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Le Barde du Beleriand : L'erudit d'Oxford

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 10: Sir William.5.
(par michele huwart, ajouté le 18/12/05 01:00)


Il me regarda longuement, avant de me conduire à ma place. En noble gentilhomme bien élevé, il écarta la chaise, me fit asseoir. Il sortit une bouteille de Champagne d’un seau en argent massif délicatement sculpté de scènes on ne peut moins convenables, m’en servit une coupe avant de se servir lui-même. Puis il leva son verre, comme pour porter un toast.
- Au passé, proclama-t-il cérémonieusement. Et à l’avenir. A la mémoire des morts, aux vivants, et à ceux qui restent à naître.
- Au passé, repris-je en écho. Et à l’avenir.
Je trempai mes lèvres dans le breuvage pétillant. J’avais toujours beaucoup aimé le Champagne – comme toutes les boissons à bulles, d’ailleurs – et je n’avais que trop rarement l’occasion d’en boire. Je remerciai chaleureusement mon hôte pour son invitation, alors que Pétunia déposait devant nous des assiettes de zakouskis, avant de saluer cérémonieusement. Je pris un toast à ma mousse de canard, y mordit. Comme tous les mets préparés par la gouvernante, il était délicieux.
- Je vois que vous avez compris, me dit alors mon employeur. Vous avez été rapide, Catherine.
Je sentis le sang me monter au visage. Ce que j’étais censée avoir compris me semblait si extravagant, si… stupide !
- Je me fais l’effet d’être une idiote crédule, Altesse, lui avouai-je. Ou de rêver… Je ne crois pas plus à la réalité des Elfes que je ne suis princesse.
Je l’avais appelé « Altesse » spontanément. Me faisant encore plus l’effet d’être stupide…
- Même si les derniers représentants de mon peuple ont depuis bien longtemps quitté ces rivages, me répondit-il d’on ton mélancolique, je suis bel et bien un Elfe. Un prince noldo… Et, je vous en prie, Catherine, pas d’ « altesse » entre nous. Nous sommes du même rang, vous et moi. Que vous le croyiez ou non, vous êtes bel et bien une princesse. Une princesse royale.
- Une princesse en sabots, alors ! ironisai-je.
Il eut un petit sourire espiègle. Je bus une gorgée de champagne pour masquer mon émoi, puis m’emparai délicatement d’une boulette de fromage entourée d’herbes. Tandis que je la grignotai, une idée saugrenue me vint à l’esprit.
- Et Pétunia, demandai-je sur le ton de la plaisanterie, c’est une Hobbitte, n’est-ce pas ?
- Métissée, bien sûr, acquiesça-t-il on ne pouvait plus sérieusement. Comme tous ceux des siens qui vivent parmi nous.
Il saisit un canapé, le mangea, et, visiblement, apprécia.
- Elle a conservé, cependant, une des principales qualités de son peuple, commenta-t-il en en prenant un autre. C’est une perle de cuisinière.
Je ne pus qu’approuver, bien que la tête me tournât. Je me sentais de plus en plus dans un autre monde. Un monde de contes de fées…
- Veuillez m’excuser, Sir William, bafouillai-je. Mais j’ai l’impression que… que ce que je vis, que ce que j’apprends, est irréel ! C’est comme si…
Dieu seul sait pourquoi je prononçai ces mots…
- … c’est comme si je dînais en compagnie de Merlin l’Enchanteur.
Instantanément, les yeux de Sir William se brouillèrent de chagrin, et s’emplirent de larmes. Il se saisit de sa coupe de Champagne, et la vida d’un trait. Ainsi qu’une seconde.
- C’était mon fils, expliqua-t-il d’une voix blanche.
- Pardon, bredouillai-je, je…
Je me mordis la lèvre. J’aurais voulu rentrer dans le sol, bien que ce qu’il venait de m’apprendre soit encore plus incroyable que le reste. Sir William eut un geste de la main, comme pour chasser le chagrin.
- Ce n’est rien, Catherine. S’excusa-t-il presque. Vous ne pouviez pas savoir. Vous ne pouviez pas savoir… Et Merlin a plus fréquenté les rois du Powys, les Hauts Rois de Bretagne et les princes de Wallys-Gondor que votre famille. C’est une autre histoire, mon enfant. Une autre histoire…

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.