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Apparence  

 

Enteraz le maudit

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 12: XII
(par The Rux, ajouté le 18/04/04 16:16)


« Si il y a un truc que je déteste dans les bivouacs, c’est que quand il n’y à pas de barde, c’est le Rôdeur qui doit raconter une histoire pour égayer la soirée… »


Ça faisait trois jours que le petit groupe était partit de Llardas, accompagné de Syldaïan, et surtout de son nouveau membre, Enteraz. L’hiver avait maintenant entièrement fait place au printemps, délaissant le froid mordant pour une agréable fraîcheur. Les champs en fleurs et les senteurs printanières accompagnaient les aventuriers dans leur voyage, semblant les précéder de peu. Un vent chaud venu du Sud, de Quatres-Iles ou peut être d’ailleurs, les baignait et leur mettait du baume au cœur. Ils allaient à Izzï, capitale de la race de merveilles, mégapole elfique prospère encastrée entre le flanc d’une montagne et une abondante foret de chênes et d’ormes. Connue pour ses merveilles de magie et de savoir autant que pour son passé, légende classique de toute race. Tous connaissaient la geste d’Izzï, elfe de l’Age des Légendes qui bâtit la première tour de ses mains, et qui fut vaincu en défendant sa ville, alors simple colonie. Plus aucun ennemi ne fut assez fou pour tenter de la prendre d’assaut après son sacrifice. La ville fut baptisée de son nom, et son épouse en devint la Reine. Pour ce que Sofia en savait, Léanath devait être toujours en vie, même après tous ces siècles. Il faudrait peut-être lui rendre une petite visite. Elle ne le vit pas, mais Syldaïan sourit à cette pensée.

Ce que ce demi-elfe peut être laid…
Dinaïs, paré de ses plus beaux atouts, pensait faire bonne impression. Il avait tort. Léanath détestait ce mélange de rouge et de noir. La Reine, confortablement installée dans son trône de marbre blanc, sa redoutable épée à double lame Irina-Siris posée sur ses genoux, écoutait le laquais de Dolphian débiter son texte répété sur l’entente entre Elfes et Humains, sur la splendeur de sa ville, sur la fierté d’Izzï… Rien de bien intéressant en fait.
-Ton maître ne peut pas venir lui-même ? Demanda Léanath.
Elle restait polie parce que Dolphian le Rouge était influent, et que, en tant que souveraine, elle devait faire bonne figure. Toutes complications mises à part, elle aurait étée ravie d’éclater le nez du frère d’Enteraz d’un direct bien placé. Mais bon, dans la vie on fait pas toujours ce que l’on veut.
Dinaïs devint rouge. Une caractéristique de son coté humain : les elfes ne rougissent pas, ils « rosissent ». Il bafouilla une excuse, et sortit de la pièce. Apparut alors un interlocuteur d’une autre trempe. Dolphian le Rouge, Maître de Arcanes et chef de la Guilde Écarlate.
-Léanath !
- Dolphian…
- Comment allez-vous ?
- Pour la deuxième fois de la journée : bien merci ! Et si vous me disiez ce qui vous amène ?
- Mais avec plaisir…

Le groupe s’était installé dans une petite clairière, à demi emplie par un grand arbre en fleurs. Ils firent du feu et bientôt, tous purent se détendre un peu. La journée avait étée épuisante. Entre les Orques un peu trop entreprenants, les Kobolds en vadrouille et les brigands idiots, ils avaient leur compte d’émotions pour la journée. Enteraz, confortablement calé sur une épaisse branche de l’arbre, observait le ciel. Seldan se plaignit soudain de l’ennui. N’ayant pas de barde à disposition, tous se tournèrent vers le Rôdeur, perché sur sa branche. Il soupira, puis sauta.
-Mais qu’est ce que vous voulez que je raconte ? Demanda-t-il en haussant les épaules.
-Je ne sais pas… répondit Sofia. Votre vie peut-être.
-Hein ?!
La grimace d’Enteraz avait de quoi éclater de rire.
-Mais si Enteraz, ta Vie… intervint Syldaïan.
Le Rôdeur grommela un juron.
-Qu’est ce que vous voulez savoir ?
-Ton enfance, grande perche. Demanda Seldan.
- Non, plutôt l’arrivée du démon dans sa vie. Demanda Kicica.(Elle avait renoncé à son idée de vendetta depuis le serment du Rôdeur)
- Pourquoi pas les deux ? Proposa Sofia.
- OK…

