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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 10: Angoisses
(par michele huwart, ajouté le 18/11/03 14:55)


Les bandes d'orcs étaient de plus en plus nombreuses à saccager les fermes de la région. L'Angband était réveillé. Bien, à mon avis, qu'il ne se fût jamais endormi. Par deux fois, nous les avions affrontées, ces créatures immondes. Nous les avions vaincus. Exterminés. Ils ne pourraient rien transmettre sur nous à leurs Seigneurs des Ombres. Sauf si... Sauf si c'était l'un d'entre eux dont nous sentions la présence. De plus en plus. ce qui nous redait nerveux. Et la nervosité ne vaut rien, pour un hors la loi.

J'avais reçu une flèche, lors du dernier affrontement. J'avais cru, tout d'abord, que cette blessure n'était qu'une égratignure. je n'allais pas m'inquiéter pour si peu. Mais, de plus en plus, mon épaule me faisait mal. J'avais de la fièvre, et cette fièvre me fatiguait. Je redoutais un nouveau combat. Je me rendais compte que mon efficacité y serait réduite. Que je serais vulnérable. Neithan s'en était apperçu, lui aussi. Il me soignait du mieux qu'il le pouvait, mais la vie errante d'un homme-loup n'est pas propice à la guérison des blessures. J'avais besoin de me reposer, de dormir. Nous n'en avions pas le temps. Nous devions nous cacher, des paysans, des serviteurs de l'Ennemi, et de notre mystérieux poursuivant.

Je me mis à avoir peur. Non pas une crainte diffuse, non. Une angoisse qui aurait pu sembler déraisonnable. Qui me saisissait surtout la nuit, lorsque la douleur m'empêchait de dormir malgré l'épuisement qui me terrassait. Je n'avais pas peur de nos adversaires. J'avais peur de mes propres compagnons. Peur que mes forces m'abandonnent complètement, et qu'ils m'abandonnent. Ou pire. Qu'ils m'achèvent. De crainte que je les retarde. De crainte que, s'ils me laissaient, vivant, je parle à quelqu'un. A n'importe qui.

Alors je me taisais. Je me forçais à les suivre, sans me plaindre. J'avais froid, malgré le soleil renaissant. Et, souvent, la tête me tournait. Je tremblais dans mes guenilles d'homme-loup. J'aurais aimé parler, m'abandonner. Avoir un ami digne de confiance. Un ami qui ne soit pas comme moi. Qui soit meilleur que moi. Car je savais que moi, je n'aurais pas hésité à sacrifier un compagnon pour sauver ma propre vie. je le savais. C'était comme çà. Curieusement, la douleur et la faiblesse me faisaient prendre conscience d'une chose : je ne m'aimais pas. Et les autres ne m'aimaient pas non plus. Je percevais leurs regards sombres lorsque j'avançais trop lentement, lorsque je grelottais au coin du feu. Je ne leur faisais pas confiance. Car ils n'auraient eu aucune raison de me faire confiance, à moi. Et qu'ils me ressemblaient.

Ils me ressemblaient, tous, sauf Neithan. Neithan qui, quelquefois, venait s'enquérir de moi, de ma santé, de ma souffrance. Qui me réservait la place la plus confortable du bivouac, ou le meilleur morceau de viande. De la part d'un autre, j'aurais pris celà pour de la faiblesse. De la sienne, je savais que c'était le contraire.
Mais Neithan n'était pas responsable que de moi. Il était responsable de nous tous...

Je finis par guérir, pourtant. Les hommes-loups sont solides. Je guéris, mais quelque chose avait changé au fond de moi. Je n'avais plus de certitudes.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.