Guy soupira. "Stérile..." songea-t-il en détournant les yeux de la drapière. Et, au même instant, il aperçut le petit Louis se dirigeant vers le manoir. Femmes sans enfant... enfants sans mère... Louis et Gayette... Il resserra son manteau contre lui, se dirigeant vers la métaierie. Tendant l'oreille, aussi. L'hiver, les loups... Tout le monde redoutait les loups. pas lui. Ils n'étaient que des bêtes. Des animaux. Des créatures du Bon Dieu, qui avaient faim et froid dans la contrée recouverte de neige. Tout comme les hommes... Tout comme lui. les anciens disaient que les loups étaient fidèles à leur amour jusquà leur dernier soupir... Et lui, à quoi, à qui serait-il fidèle ? Valentine...
Elle ramassa l'un des fagots. Etrangement, elle eut envie de le serrer contre son coeur. ce n'était pourtant qu'un amas de branchages. Mais un amas humain... de branchages qui entr'ouvraient une fenêtre dans sa solitude. Elle frissonna. Elle se sentait observée. Elle se retourna, et vit le petit garçon, enveloppé dans une houppelande grise, rapiécée, qui se tenait, silencieux, derrière elle. Elle connaissait bien la houppelande. Quelques années plus tôt, elle lui avait appartenu. Puis, lorsqu'elle-même avait grandi, elle l'avait offerte à Berthe... L'enfant muet lui désigna le manteau du doigt, et eut ensuite un curieux gerte, comme s'il voulait se faire admirer... comme s'il était fier de ce vêtement usé jusqu'à la corde... Valentine le omplimenta, et lui tendit la main. - Viens, lui dit-elle. J'ai du lait, et du pain frais. Je parie que tu as faim. Louis plongea son regard limpide dans les yeux de la jeune châtelaine, et saisi sa main dans sa petite patte glacée. |
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chapitre 10 sur 41
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