« Il était une fois… Non… Oh, et puis allez… Donc, dans un petit village au sud de Naas…Quoi… Le nom…euh…Garrin, merci Syld… OK… Donc ,il y a bientôt vingt ans, naît le second fils d’un forgeron, j’ai nommé moi. Son aîné de deux ans ne voit pas ce petit frère d’un bon œil, et fait tout pour lui pourrir la vie dès qu’il est assez grand pour ça. Il arrête pas de dire que plus tard, il sera Mage, le plus grand qui existe, alors bon, son petit frère choisit un chemin différent. Il s’entraîne au métier des armes avec un maître d’armes à la retraite : Bendesdan. Mais au bout d’un an Bendesdan est tué, et le petit frère est accusé, puis chassé du village. Il a alors douze ans. Livré à lui même, il cherche tant bien que mal à manger, et un abri. Il « emprunte » celui d’un Rôdeur pour une nuit. Au matin, le Rôdeur, un humain, le trouve et… Le petit devient son élève pendant deux ans. Il lui enseigne les voies de la Nature, le respect aux arbres, l’art de la protection et de la dissimulation. Le petit devient doué, il apprend assez vite (enfin, c’était ce que Caducean disait), et surpasse son maître. Le petit vieillit, apprend à lire, et devient un initié de la Terre et de la Nature : un Rôdeur. Quand il a quatorze ans, le vieux Rôdeur lâche son apprenti en lui disant qu’il n’y à plus rien à lui apprendre, qu’il doit maintenant forger son destin. Il se rends à Naas, où il fait une rencontre capitale pour plus tard… »

-… Le petit garçon de l’histoire me rencontre moi. Intervint Syldaïan.
- Exact…
« Le jeune Rôdeur rencontre donc Syldaïan de Naas, imbécile reconnu et fils de Gnarda de Naas. Syld à quatorze ans et vient juste d’être ordonné archer solaire. Il fuit la maison familiale, pour une histoire de liberté que j’ai pas encore comprise. Et évidemment, le Rôdeur l’aide à sortir de la ville. Ils passent une semaine ensemble sur les routes, et deviennent les meilleurs amis du monde. Le Rôdeur est alors tenté par une aventure que lui propose une serveuse de bar : explorer une grotte au sud de la ville. Les deux adolescents, galvanisés, acceptent immédiatement et foncent le matin suivant dans cette grotte. Difficile d’accès, il faut les capacités des deux amis pour y entrer. A l’intérieur, des épreuves leur sont imposées. Ils les réussissent. Et, à la fin, ils arrivent en face d’un autel. Quand le Rôdeur ouvre cet autel un grand spectre en sort et se précipite sur Syldaïan. Le Rôdeur ne réfléchit pas, et s’interpose entre son ami et cette menace potentielle. Quand le spectre le frappe, il disparaît à l’intérieur de lui. Soudain une voix hurle dans son esprit : Tu as osé ! Je ne t’étais pas destiné ! Tes souffrances seront indéfinissables ! Enfin un truc dans le genre…
Le Rôdeur est alors maudit. Ce spectre était un démon, et désormais, si le Rôdeur ne fait pas couler le sang durant trois jours, le démon prends son corps pour dix heures, et moi… »

Plus personne ne parlait. Dans les ombres de la nuit, le Rôdeur ressemblait à une créature des Abysses : destinée à souffrir jusqu’à la fin. Enteraz s’assit, et contempla le feu.
-Mais c’est pas une raison, vous savez. Commenta Enteraz. Ma malédiction ne touche que moi…
Un lourd silence pesait sur le petit camp. Syldaïan se leva.
- Enteraz, tu est un imbécile : ils voulaient qu’on les divertissent, pas que tu les fasse pleurer. Pour rattraper le coup, je vais moi vous raconter une histoire…

Syldaïan ne raconta pas une histoire, mais deux. Il raconta d’abord la Légende des trois démons Originels. Zyrek, Oldrhule et Brise-Glace, après leur création par un Dieu du mal oublié, ont décidé d’investire huit Plans différents : Sept pour l’Hadès, résidence des « mauvais » êtres à leur mort, et un pour les Abysses : résidence des damnés. Brise-Glace, malgré sa nature démoniaque, devint vite une créature du Bien, et enferma Oldrhule. Zyrek, lui, arpentait le Plan matériel, en quête d’amusement. D’amusement démoniaque bien sur. On racontait que Zyrek était l’égal d’un Dieu.
Syld raconta ensuite l’histoire de Dess de Mievil, obscur héros qui vainquit Zyrek.

Le lendemain matin, la petite troupe de Sofia reprit la route, et après cinq jours de marche, ils arrivaient enfin à destination : Izzï, capitale des elfes.


Voir le chapitre 12 sur 20



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.