d’une bourse d’étude universitaire Stapledon, du nom d’un ancien professeur de grec d’Oxford qui avait fondé diverses bourses en faveur des étudiants désargentés. C’était sa deuxième tentative, après l’échec de décembre 1909.

Il prit le train à la station de Snow Hill, située à quelques rues de l’école King Edward.

La compagnie de chemin de fer qui gérait le trajet jusqu’à Oxford, puis au-delà jusqu’à Londres, s’appelait la Great Western Railway (GWR). Elle desservait (et dessert encore) tout l’ouest de l’Angleterre, ainsi que le Pays de Galles et la Cornouailles.

Le train d’Oxford passait par la verdoyante campagne des West Midlands, encore très largement préservée à cette époque. Les voyageurs en provenance de Londres qui profitaient des fins de semaines pour visiter le cœur de l’Angleterre ou gagner les côtes occidentales, surnommaient la compagnie « God’s wonderful railway » (merveilleux chemin de fer de Dieu), en jouant sur les mêmes initiales GWR.

A Oxford, les épreuves de lettres classiques que Ronald devait passer pour l’obtention de la bourse convoitée se déroulaient au même endroit que l’année précédente, dans les locaux de l’imposant collège Corpus Christi. Les bâtiments de cet établissement dataient du XVIème siècle et se trouvaient non loin de la cathédrale d’Oxford. Au milieu de la grande cour se trouvait une colonne ornée de cadrans solaires et couronnée d’une sculpture représentant un pélican, symbole du collège.

La cour du collège Corpus Christi sur une carte postale vers 1910.

Pour parvenir jusqu’à l’établissement depuis la gare, le jeune homme eut à traverser une partie de la ville, passant devant une motte médiévale parfaitement conservée de l’ancien château, puis sous la Tour Carfax, vestige d’une ancienne église. Le décor urbain n’avait pas grand-chose à voir avec les bâtiments modernes du centre de Birmingham, ou avec les pavillons d’Edgbaston.

Une vue du centre ville d’Oxford sur une carte de 1900, avec la gare dans le cercle rouge à gauche, et le collège Corpus Christi à droite.

Pour Ronald, les tours et les grandes bâtisses aux allures médiévales devaient stimuler l’imagination. A cette époque, le jeune homme développait un talent certain pour composer de la poésie, en plus de son intérêt pour les langues anciennes et la mythologie.

Mais l’enjeu de la réussite à l’examen l’avait grandement motivé. Outre la bourse, il y avait aussi le vœu de ne pas décevoir le père Francis, qui misait beaucoup sur la poursuite des études du jeune homme dont il avait depuis longtemps perçu les capacités.

Mieux concentré et préparé, il passa les diverses épreuves de grec et de latin avec plus de succès que l’année précédente.

 

De retour à Birmingham, Ronald eut l’agréable surprise de trouver son nom sur la liste des lauréats d’une bourse partielle, ce qui lui permettait tout de même de prétendre à une inscription à l’université pour poursuivre des études de lettres classiques, sans risquer de se retrouver sans ressources.

La route vers Oxford lui était ouverte.

 

 

La carte principale « Squetch map of the Great Western Railway » a été publiée en 1913. C’est une présentation simplifiée du réseau de chemin de fer de la Great Western Railway et de ses gares principales.

Episode suivant : Barrow’s stores.

Jean-Rodolphe Turlin, le 2 mars 2019.