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Enteraz le maudit

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 10: X
(par The Rux, ajouté le 10/03/04 18:05)



« Je suis un Rôdeur et un imbécile, et j’ai aussi un don pour m’attirer les ennuis. »


A pas de loup, une ombre silencieuse s’approchait de la chambre de Sofia. Passant dans le corridor, froid malgré les différentes torches, il se glissa discrètement vers son but. Il ouvrit la porte. La Magicienne était endormie, ou du moins le paraissait sous les couvertures, mais il tendit l’oreille. Dans beaucoup de domaines on ne pouvait le tromper, et le domaine du sommeil faisait partie de ses compétences. Elle dormait effectivement. Entrant dans la pièce, il se prépara à commettre ce que son honneur lui soufflait d’être un crime. A peine avait-il refermé la porte derrière lui qu’une voix le fit se retourner :
- Je ne te dérange pas Enteraz ? Demandait Kicica, son épée posée soudain contre le cou du Rôdeur.

Syldaïan était occupé à dévorer un livre prêté par la Magicienne sur la fabrication des épées (nommées « Katana » dans le livre) dans la lointaine contrée de Nomos-Dé. Il dut néanmoins interrompre sa lecture lorsque trois hommes armés firent irruption dans sa chambre. Refermant son livre, il le plaça à coté de son chapeau, sur une table proche. Un des nouveaux arrivants se précipita sur Syldaïan, hache brandie.
J’avais deviné ce que tu allais faire avant même que l’idée ne germe dans ton esprit.
Syld se leva, attrapa le poignet de l’homme, et, usant de sa puissance télékinétique, lui fit faire un superbe salto avant. Usant une seconde fois de ses pouvoirs il colla les deux autres dos au mur, à un mètre du sol et les paralysa complètement. Il entreprit alors de sonder l’esprit de celui qu’il tenait toujours par la main. Il y trouva des informations très intéressantes. Extrêmement intéressantes, mêmes.

-En fait, pas du tout.
-Tu m’en voies ravie !
Elle constata que le Rôdeur ne portait pas son épée.
-J’ai sentit que quelque chose n’allait pas, alors j’ai décidé de veiller. Expliqua Kicica
- Mais oui…il t’a payé combien ?
- Ton frère n’est pas le seul à s’intéresser à toi, tu sais.
- Je serais heureux de connaître le nom de ton employeur.
- Je n’en ai aucun.
-Alors pourquoi ma pauvre personne t’intéresse tant ?
- Pour venger une mort !
Enteraz eut un rictus.
- Je ne peux pas ressusciter les gens… Demande à Gaellia, peut-être qu’elle peut t’aider.
Kicica arma un coup. Le Rôdeur souffla un mot semblable à un soupir, et les étuis vides de ses dagues se remplirent instantanément. Dégainant l’une d’elle, il para le coup de la Paladine. Le fracas de l’acier réveilla Sofia.

Syld s’élança au dehors, avec la ferme intention de trouver des réponses à ses questions. Lorsque, sur le seuil de la porte qui donnait sur l’extérieur, un homme lui barra la route, il comprit. Quel idiot il avait été !

