Chapitre 13:
Où la mer et le ciel se noient dans les brumes...
(par
Stéphanie, ajouté le 24/05/04 15:00)
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Samedi 8 Mai, quelque part entre 7 et 8 heures
Le silence régnant dans le gîte breton me donnait peu d'espoir d'y trouver de la compagnie avant une heure pour le petit-déjeuner. Une heure à remplir... Une heure à combler... Une heure de marche : il y a longtemps que je n'ai pas été à la mer.
Au petit matin, les bancs de brouillard se lèvent dans ma vallée originelle, couvrant le fleuve pour cacher la lessive vaporeuse des Fenettes aux yeux des mortels. Ici, ciel et mer s'embrassent et font rougir le soleil, et les îlots pointent sur le sable encore humide de la marée descendante. Et faute de marcher aux monts comme attirée par un jeune Sylphe, j'irai les approcher, et peut-être rencontrer une Dame des Eaux ramassant des grains de coquillage.
Je sors en silence, et après avoir contemplé un moment le ciel estompé, où le rose se mélait au violet pour répondre au vert des champs, fait crisser sous mes pieds le gravillon. Pas bien d'autre choix que de descendre sur un ruban de goudron ; mais sur les bas-côtés gargouillent des écoulis, égayant la promenade... Compagnons blancs et violettes... encore fleuries ? Le temps musarde ici...
Je préfère couper par la deuxième ruelle à ma gauche, plus sympathique entre ses vieux murets de pierres enlierrés que la route qui poursuit tout droit son but... Les nombrils-de-Vénus tendent leurs doigts verts et lisses vers les clins bleus des véroniques, une pointe de jaune au cœur. The fat cat on the wall looks at me curiously. Bonjour, Griminet ! Et bien, tu m'as l'air tout surpris... Il n'est pourtant pas bien tôt. Malpoli qui se détourne au chant... du merle, me semble-t-il ? Espèce de chat gras, ne va pas chercher à l'attraper ! Non, il descend du mur, passe devant moi sans se retourner et se coule dans le jardin en friche... Tant pis pour lui.
La mer est plus loin qu'il ne m'avait semblé. Je continue de descendre, elle sera bien au bout ; voici l'église, la boulangerie fermée, le petit cimetière – plus fleuri que chez nous. Le chemin tourne à gauche – joli jardin aux clématites en cascadelles répondant de notes roses aux accords blancs des gouets – et... une barrière de pins, une étendue de sable... La mer. Loin, évidemment, mais des canaux laissent paresser des algues et coquillages entre les cailloux. Le sol est étrange, sorte de glaise grise molle et élastique... je préfère ne pas m'y aventurer. Un coquillage jaune viens rejoindre le rouge et l'orangé dans ma poche, grappillés entre deux coquilles Saint-Jacques.
Un peu plus loin, une étendue bien trop verte pour être un sol solide est bleuie... lavande de mer ? Ce n'est pourtant pas la saison. Mais le temps avance et il me faut rentrer... le vent se lève en sourdine, emmêlant mes cheveux que j'ai eu l'imprudence de ne pas nouer.
J'aurais le temps de m'égarer, oubliant de prendre à gauche à la fourche... Ce n'est qu'en passant devant un tapis de primevères et de violettes que je me rend compte de mon erreur... je l'aurais sûrement remarqué à l'aller. Demi-tour donc, l'embranchement n'est pas bien loin.
Me revoilà... En haut de l'escalier, des voix qui se veulent chuchotantes indique la présence d'âmes humaines. La journée commence... |
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