Une ombre noire se tient derrière moi Elle a mes yeux, et porte couronne En silence, elle s'attache à mes pas Froid le cœur, froide la main, vide la nuit
Je lui ai parlé à Samhain Près de la chaise de la Vieille Ombre, que désires-tu, que tu l'exiges si fort de moi ? Froid le cœur, froide la main, le vent hurle
Que désires-tu, qui mange le soleil Rend fades les fruits, et qui change en cendres, l'arbre, le bourgeon et la sève ? Que désires-tu, qui me laisse sans sommeil ? Dur le cœur, obscurs les yeux, une lame au clair
L'ombre se tait, et elle se rit de moi, sûre de sa force. Mais hier, elle a parlé, comme deux êtres d'Outremonde, vêtus de vert, se tenaient à ses côtés Je veux ton amour, a dit l'ombre Frémit le cœur, tremble la main, le temps fait halte
Comment dois-je aimer ce que je détruis, et qui détruit les choses que j'aime ? L'ombre me perça de ses yeux pareils aux miens Me refuses-tu ce que tu donnes à tant d'autres ? Gémit le cœur, pleurent les yeux, courbant la tête
N'aies crainte, dirent les fées Je ne sais, dis-je. |