Chapitre 1:
Histoire d'un elfe
(par
tilc, ajouté le 17/05/01 15:40)
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Issus du Peuple Vert, l’existence de mon père commence d’abords sur les bords du lac Cuivenen lorsque les Premiers Nés s’éveillèrent à la Terre qu’Eru leur proposait, à l’aube du Premier Age. Ce récit écrit par mon père et contant l’histoire de mon Ascendance vient des décombres de mon camp lorsque tomba la nuit sur le seul bonheur que les Evènements d’Arda me permirent de connaitre. C’est Rémaltar, le père de mon père qui jeta le voile qui allait dessiner sur ma lignée les premières lettres de son destin et conditionner ainsi la vie de ses rejetons dont je me proclame avec fierté. Les Elfes, fruits de la volonté d’Illuvatar, étaient encore peux nombreux et s’adaptaient avec talent au monde que les Valars avaient formés pour eux .Et ce, malgré la perversion qui avait touché l’un des leurs, Melkor, futur Maitre de Sauron. Parmi eux comptait un Etre du nom de Rémaltar qui dès sa venue sur la première terre des Elfes s’émerveilla de l’environnement béni sur lequel il se trouvait. Le bruissement des larges feuilles au passage du vent, la limpidité de l’eau qui se déversait depuis les hautes collines environnantes. Collines sur lesquelles se réfugiaient des fleures bleues dont le parfum s’épanchait jusqu’aux rives du Lac. Tout cela, Rémaltar le voyait et le ressentait plus qu’aucun autre des siens. C’est ainsi que dès le matin, pour sentir la rosée sous ses pieds nus, d’un blanc pur caractéristique des Premiers Elfes de ce temps là, il partait marcher dans toute la région jusqu’à l’épuisement pour en connaitre d’avantages sur les beautés qui l’entourait. Il s’arrêtait pour se reposer au sommet d’une colline et contemplait les larges étendues jusqu’à ce que la faim le ramène à la raison. C’est ainsi qu’il fut nommé par ses pairs « Le Contemplateur » ou par des Esprits forts moins compréhensifs envers ses manquements à la communauté « l’Amoureux du Rien ».
Mon Grand-père eut pour fils mon Père, Orothrin, né de l’union peu attendu d’une parente d’une tribu influente et respectée et le dit Contemplateur. Bien qu’Elwe, représentant du clan, regardait avec distance le mode de vie marginal de mon Grand-père, ce fut secrètement qu’une curiosité à son égard lui fut transmise par l’une des siennes, Erelian la femme de Rémaltar. Une curiosité qui attisera plus tard les flammes de son amour pour les Terres du Milieu, que Melian fit naitre en lui lors de son retour du Royaume Bienheureux. Mais ceci est une autre histoire que celle du Grand Roi Thingol. Revenons-en à l’elfe de moindre stature qu’était mon Père. Orothrin avait recu de Rémaltar, son paternel un enseignement rigoureux et exhaustif sur chaque espèce végétale et animale que son père avait prit le temps d’étudier durant de nombreuses années avant sa naissance.
Mêlant la pratique de son savoir et les bribes d’informations récoltés durant la méditation à laquelle son esprit encore jeune et fougueux ne participait qu’avec parcimonie, mon Père devint très à l’aise avec l’Art de se camoufler jusque se fondre dans n’importe quel type d’environnement que ce soit. Il développa des techniques, après quelques instants de méditations, qui lui permettait de se créer un chemin dans le chaos de la nature et d’en franchir les obstacles qui le recouvrait avec une grâce rare et ce, en courant à vive allure. N’ayant nul besoin de faire des pauses, c’est la limite de sa formidable endurance qui le forçait à s’arrêter dans sa course animale. C’est ainsi qu’il parcourut de nombreuses lieues et rendait compte régulièrement des merveilles qu’il pouvait découvrir lors de ses virées. Au contraire de son Père, Rémaltar, il éleva l’estime des siens à un rang supérieur aux sarcasmes habituels qui concernait ma lignée. Le langage de notre espèce se diversifiait, de nouveaux clans prospéraient à l’aide d’une insatiable curiosité pour les choses de ce monde, et le jour de ma naissance arriva. Orothrin, mon père aimait autant les champs dorés du crépuscule que le halo de lumière qui couvrait ma Mère lorsqu’il posait son regard sur la beauté sauvage qui émanait de son visage. Arrosées de leur amour timide mais passionné, deux pousses s’élevèrent, moi et ma sœur Eludien. Je vins au Monde une