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Galinda, la Forêt des Ombres

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 10: Rencontre
(par Laurent Femenias, ajouté le 11/08/03 23:50)


La petite mansarde devant laquelle Sam se trouvait semblait perdue au milieu de nulle part. La pluie avait cessé de tomber et un brouillard épais commençait à s’installer, masquant presque entièrement le paysage. Sam aurait de toutes façons l’occasion de voir la Forêt de plus près bien assez tôt – et il redoutait maintenant d’avoir sans doute à y passer l’hiver… Le sous-bois était ici plus clairsemé qu’au long du chemin que le jeune homme venait d’emprunter, formant une sorte de petite clairière au centre de laquelle se dressait la cabane de Dunman. Cette maison, pensa Sam, représentait la dernière limite de la civilisation. Au delà s’étendait l’inconnu et l’aventure. La simple vue des formes noires des arbres se détachant menaçantes du brouillard donnait des frissons à Sam. Au milieu de cette terre inhospitalière, la présence rassurante du mince filet de fumée qui s’élevait lentement de la cheminée lui redonnait toutefois un peu de courage, montrant que quelqu’un habitait bel et bien cet endroit.

La cabane de Dunman semblait assez ancienne mais bien entretenue. C’était la première fois que Sam la voyait et, s’il se l’était imaginée légèrement plus petite, elle correspondait assez bien à l’image qu’il s’en était faite : une maison entièrement en bois prolongée sur la droite par une petite écurie. La porte d’entrée ne devait guère être distante de plus de quelques pas mais Sam restait figé, immobile, à contempler cette maison qui représentait en quelque sorte le commencement de sa véritable aventure. Il ne se décida à réagir que lorsque le vent glacé, qui s’était remis à souffler en agitant les buissons, commença à engourdir chacun de ses membres. Ses habits trempés le gênaient désormais et il avait froid. Il se décida à faire un pas, puis deux, et se retrouva rapidement devant la petite porte de bois.

John Dunman devait sans doute être à l’intérieur. Il s’attendait à sa venue. Comment cet homme pouvait-il vivre seul dans cet endroit depuis des années, sans jamais la moindre visite, ne rencontrant quasiment aucune présence humaine hormis lors de ses rares voyages à Dimsy ? Alors qu’il était à nouveau perdu dans ses pensées, il entendit une voix rauque mais chaleureuse résonner derrière lui : « Bonjour jeune Sam Harper. Tu me cherchais, je me trompe ? » Sam fut tout heureux d’entendre ces quelques mots après toute une journée de solitude à ruminer ses pensées. Il ne sut toutefois quoi répondre si ce n’est un timide bonjour. Dunman, s’approchant, le regardait en souriant. Il semblait vouloir mettre Sam en confiance et lui posa la main sur l’épaule. Si Sam avait déjà rencontré le vieil ermite à plusieurs reprises, jamais il ne l’avait fait à la porte de sa demeure et il était visiblement impressionné. Le vieil homme, légèrement voûté, paraissait petit et frêle à côté de Sam mais se dégageait toutefois de sa personne une force et une vitalité surprenantes pour quelqu’un de son âge. Il était vêtu d’un long manteau d’un vert passé qui aujourd’hui ressemblait davantage à du gris. La capuche rabattue sur sa tête laissait tout de même apparaître un visage légèrement rosé, orné d’une courte barbe grise. Ses yeux, d’un bleu profond, étaient teintés de gris et une lueur intense y brillait. Son regard semblait capable de pénétrer l’esprit du jeune homme et celui-ci le regardait comme fasciné. La situation aurait pu être embarrassante mais l’air avenant et enjoué du vieillard le rendait sympathique et le jeune Sam, se sentant rapidement à l’aise, sourit bientôt en retour à Dunman. De la sagesse et de la bonté émanaient de la personne de cet homme. Quel contraste avec cet endroit, son lieu de vie, qui semblait si terne et si triste ! Quelle différence également entre le vieillard souriant qui se tenait devant Sam et le vieil ermite misanthrope et renfrogné, n’aimant que ses vieux arbres décrépis et sa solitude, que décrivaient les paysans de la région !

« Mais entre donc, nous serons plus à l’aise à l’intérieur pour discuter. Et soit le bienvenue chez moi ! » Cela ne pouvait faire plus plaisir à Sam, qui bien que ressentant beaucoup moins d’appréhension que dans les minutes précédentes, commençait à se sentir frigorifié. Dunman s’approcha de la porte et l’ouvrit. Sa démarche n’était pas celle d’un vieillard. Malgré son dos légèrement courbé, il se déplaçait rapidement et avec une souplesse que nombre de jeunes gens pourraient lui envier ! Il fit signe à Sam de le suivre et les deux hommes entrèrent ensemble à l’intérieur de la maison. Décidément, quel étrange bonhomme que ce John Dunman, pensa Sam en refermant la porte.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.