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vilonerwë, ou l'histoire d'un nouveau monde

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 10: L'arbre de ces gens
(par ladybird, ajouté le 31/07/03 13:43)


Après s’être tous deux repus d’un frugal repas, l’elfe s’en fut pour une promenade sous les étoiles, laissant là un jeune homme qui quand à lui essayait seul à présent de trouver le sommeil.
Un tintement, comme si l’on agitait une petite clochette, lui fit réouvrir les yeux. Une petite fée, froide et pâle comme l’eau d’une rivière se tenait là. Malé eut un mouvement de recul.
« N’aie pas peur Malé, c’est moi… ». Lulaby. Mais que s’était-il passé ? Elle avait abandonné sa robe dorée et lumineuse pour une autre d’un bleu glacial. Ses jolis cheveux d’or tombaient à présent sur ses épaules en une masse sombre, illuminée de ça et là par quelques filaments d’argent.
« Je suis aussi fée de la nuit… » lui rappela t-elle.
Le jeune homme l’observait, saisit par tant d’enchantements.
« Il faut que tu dormes, demain la journée sera longue. Vilonerwë dit que nous arriverons à Inegalat en début d’après midi. ». Malé n’eut pas le temps de répondre que déjà Lulaby l’avait recouvert de se magie, en l’entourant de poussières d’étoiles qui le plongèrent dans un profond sommeil.
Le lendemain, un doux parfum vint lui chatouiller les narines, et c’est ainsi qu’il se réveilla à l’aube. Lentement il se redressa, se frotta les yeux et regarda. Il était seul. Qu’importe. Il s’étira et décida d’aller se rafraîchir à la rivière située un peu plus en contrebas. Lorsqu’il revint après quelques instants, il trouva là Lulaby, cueillant avec soin de grandes fleurs bleues.
« Elles sentent bon n’est-ce- pas ? lui lança t-elle. Ce sont des plantes médicinales, elles peuvent nous être d’une grande utilité » continua t-elle à expliquer. Malé lui sourit. Non, décidément il n’était pas du matin. Par contre la petite fée, elle, semblait animée par toute l’énergie du soleil et illuminait tout ce qu’elle approchait.
« Malé, tu m‘écoutes ? » . Sur le point de se rendormir, non, il ne l’avait pas entendue.
« Je te disais que Vilonerwë nous attend sur la plaine, à la sortie de cette forêt ; C’est à une lieue de marche. Allez viens, ne perdons pas de temps. »
Le jeune homme acquiesça d’un mouvement de tête et plia bagage aussi vite qu’il le pu.
Après un moment de marche silencieuse, ils sortirent enfin du bois et aperçurent Vilonerwë tenant leurs deux montures. Il leur souriait.
« Bonjour, Malé…
- Bonjour Vil… » répondit dans un bâillement ce dernier.
L’elfe s’en amusa, et après un clin d’œil complice à Lulaby, ils se mirent en route.
Se sachant prêts du but, ils ne s’étaient pas arrêtés pour se reposer, et cela faisait de nombreuses heures maintenant qu’ils étaient partis. Lulaby, en bonne petite fée fatiguée, s’était endormie sur l’épaule de Malé, qui se donnait le plus grand mal pour ne pas l’en déloger. Vilonerwë était toujours en tête du petit groupe, et ni la fatigue ni la chaleur ne semblaient avoir de prise sur lui.
« Encore quelques lieues, et nous devrions y être, dit-il soudain.
- Lulaby… commença le jeune homme en la poussant délicatement du doigt
-Hmmm…
- regarde, nous y sommes presque… »
Devant eux s’étalait une plaine à perte de vue, couverte d’herbes sèches, où seul un arbre venait briser cette platitude. Au loin, on pouvait voir se dessiner le contour d’imposantes montagnes. Cela ne les surprit tout d’abord pas, puis en y réfléchissant, cet arbre était assez étrange. Vert. Oui c’était cela, il était vert, d’un vert pur, brillant, éclatant. Il semblait en pleine santé, totalement épanoui alors que tout autour n’était que poussière et sécheresse. Intrigués, ils avancèrent en sa direction, qui par là même était aussi celle de la cité secrète. D’ailleurs plus ils avançaient, et plus ils sentaient monter en eux une excitation et une angoisse grandissantes. Malé surtout avait du mal à contenir ses émotions ; son visage trahissait ses moindres états d’âme.
Encore quelques foulées et ils se retrouvèrent au pied de cet arbre, qui de part sa taille moyenne ressemblait plutôt à un arbrisseau. Mais il leur procurait tout de même assez d’ombrage pour eux trois, ce qui leur convint parfaitement.
Lassé, le jeune homme fut le premier à mettre pied à terre. Et il était temps, car son bel alezan avait commencé à boiter. Vilonerwë l’imita rapidement, et c’est ainsi qu’ils se retrouvèrent tous les trois adossés au tronc, à écouter les feuilles chauffer sous le soleil.
Quelques minutes s’étaient à peine écoulées qu’ils furent rapidement encerclés par une dizaine de soldats. Seul l’elfe avait eu un temps d’avance et avait bandé son arc. Lentement, Malé se releva, en prenant bien soin de cacher Lulaby dans l’une de ses poches.
« Qui êtes-vous ? Et que faîtes vous ici, sur nos terres ?! ». L’homme qui avait parlé devait être leur capitaine. Cela semblait être un homme expérimenté, car malgré la rudesse du ton, on le sentait prompt à faire preuve de sagesse. Six hommes s’étaient regroupés autour de Vilonerwë, l’épée menaçante. Ils étaient jeunes et audacieux. Malé sut en cet instant qu’à présent tout dépendait de lui.
« je me nomme Malé, fils d’Ilgard. Et voici mon ami Vilonerwë de Mirkwood. Nous cherchons aide et protection… dit-il d’un ton plus ou moins assuré.
- Nul n’est en droit de fouler nos terres ainsi délibérément ».
Le jeune homme regarda autour de lui. Tout n’était que désert. Mais d’où diable avaient-ils pu sortir ? Un coup d’œil à Vilonerwë l’engagea à poursuivre la conversation :
« Nous recherchons une cité nommée Inegalat. Des gens de votre peuple nous l’ont indiqué… ».
L’homme le regarda durement et semblait réfléchir. Puis, après un long moment :
« et lui, dit-il en désignant l’elfe, que fait-il avec vous ?
- Je vous l’ai dit, c’est un ami. Il fuit la guerre, comme nous… Je vous en prie… » supplia Malé.
L’homme grommela.
« Soit ! Nous allons vous conduire à la cité, mais vous ne pourrez en sortir, sauf cas spécial. Au fait, mon nom est Targon, et je suis l’un des capitaines des hommes de la marche… ».
Et, sur son ordre ces derniers rentrèrent leurs lames au fourreau et se mirent en marche. Vilonerwë et Malé allaient en tête avec le capitaine, tout en tenant leurs chevaux par la bride.
« Vous comprenez, par les temps actuels, nous sommes obligés de contrôler chaque passage. Mais Inegalat est une cité pour les exilés, et nul ne peut s’en voir refuser l’entrée s’il est dans le besoin.
Par contre, reprit-il après une courte pause, je ne sais quel accueil vous sera réservé Vilonerwë… Nous ne portons point les elfes dans nos cœurs ces temps ci…
- Je m’en accommoderai » répondit simplement l’elfe.
Malé lui sourit en guise de soutien, sourire immédiatement rendu par l’elfe, visiblement très calme.
« Tenez, nous y voici… » les interrompit Targon.
Ca y est, ils avaient réussit. Ils allaient enfin entrer au cœur de la cité secrète…

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.