nuit peu ordinaire, cette nuit là, le dôme céleste d’Arda était caché au regard perçant des miens. Des nuages noirs soufflés par un vent mauvais entravaient la douce lumière de la Lune, Rána en Quenya. C’était rare en nos contrées, ce qui suscita doutes, interrogations, puis peur dans les cœurs de ceux de mon clan. Cela contrasta avec ma soudaine arrivée si bien que ma mère m’appela Ranamarth. Rána signifiant Lune et Amarth signifiant Destin. Ránamarth ou Le destin de la Reine parmi les Astres. Car ma Mère avait eu un pressentiment ce soir là, qui allait se confirmer bien plus tard. L’Equilibre du Monde tel que nous nous y étions adaptés était menacé. Je ne vous ferai pas les louanges justes et naturelles qui reviennent à Eludien. Car c’est une vive douleur qui me brule et me consume depuis le triste évènement qui bouleversa l’Etre que j’étais par une Ame vengeresse et avide de sang noir. Vous mesurerez l’implication avec laquelle je souhaite soutenir votre folle mais brave initiative, car l’évènement qui suit, je n’en raconta rien, à quiconque. Mon père avait choisi de rester dans les terres du milieu et ses étendues sauvages qu’il chérissait tant, à la promesse de la lumière des Arbres de Valinor (Pays des Valars, créateurs du monde). C’est ainsi que nous fîmes parti de ceux qu’on appelèrent les Avari, les Elfes du Refus. Mon père avait noué une plus grande affinité envers la Nature qu’avec ceux qui s’épanouissaient en communauté si bien que nous vivions en total ostracisme. De camps en camps, de régions en régions, nous traversâmes le Beleriand du Nord au Sud. Les camps de fortune fortifiés de pierres et de fougères que nous construisions jouissaient néanmoins d’un grand confort. Car les savoirs accumulés d’Orothrin et Rémaltar nous permettaient de trouver de l’eau dans des zones ou elles se faisaient rares ou bien chasser du gibier à des lieux de notre camps et des jours à l’avance pour apaiser notre faim. Ils savaient tirer le meilleur du terrain sur lequel nous campions en pliant et déformant son environnement à notre avantage. Je ne vous dévoilerai pas ces techniques maintenant de peur de vous endormir avant que ne tombe l’obscurité.
La joie était l’air que nous respirions le jour et nos esprits étaient tel un courant qui s’écoulait sans remous des sommets des hautes vallées aux profondeurs des forets. En ce temps là, nous marchâmes de terres en terres avec une furtivité telle que nos échanges avec les Laiquendi se faisaient rarissimes.
Cependant, dans les entrailles chaotiques d’Utumno, Melkor Le Pervertit créateur des orques, dont le plus fidèle serviteur était Sauron, travaillait sans relâche pour tourmenter la surface d’Arda. Des algues empoisonnés tapissaient les mers, l’ombre des grands arbres couvrait la terre et de sombres créatures hantaient les vallées et les collines envahit par la nuit. Des récits racontèrent les batailles qu’avaient du affronter les Elfes du Grand Voyage (pour le pays des Valars) contre des monstres innombrables de toutes formes et de toutes espèces, toutes régit par l’instinct de mort et de destruction. L’écho de ces récits se propageaient dans tout le Beleriand et inspirèrent à mes compatriotes une telle peur qu’ils ne prirent jamais part à une guerre ouverte et se protégèrent par la prudence et le secret. C’est pourquoi les Laiquendi, notre peuple, furent appelés les Elfes verts (Lai : vert, Quendi : Elfe), à cause de leur vêtements couleur de feuillage pour mieux se fondre dans les bois et les forets. Un jour ou nous n’avions trouvés nulles bêtes ni terres fertiles pour nous nourrir, nous reculâmes notre camps loin au sud dans des périphéries que peu d’entre nous n’avaient encore osé franchir. Des vents maritimes venus de la Grande Mer éveillaient en nous une sensation particulière, nouvelle même, qui rafraîchissait nos esprits meurtris par la faim et les plaines désertiques que nous avions traversés. Le camp resta dressé plus longtemps que coutume. Trop longtemps. Comme mon Grand-père me l’avait transmit, quand les premiers rayons du soleil perçaient timidement l’horizon, je partais à vive allure trouver un endroit intime et propice à la méditation. Je profitais du long chemin parcouru pour porter une grande attention sur tous les êtres vivants qui s’épanouissaient autour de moi .
