Chapitre 12:
Bombadil
(par
Isiliel, ajouté le 09/02/06 21:46)
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Pour aller chez Tom Bombadil en venant de Bree, on devions passer par les Hauts des Galgals. Il ne pleuvait plus, mais une brume cotonneuse avait pris le relais et emplissait les vallées. Elle était si épaisse qu’il me semblais parfois que nous seuls existions, ainsi que le sol herbeux que les chevaux foulaient. Puis nous arrivâmes au sommet d’une colline.
Une mer de brouillard s’étendait à perte de vue. Autour de nous, d’autres collines émergeaient, telles de petites îles. Et sur celle au nord, il y avait un Galgal.
Le tumulus de pierre se découpant dans le ciel gris dégageait une impression sinistre. Je voulus demander aux deux frères si il existait encore des Etres des Galgals, mais le silence était si étouffant que je n’osai le briser. Au moment où nous repartions, je vis luire deux yeux froids dans les ténèbres qu’entourait la porte de pierre. Je sursautai et détournai le regard. Jamais je n’ai pu revoir la brume sans frissonner.
Vers le soir, alors que la lumière déclinait et rendait ce qui nous entourait encore plus effrayant, je demandai à Elladan : "Nous sommes encore loin ? -En principe non, mais je ne suis plus très sûr du chemin. -Génial, marmonnai-je pour moi en français. "
J’essayai de me remémorer le poème que Frodon avait récité pour appeler Tom Bombadil. Seuls les trois premiers mots me revenaient. C’était peu, mais je me lançai en inventant le reste : "Ohé, Tom Bombadil Venez à nous Car nous avons besoin de vous ! " Bon. Disons au moins que ça rimait.
Heureusement, Elladan comprit mon intention et avait une meilleure mémoire que moi. Il chanta : "Ohé ! Tom Bombadil ! Tom Bombadillon ! Par l’eau, la forêt et la colline, par le roseau et le saule ! Par le feu, le soleil et la lune, écoutez maintenant et entendez-nous ! Accourrez, Tom Bombadil, car notre besoin et proche de nous ! "
Nous attendîmes plusieurs minutes et enfin une voix nous parvint : "Tom Bombadil est un gai luron, Bleu vif est sa veste et ses bottes sont jaunes ! "
La suite n’avait pas vraiment de sens et je l’ai oubliée.
Une lumière apparut à notre droite et quand elle fut assez près, nous vîmes une petite lanterne qui éclairait un visage semblable à une vieille pomme réjouie. Il était encadré, en haut, par un vieux chapeau et, en bas, par une barbe brune sur un manteau bleu.
Tout en Bombadil respirait le bonheur et l’insouciance et je me pris à sourire. Toute peur s’était envolée. "Holà mes jeunes amis !(Je pouffai de rire en pensant aux "jeunes " Jumeaux de 3036 ans.) Que voilà un appel pressant, gai dol ! Qu’est-ce que Tom peut faire pour vous ? -Nous implorons ton hospitalité, Iarwain, dit Elrohir en courbant la tête. Et nous souhaiterions te poser quelques questions. -Tom et Baie d’Or sont toujours ravis d’accueillir des hôtes aussi courtois. Venez partager le pain blanc et la crème jaune avec nous ! "
Il partit en sautillant et en chantant, nous entraînant à sa suite. En fait, nous n’étions pas très loin de la Maison sous la colline. Nous avions simplement un peu dévié au sud.
C’est avec soulagement que je vis enfin la lumière doré qui s’échappait des fenêtres et de la porte entrouverte. A peine étions nous descendus des chevaux que ceux-ci filèrent à l’arrière de la maison où se trouvait l’écurie. Tom les suivit, toujours chantant, mais une voix claire venant de l’intérieur de la maison nous interpella. "Entrez, mes amis. "
La belle Baie d’Or vêtue de vif-argent nous accueillit. Elle était d’une blondeur lumineuse, plus vive et plus fraîche qu’un vent de printemps, avec des yeux plus vieux que les étoiles. Je ressentis un merveilleux et inexplicable bonheur et faillis éclater de rire.
Elrohir et Elladan lui tournèrent un compliment en quenya et elle répondit dans la même langue. Quand elle se tourna vers moi, je lui pris les mains comme à une amie chère et je lui dis : "Baie d’Or, comme je suis heureuse de vous rencontrer ! -Soyez le bienvenue, enfant d’ailleurs, répondit-elle en souriant. "
Cette remarque me fit soudain me rappeler ce que j’étais venue faire ici. "Baie d’Or, est-ce que… -Plus tard les questions, me coupa Tom Bombadil qui revenait. Il est temps de manger, rire et chanter. "
Ce fut un des repas les plus joyeux de ma vie. Nous rîmes beaucoup. Nous chantâmes aussi (En m’entendant Elladan dit que je chantais effectivement comme un troll enroué, ce qui ,en fait, n’est pas tout à fait vrai, et pour la peine il prit une cuillère de crème dans la figure). Si je n’avais pas bu que de l’eau, j’aurais juré être ronde comme une queue de pelle.
Ce fut toujours en chantant que je gagnai la chambre sous le toit et que je m’écroulai sur un des matelas.
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