En entendant du bruit dans la chambre voisine, Gaellia s’était levée. Elle avait revêtu en hâte sa robe orange, et était sortie. En voyant Syldaïan sortir en trombe de sa chambre, l’arc bandé, elle l’avait suivi aussi discrètement qu’elle pouvait. Ils passèrent par les couloirs faiblement éclairés de l’auberge, puis sortirent de la battisse aux airs de hutte barbare. Alors un homme en manteau noir, plus petit que Syld, qui portait un chapeau identique à celui de l’archer solaire, lui barra le passage. Celui-ci tenait Syld en joue avec un arc en bois sombre richement décoré.
- Dontag…
- Syldaïan…
-Combien de temps ai-je attendu cet instant ? Demanda l’homme en noir.
-Combien de fois as-tu répété ces paroles ? Répondit l’archer.
-Sais-tu pourquoi j’ai emprunté la voie des Ténèbres ?
-Parce que je t’ai toujours fait de l’ombre…
-Tu lis dans mes pensées, ta blancheur ?
-Évidemment, ta noirceur.
Alors Dontag recula d’un bond. Une flèche apparut entre les mains de Syldaïan, immédiatement lancée. Dontag esquiva. Syld murmura quelque chose dans une langue inconnue de Gaellia, et Dontag sembla écrasé par une force invisible.
-Non…
Il sort une unique longue flèche empennée de noir. Une trop longue flèche. Dontag encoche la flèche à son arc. Il tend la corde au maximum, mais la flèche est définitivement trop longue.
-Sent la puissance des Ténèbres, ta blancheur !
Alors le corps de Dontag luit d’une aura noire. La flèche prend des allures de monstre infernal. Syld fixe sans ciller son adversaire. Une sphère blanche enveloppe l’archer solaire.
-Tu n’y arriveras pas Syldaïan…
Quoi ?
- Cette flèche ne te détruira pas, c’est vrai, mais elle détruira toute la ville, imbécile ! hurla Dontag.
Alors dans ce cas là.
Quoi ?? Non !
La sphère qui entourait Syldaïan se retrouve autour de l’archer des Ténèbres. L’aura noire de celui-ci ne dépasse pas la sphère protectrice.
-Que ta propre flèche te détruise. Souffle alors Syldaïan.
Dontag hurla. Il allait se pendre sa propre attaque. Il tenait toujours son arc bandé. S’il lâchait la corde de l’arc, la sphère de Syldaïan allait renvoyer l’intégralité de son attaque sur sa propre personne. Et il allait mourir.
-Allez salut… Vous venez Gaellia ?
-Avec plaisir !

-Qu’est ce que vous faites ici !
C’était une pure question rhétorique. Ils se battaient, évidemment. Enteraz avec deux de ses dagues tenait tête à Kicica. La Paladin tentait difficilement de se défendre à l’aide de son bouclier, son épée ayant volé à la première botte du Rôdeur. Il attaquait, attaquait sans s’arrêter, méthodiquement, sans y penser. Il ne se battait pas pour la tuer, mais plutôt pour se défouler. Il tenait ses dagues comme des épées, à la manière des Elfes, et faisait de petits moulinets, visant directement le bouclier.
- Arrêtez ! Hurla Sofia.
Alors Enteraz se fit docile comme un Golem éteint, debout et immobile, les yeux dans le vague. Le félin était au repos. Kicica se releva en bégayant des choses comme «assassin» ou «sœur» . A la lueur de la lune, Krieg, qui venait de débouler en trombe, découvrit une scène des plus étrange : Sous une lueur bleutée, debout, se tenait Enteraz, armé, ressemblant à un Spectre d’Antan. Sofia, les couvertures ramenées sur elle, fixait le Rôdeur avec crainte, admiration, et incompréhension. Kicica, repliée sur elle-même, regardait Krieg sans le voir, les yeux embués de larmes. Alors Enteraz sortit de la pièce, laissant le Nain à ses interrogations.

Le soleil s’était levé depuis une heure. Il est temps de repartir, se dit Enteraz, les pieds et poings liés à une chaise. Une droite le tira de sa rêverie. Ah oui, il faut aussi que je sorte d’ici. Avec deux bourreaux armés, ça n’allait pas être facile. Une autre droite, puis une gauche. Une question :
- Qui est tu ?
Enteraz eut un rictus.
- Tu vas nous dire qui tu es !
- Et gâcher le plaisir…
Un uppercut lui coupa littéralement le souffle. Le Rôdeur fixa son agresseur principal, l’autre étant appuyé à un mur sans rien faire. Une cicatrice lui courait de l’arcade sourcilière au menton, à demi cachée par une courte barbe jaune. Des yeux verts de demi-elfe, le nez fin elfique et la large mâchoire humaine. Des cheveux aussi jaunes que la barbe étaient taillés en brosse au-dessus de son crane, et de fines lignes de peau s’entrelaçaient dans sa coiffure.
- Réponds !
-Enteraz le Maudit…
Nouvelle droite.
-Et qu’est ce que tu veux à la Dame d’Alient, saleté !
Il se déchaîna.
-Réponds !
Enteraz commençait à saigner.
-Crève…cracha le Rôdeur.
Une nouvelle droite, puis une gauche, et encore une droite… La matinée promettait d’être longue…



Voir le chapitre 10 sur 20



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.