Ce jour là, je remarqua qu’ils se faisaient rares. Les rongeurs étaient terrés dans leurs souterrains, les oiseaux ne chantaient plus la mélodie soufflée depuis le sommet du Taniquetil et tout ce qui marche sur quatre pattes faisaient de brèves apparitions tandis que d’ordinaire, elles profitaient goulument de l’herbe fraiche du matin. Un silence pesant traversait les branches des arbres, les feuilles elles mêmes semblaient se retenir de bruire et je m’en trouva troublé. Mais mon esprit encore naïf et innocent me fit reprendre mon chemin avec d’autant plus d’ardeur. Quand le soleil était à son midi et qu’il tapa trop fort, je revins détendu à mon camp bien qu’une atmosphère toujours pesante régnait autour de moi.
Soudain, une scène ignoble se déroula devant mes yeux, je ne pouvais à peine reconnaitre les cadavres de mes proches étalés là dans une boucherie sans nom. Tétanisé, je cherchais un éventuel survivant mais Rémaltar, Orothrin, ma mère gisaient là, inertes. Malgré l’horreur de la situation je pus distinguer qu’il manquait Eludien. Le camp était saccagé, une tornade était passé par là, et au vue des blessures et des morceaux de chairs déchirés : une tornade avec des crocs redoutables. Je fouillai de fond en comble les décombres pour trouver un indice sur la nature du mal. Dans le sac de mon père je tomba sur un manuscrit qui rassemblait des parchemins qui racontait l’histoire de ma lignée. Je fouillais encore et je vis la main qui portait l’anneau que je lui avais moi-même ouvragé. Ma pauvre Eludien avait dut essayer de se protéger en levant la main entre elle et son agresseur, main qui lui fut arraché aussi sec de son bras. Je compris qu’il n’y avait plus d’espoir, je sentis mes forces me quitter et sombra dans un profond coma. A mon réveil, je rassemblai tout mes effets, ramassa une pierre finement taillé pour faire le feu que je mis dans ma poche, brula tout ce qui restaient du camp. Une fois le camp et les dépouilles réduits en cendres, j’incanta un chant pour que Mandos accepte les miens dans son royaume. Et je me lançai dans la première de toutes mes chasses contre les créatures du Mal. Sans aucune difficulté je traquai la cause du massacre sur des dizaines de lieux, usant de mon expérience et de mon savoir : tant que celle-ci marchait, elle ne pouvait m’échapper. Finalement, il arriva que la source de mon malheur se trouva enfin devant mes yeux. Le monstre avançait lentement vers moi et son approche m’inspira une telle horreur que le monde que je connaissais si bien semblait se décomposer autour de moi. La nuit marchait avec lui et la mort criait par son immense mâchoire.
Certes, de ses deux orbites noires émanait un chaos indescriptible mais de ces mêmes yeux révulsés transparaissait une volonté très claire pour éradiquer tout ce qui ne faisait pas l’objet de son mal-être. En effet, la Bête respirait la souffrance et je songe à l’animal qu’il avait put être avant que la douleur et le Mal ne la domine. Elle lança un cri terrifiant qui vint heurter les collines avoisinantes pour se répercuter à l’infini jusque dans les étoiles : comme un défi lancé à la Lune… La terre sous mes pieds trembla et mes jambes restaient immobiles. Tout mon Etre voulait fuir mais quelque chose me forçait à rester là, face à la Bête. Un stupide sens de l’honneur, sans doute, qui naquit à la vue des ravages qu’elle avait causé à mon clan. Nous nous mesurions attentivement. Elle restait planté la en face de moi déconcerté, comme un jeune chiot, de ne pouvoir jouer à chasser sa proie quelques lieux avant de la dévorer. En effet, d’habitude ce devait être la fuite qui dominait ses victimes. Profitant de ce bref état de surprise, mon esprit se plongea dans une profonde méditation. Il sonda les alentours sereinement tandis que mon être tout entier appelait à l’aide. Cet être pétrifié mais pétrit d’amour pour la nature et les créations de Yavanna se refusait à la fin inéluctable de notre rencontre. C’est ainsi que durant quelques secondes, mon corps et mon esprit ne firent qu’un pour supplier à ce dont il avait cru et adorer depuis si longtemps, un secours inespéré. Soudain, surgit de la tète d’un des arbres un oiseau peu ordinaire. Je ne