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Votre Nouvelle »
vilonerwë, ou l'histoire d'un nouveau monde
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Chapitre 1:
La fuite
(par
ladybird, ajouté le 17/06/03 15:10)
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Cela faisait maintenant deux lunes qu’il courrait, et il commençait à ressentir la fatigue dans ses jambes. Son épaule, où venait s’appuyer un arc, le faisait également souffrir. Il s’arrêta donc un instant et en profita pour reprendre son souffle. La terre se mit à trembler sous ses pieds. Au loin il perçu less bruits sourds d’une rage et d’une colère qui se déversaient dans la plaine. Il ferma les yeux. Oui il avait fui. Lui Vilonerwë, un elfe des bois. Il avait fui cette bataille et toute cette haine qui lui semblait ne jamais devoir cesser. Car cela faisait de nombreuses années maintenant que les guerres faisaient rage entre les hommes et les elfes. Comment cela avait-il commencé ? Il ne s’en souvenait plus. Lassé, il s’essuya machinalement le front d’un revers de main et entreprit de poursuivre son chemin, car il savait que la tombée de la nuit était proche. Vilonerwë était de ces elfes nobles qui s’étaient battus jadis pour de justes causes. De tous temps, il s’était illustré en tant que vaillant soldat et était reconnu par ses pairs pour son courage et ses multiples talents. Vilonerwë c’était l’elfe sur qui l’on pouvait compter, que ce soit pour prendre une décision sage ou pour mener au combat des troupes entières. Et c’était pour cela qu’il avait eu l’honneur, malgré son jeune âge (2032 ans), de siéger au conseil de Mirkwood, privilège jusque là réservé aux plus anciens. Mais aujourd’hui tout est différent… Comme il l’avait prévu, la nuit enveloppa la Terre Du Milieu de son velours très rapidement. Aussi il fut heureux d’avoir trouvé cet endroit pour sommeiller un peu et ainsi recouvrer quelques forces. Il appuya sa tête contra un arbre et en fermant les yeux il se prit à vagabonder en des forêts merveilleuses. Vilonerwë avait soigneusement enveloppé sa blessure dans du Mylasa, cette plante aux grandes vertus cicatrisantes. Maintenant il avait froid et il était épuisé, mais il ne pouvait s’empêcher de penser à son frère et à son peuple restés là bas. Et à son père… Qu’est ce que son père dira ? Il ne comprendra pas, cela est certain. Voyons… Vilonerwë plissa le front et sembla fournir un grand effort afin de se remémorer ses derniers instants dans la bataille. Oui… il se revoie avec son épée Cilombra entre ses mains (et ce faisant il referma instinctivement ses doigts sur la garde de cette dernière, accrochée à sa ceinture) pourfandant et faisant couler le sang. Son frère Viland était à ses cotés… puis…puis le trou noir. Il revoie ces regards horrifiés de ces elfes et ces hommes… En un éclair il avait compris toute l’absurdité de cette guerre. Il se revoie courant, loin de cette furie et de son frère lui jetant un dernier regard d’incompréhension … « Puis me voilà ici… » se dit-il. Il tenta de se lever, mais à bout de forces il retomba et s’endormit profondément. Lorsqu’il se réveilla, toute trace de froid avait disparu et c’était enveloppé d’une douce chaleur qu’il s’assit tant bien que mal. Où était-il ? Il regarda autour de lui. Puis, avec difficulté, il se leva, quitta son lit et marcha à pas lents dans la pièce. Ici tout était de bois. Il n’y avait qu’une petite table massive, où était simplement posé un pot de fleurs rouges. Il y avait aussi cette cheminée au feu dansant, et cette petite commode dans le coin là bas, ornée de napperons. Vilonerwë n’avait jamais vu de pareilles choses. Aussi était-il surpris et quelque peu déboussolé. « Bonjour ! » fit une voix enjouée derrière lui. Il voulut se retourner, mais sa vue se troubla et soudain tout se mit à tourner autour de lui. Il vacilla. Vaillamment la petite personne le prit par le bras et le fit s’asseoir. « Allons, calmez vous et ne bougez plus. Vous êtes blessé et semblez avoir foulé maintes terres. C’est normal que vous ne vous sentiez pas très bien…Ne bougez pas d’ici lui redit-elle en quittant la pièce. Car il lui semblait avoir affaire à une demoiselle, mais sa vue était toujours aussi trouble, aussi il ne put en être certain. C’est accompagnée d’un autre petit être qu’elle revint quelques minutes plus tard. « Tenez » lui dit-elle en lui tendant un bol. Vilonerwë la voyait bien à présent. Et tout en prenant ce qu’elle lui tendait, il se prit à l’observer plus amplement. Elle était vraiment de petite taille, de la longueur de ses jambes à lui estima t-il. Elle portait une robe légère à plusieurs jupons. Ses yeux pétillaient et elle avait ce beau sourire franc et enjoué. Et ce disant elle ne le quittait pas des yeux. Vilonerwë feignit de ne pas s’en apercevoir, et reprit ses observations. L’homme quand à lui n’était guerre plus grand mais il semblait plus âgé. Son pantalon tenait par deux bretelles et une pipe lui sortait de la bouche. Il le regarda. L’homme lui sourit puis partit d’un rire franc et sans retenue. Alors mon gars, si tu nous disais ce qui t’amène dans le coin ? lui lança t-il. « Mais je suis malpoli se reprit-il. Il faut me pardonner, c’est que nous ne voyons que peu de gens par ici. Je suis Bill Lafange, et voici ma fille Chrysta ». Celle ci lui sourit tout en réactivant le feu. Vilonerwë esquissa un sourire, puis, comprenant ce que l’on attendait de lui : « je suis Vilonerwë de Mirkwood » dit-il simplement. « Hé bien Vilonerwë de Mirkwood, tu ne manges pas ? lui demanda Bill qui regardait le bol encore plein entre less mains de son invité. « Si, si… Mais qu’est ce donc ? demanda l’elfe, un brin gêné. « De la bonne soupe pour retrouver tes forces. Allez, mange donc et tu nous raconteras ton histoire ce faisant ». Vilonerwë porta une cueillere à sa bouche et trouva le met si délicieux qu’il s’empressa de finir son bol. L’homme sourit, et, prenant une chaise s’assit face à lui. Chrysta resta légèrement en retrait mais elle fit bien attention à ne pas perdre une goutte de ce qui allait être raconté. Un elfe ici se dit-elle. Jamais je n’en ai vu d’aussi près. Elle regarda les longs cheveux blonds de l’étranger qui tombaient gracieusement sur ses épaules, s’attarda sur ses yeux perçants d’un bleu azur et sur ses traits, si fins… Qu’il était beau …Malgré elle, elle se mit à rougir, et, terriblement gênée, empoigna vivement un balai et astiqua énergiquement le sol. Mais elle l’observait toujours. Son bel habit vert est déchiré remarqua-t-elle, tout comme elle remarque la petite feuille vert turquoise qui retenait sa cape elfique, insigne que c’était un elfe de haut rang. « Chrysta, ressers donc de la soupe à notre ami et viens t’asseoir. Il va commencer son récit… » la rappela son père. Et c’est ainsi que pendant plus de deux heures l’elfe raconta son histoire à des hôtes extrêmement attentifs. Quand il eu enfin fini, un silence s’installa dans la pièce. Bill bourra à nouveau sa pipe tout en fronçant les sourcils. « Vois-tu mon ami, dit-il d’un ton sérieux, comme je te le disais, nous ne côtoyons que peu de personnes, et encore moins des gens de ta qualité. » Vilonerwë entrouvrit la bouche pour protester mais Bill poursuivit : « laisse moi finir, jeune elfe. Oui tu fais partie des gens nobles, et que de choses as-tu vu et vécu. Nous vois-tu ne sommes que de petites personnes, bien oubliées du reste du monde. Et pourtant jadis nous eûmes notre heure de gloire… Enfin, tout cela est loin maintenant. Je ne sais où te guideront tes pas, ni quelle sera ta destinée. Mais quoi que tu décides, cette maisonnée est tienne, et ce aussi longtemps que tu le désireras » et ce disant, il tira une nouvelle bouffée de sa pipe. « Je vous remercie…vraiment, murmura Vilonerwë. Cependant, et si vous le permettez, continua t-il plus assurément, une question me brûle les lèvres : qui êtes vous ? Car je n’ai jamais rencontré d’êtres semblables auparavant. Quel est votre peuple ? Et où est-il à présent ? ». Le petit homme sourit tristement, puis se ressaisissant: « Que de questions ! Allons il se fait tard, la matinée est grandement avancée. Aussi ne répondrai-je qu’à une seule question pour aujourd’hui : nous sommes des Hobbits, et nous faisons partie des derniers représentants de cette race ». Et sur ces mots, il toussa bruyamment, et il sembla à Vilonerwë que ses yeux s’étaient humidifiés. « Allons ! répéta t-il, trève de bavardages, le travail m’attend. Chrysta, si tu faisais visiter la vallée à notre ami ? ». Chrysta balbutia sous cette demande imprévue mais finit par hocher la tête. « Je te montrerai quelques endroits bien utiles » dit-elle dans un sourire en se tournant vers l’elfe. Ce dernier la remercia du regard, et c’est sur ces faits que tous trois sortirent de la maison. Plusieurs semaines s’étaient écoulées maintenant et Vilonerwë commençait à ressentir le besoin de prendre la route. Aussi s’enquit-il auprès de Chrysta afin qu’elle lui fournisse quelques cartes des alentours. Il était né entre eux une amitié sincère, et l’elfe avait de la tendresse pour ces petits êtres si généreux. « Voici tout ce que j’ai » annonça la petite hobbite en posant sur la table deux grandes cartes. « Elles ne représentent qu’une partie des environs, aussi après trois jours de marche elles ne te seront plus utiles … »Elle baissa less yeux, puis se risquant enfin à poser la question qui lui brûlait les lèvres : « Car tu vas partir n’est ce pas ? ». Elle lui jeta un regard si implorant qu’il en fut sincèrement ému. « Tu savais dès le départ que je ne resterai pas, Chrysta… » souffla t-il d’une voix apaisante. Refoulant les larmes qui lui venaient, elle lui murmura un « oui je savais » et sortit prestement. Il s’était à peine écoulé quelques heures que Vilonerwë fut prêt à partir. Il n’emportait guerre avec lui que quelques rations (principalement des lembas qu’il avait soigneusement conservé), ses armes et une carte. Les adieux furent difficiles, et c’est à contre cœur qu’il quitta ses hôtes et amis. Chrysta le regarda s’éloigner mais dans sa tristesse elle eut tout de même un peu de réconfort : il lui avait promis que leurs chemins se croiseraient à nouveau…
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