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La Passe de la Sentinnelle

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 1: L'homme à la Passe
(par cauvin, ajouté le 10/01/02 22:44)


Le chant du vent s'éleva par delà les Eres du monde, par delà les insondables océans pour folâtrer audessus des plaines et des immenses forêts mystérieuses. Il continua sa lancinante mélopée par delà les montagnes jusqu'à un homme, assis en haut d'un tertre gardant l'entrée d'une passe, qui avait rendez-vous avec la mort.
Comme touché par cette inexorabilité, le vent se fit caressant, faisant virevolter la cape de l'homme tout en l'enlaçant tendrement telle une armure protectrice.
Plutôt qu'un homme, c'était un jeune homme qui avait mûri trop tôt et ses yeux songeurs semblaient avoir vu trop de choses pour se rappeller son innocence perdue.
Pourtant, l'ombre d'un sourire sembla naître à la commissure de ses lèvres, à l'instar d'un pâle rayon de soleil un jour d'hiver, au fur et à mesure que les souvenirs de son enfance, pas si lointaine, remontaient à la surface de sa mémoire. C'étaient des souvenirs si merveilleusement gorgés de soleil et de bonheur qu'il sourit franchement et se releva fièrement tout en balayant de son regard farouche les sommets éternels. Le soleil souverain sembla lui rendre hommage en l'innondant de ses derniers feux.
C'est ainsi que le virent la Horde Ténébreuse à la Passe de la Sentinnelle.
Il semblait nimbé de feu, si rayonnant et si plein de vie qu'il leur sembla immortel. Il fit retentir son rire clair et chaud comme l'appel d'un cor à rallier la bataille et ils reculèrent devant cet improbable spectacle.
Seulement, il est des forces si noires que nul éclat ne peut entailler leurs manteaux de terreurs. Un cavalier noir se fraya un chemin à travers la masse et ils s'écartèrent tous instinctivement, si prestement que même la mort ne les auraient pas plus effrayés. Le cavalier noir s'arrêta au bas de la passe et sa lame chanta lugubrement comme il la sortait de son fourreau.
Le jeune homme, qui s'appellait Saerynn, semblait encore irradier la lumière de l'astre solaire couchant et sa lame fit retentir un son clair et cristallin.
Saerynn lança alors son cri de défi à la mort en brandissant son épée bien haute et comme répondant à ce signal, le vent se mit à mugir et à fouailler ses ennemis tandis que le cavalier noir s'élançait vers lui.

Le choc de leur rencontre fut terrible et le fracas de leurs lames se répercuta à des lieues à la ronde jusqu'à un groupe d'homme qui courraient à grand pas.
Leurs chef, un géant qui portait un homme sur son dos, s'arrêta brusquement. Ils restèrent tous immobile pendant de longues secondes, les poings serrés comme rongés par un profond tourment intérieur. Le chef plus que tous les autres tremblait convulsivement de rage, mais dans un terrible cri étranglé il reprit sa course sans regarder en arrière et ses hommes le suivirent.

Saerynn donna toute sa fougue et l'inconscience de sa jeunesse dans le combat titanesque. Il avait réussit à désarçonner le cavalier noir dès les premiers coups et depuis, ils dansaient leurs ballets de mort en imprimant la terre de leur affrontement.
Une heure durant, sous la lumière des étoiles et des torches innombrables de la Horde Ténébreuse, ils combattirent sans trêve, enlaçant leurs lames sauvagement pour conquèrir la victoire. Saerynn savait que seul un miracle lui avait permis de tenir aussi longtemps face à ce formidable adversaire qui n'arrêtait pas de lui vriller l'esprit avec des tentacules de terreurs.
C'est ainsi que le cavalier noir finit par prendre le dessus sous les acclamations cauchemardesques de son armée.
Saerynn sentait son sang maculer son armure et le sol sur lequel il titubait. Le cavalier noir redoubla ses coups propulsant Saerynn à genoux au bord du gouffre des brumes éternelles.
Dans le silence sépulcrale qui se fît, le cavalier noir sembla saluer son adversaire avant de lui assener un dernier coup terrible que Saerynn para avec ses dernières forces et tandis que sa lame se brisait comme du verre, il chuta dans l'abîme.

Voir le chapitre 1 sur 11



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.