pouvais l’identifier car il émanait de lui une lumière aveuglante comme si les rayons du soleil se heurtait à ses ailes pour former une seconde source d’énergie. La lumière irradiait le bosquet dans lequel la lutte finale se préparait. Avec une vitesse que je n’aurais crue possible, l’oiseau fonça droit sur la Bête. Et de ses pattes crochues aux griffes aussi bien aiguisées que les crocs de mon assaillant, il lui transperça les yeux. Du sang en jaillissait à profusion et salit le blanc pelage de mon sauveur dont la couleur vira à l’écarlate. Une vision d’horreur à laquelle ma mémoire se refuse, encore aujourd’hui, de tirer un trait. Mais tandis que la Bête sous le coup d’une léthargie soudaine chancela, ses poils se hérissèrent et elle bondit sur moi. Heureusement aveuglée ; elle ne fit que me frôler. A l’odeur de son immonde haleine, je faillis m’évanouir .Profitant de ce moment de confusion je sorti la pierre et l’enfonça de toutes mes forces dans son thorax mais elle n’avait heurté qu’une épaisse couche de muscle saillants. Dans sa folie, la Bête ne broncha point. Parmi les branches d’automne je distinguai un bâton rugueux. Il était solide car c’était une de ces rares branches qui tombait du haut des arbres sans se casser, consolidé par des dizaines de cycles saisonniers. Pendant que l’oiseau le harcelait je le saisi et j’eus à peine le temps de me retourner que d’un saut gigantesque pour m’étriper ainsi qu’à l’aide de son flair elle visa juste cette fois et m’offrit son ventre. A cet instant précis, d’un pur instinct de survie naquit en moi un instinct de tueur. Dans une transe inexplicable, j’eu le reflexe d’empoigner le bâton de toute mes forces et de l’installer à la verticale pour que la bête retombe comme un sac sur mon pieu improvisé. Et là, elle s’effondra par terre. Malgré ses nombreuses blessures et le sang qui coulait à torrent, elle restait en vie, tremblante et vulnérable. Peut-être la ruse infernale de son cœur s’était calmé de sentir ses souffrances enfin libérés car je pus lire sur son visage serein une réelle tranquillité et entendre dans son dernier soupir un soupçon d’innocence qui s’échappait enfin de ca douloureuse condition et de son triste destin. Je compris bien plus tard qu’à l’issue de ce combat, dans mon cœur meurtrit par les récents évènements, germa un espoir. Mais il n’était pas encore tant pour lui d’éclore car l’heure était au deuil, mon âme submergé par la tristesse. Je me rendis compte que ce qui m’avait porté secours était un aigle dont l’envergure était moitié mienne. Indifférant à sont sort et vide de tout sens, j’errai dans des contrées encore jamais explorés méprisant tout danger. Je continuai de parcourir les terres isolées pendant des années, solitaire et proscrit. Je devins l’ami des oiseaux et des bêtes qui me prêtèrent leur aide sans jamais me trahir. En situation délicate, l’Aigle Blanc qui volait haut dans le ciel redescendait pour me prêter main forte. C’est à travers les reliefs escarpés, les falaises abruptes et les étendus délaissées que je décida de vivre seul, si bien que les rares elfes que je laissais m’approcher me surnommèrent « le coureur de crêtes ». Quant à mon aigle je le nomma Nieninqe faisant référence à la fleure blanche, le Perce-neige qui étouffée par la neige arrive à évoluer dans un environnement pauvre et hostile, tout comme mon compagnon. (Nieninqe : Perce-neige en Quenya) Les siècles passèrent et peu à peu je repris gout à la vie. La tristesse pour mes disparus se muta en haine pour les créatures vomit, aux temps anciens, depuis Angband afin de pulluler sur toutes les Terres du Milieu. Et à une époque plus récente qui nous concerne tous, sur les terres que Sauron (valet de Melkor, Morgoth ou le Noir Ennemi pour les Elfes) a dénaturées et ou il a engendré le Mal. L’unique but qui orienta mon chemin et dicta ma volonté durant le second Age fut donc d’éradiquer inlassablement les présences malsaines qui sévissaient depuis le levant jusqu’au couchant. Mes objectifs restèrent les mêmes jusqu'à l’aube du Troisième Age ou je me tiens devant vous, toujours solitaire et accompagné de mon fidèle compagnon. |
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