Chapitre 13:
France... 2.
(par
michele huwart, ajouté le 07/05/06 16:26)
|
Sir William était loin, désormais, loin du hâvre de beauté qui lui servait de refuge entre deux reportages. Loin de la cité intellectuelle d'Oxford. Loin de l'Angleterre. Loin de moi... même si c'était à moi, Catherine, qu'il racontait. Sey yeux, son esprit, avaient rejonts ces garçons, pour la plupart morts depuis longtamps. Pour la plupart, morts sans avoir eu le temps de laisser leur trace sur Arda... Pour la plupart... Mais, en ce qui concernait certains...
- J'étais là pour les raconter, reprit-il. Raconter ces jeunes gens, ces enfants, presque. Alors je leur parlais, m'intéressais à eux, à leur vie, leurs craintes et leurs espoirs. Je suis plus doué pour çà, fit-il presque tristement, que pour parler de stratégie. Je m'approchai donc du soldat, et lui demandai quelle était sa lecture. - Je l'ignore encore, m'avoua-t-il. Le langage en est étrange. J'ai pu déchiffer certains mots en me basant sur de vieux textes anglo-saxons, mais là... je reconnais que la traduction est difficile. Enfin, ça occupe l'esprit. Je lui demandai comme une faveur de pouvoir jeter un coup d'oeil sur les textes qu'il avait scrupuleusement recopiés avant son départ pour le front. Il me mes tendit en souriant. - En échange d'une autre faveur, déclara-t-il cependant. Auriez vous du tabac dans votre paquetage, Sir ? J'avoue que nous en manquons. Je promis. Je pris les feuillets, et y posai le regard. ... et j'eus un des plus grands chocs de ma vie... J'avais des tengwar sous les yeux. J'avais sous les yeux la langue de mon peuple. Machinalement, je sortis de ma poche un paquet de tabac, et le tendis au jeune homme. Tout en lisant. En lisant. En lisant encore... - Sir William ? Sir ? Je mis un moment avant d'émerger. - Merci pour le tabac. Effectivement, une odeur qui n'était pas désagréable, comparée à celle de la guerre et de la promiscuité, avait envahi l'abri. - Ca va, Sir ? reprit le garçon. Vous sentez-vous bien ? J'acquiesçai en silence. Même si c'était faux. Je tentai de sourire. - Ce sont des souvenirs... euh ? - Ronald, se présenta-t-il. Ronald Tolkien. Des souvenirs, Sir ? Je ne pouvais pas lui avouer de but en blanc qui j'étais. Je le lui dis, bien sûr, beaucoup plus tard. Mais, ce jour-là, il m'aurait pris pour un fou. Je reconnus simplement que les souvenirs étaient liés à cette langue ancienne, qui ne m'était pas étrangère. - Vous... pouvez lire ce texte ? me demanda-t-il, incrédule. J'affirmai que oui. - Mais, comment se fait-il, Sir ? Personne, à l'Université n'a aucune idée de ce qu'est ce langage... - Je l'ai appris il y a longtemps, bien longtemps... je ne l'ai plus lu, et encore moins parlé, depuis une éternité. ... une éternité... oh combien... Il voulut en savoir plus, mais je restai ferme. - C'est une longue histoire, mon garçon. Une très longue histoire. Un jour, qui sait, je vous la raconterai. Mais pas ici, et pas aujourd'hui. Le bruit d'une rafale de mitrailleuse se fit entendre. - Ce n'est pas le lieu, ni le moment, continuai-je. Pas au milieu de la guerre. Ce n'est peut être pas le lieu idéal pour traduire ça non plus, ajoutai-je en lui rendant ses papiers. Encore que... l'ambiance y est. - L'ambiance ? fit-il, intrigué. - L'ambiance. La guerre et la peur. La fureur et les flammes. Et la fin d'un monde... Oui, peut-être, ici, pourrez vous comprendre, Ronald ce qu'ont vécu les personnes dont ces mots chantent la vie, le combat, et la mort. Je repris les papiers, sortis un stylo, et ratturai un mot dans la tentative maladroite de traduction. - Gondolin, Ronald. Pas Gondorrin... |
|
Voir le
chapitre 13 sur 42
|
|
|
Script fourni par
,
adapté et modifié par .
|