Chapitre 13:
L'enfant 2.
(par
Gurth, ajouté le 27/01/06 21:37)
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« Si seulement nous avions des chiens ! » s’exclama Helmgaud. Il cogna avec son épieu contre le tronc d’un hêtre, et de la neige lui tomba sur la tête. Furieux, il passa plusieurs minutes à piétiner consciencieusement des touffes de bruyère. Décidément, cette chasse s’ouvrait sous de bien mauvais auspices. Helmgaud et ses deux sbires, Berhar et Gozlin, étaient partis depuis le lever du soleil ; le lever avait été difficile après la beuverie de la veille. Il n’avait pas encore aperçu un seul loup. Les villageois leur avaient pourtant assuré qu’ils pullulaient. Ils avaient aussi particulièrement parlé d’une grande louve ; c’était celle-ci qu’Helmgaud était décidé à tuer et à dépecer. « On gèle » grogna Berhar, qui venait d’uriner contre un chêne séculaire. « On serait mieux avec une des paysannes de Sombreval, hein, Gozlin » dit-il en ricanant à son acolyte. « Oui, il y a bien la sœur du sauvageon, là… » rétorqua Gozlin. A cet instant, Berhar renversa un tas de bois sous lequel dormait un hérisson. Les deux hommes éclatèrent de rire devant la panique de l’animal. « Silence, imbéciles ! » ordonna Helmgaud. « Il me faut cette louve. Vous prendrez toutes les femmes ou les hérissons que vous voudrez après.» Enthousiasmé par cette promesse, Berhar et Gozlin redoublèrent d’effort pour pister les loups.
Le pauvre hérisson était maintenant tout à fait réveillé. Il mourait de faim et était transi de froid. Il agitait désespéramment son museau dans tous les sens, espérant trouver de la nourriture, mais rien ne venait. Il était trop engourdi pour bouger. « Pauvre petit » murmura une voix d’enfant derrière lui. C’était Louis. Il vérifia que le baron et ses hommes s’étaient bien éloigné, et s’approcha du hérisson. « Tu ne peux plus te rendormir, maintenant. » dit il. « Et tu dois avoir faim. Attends. » Il fouilla alentour, à la recherche de vers ou d’insectes, mais ne trouva rien. « Eh bien, je crois que je n’ai plus qu’à t’emmener avec moi. » Il défit son écharpe et y enroula le hérisson, qui se mit en boule. Malgré l’épaisseur de la laine et des tissus dans lequel il avait emmitouflé ses mains, Louis fut piqué en plusieurs endroits. Mais cela lui importait peu. Il souleva le hérisson, et se mit en route vers la cabane. En sortant de la forêt, il s’arrêta près de la pierre qui marquait la cachette de l’épée. Louis connaissait le secret de Guy, car il avait plus d’une fois suivi le jeune homme dans ses pérégrinations à travers la forêt, sans jamais se faire remarquer. Il ne comprenait pas très bien pourquoi Guy attachait une telle importance à ce morceau de ferraille. Mais il suffisait à Louis de savoir que Guy y tenait pour respecter lui aussi l’épée, et marquer un temps d’arrêt déférent devant elle. Louis aimait beaucoup Guy. Il aimait Berthe aussi, mais ça n’était pas la même chose. Elle était une mère ou une grande sœur. Guy était quelque chose d’autre. Exactement comme Valentine. |
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