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Lidec et Erellig

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 14: Soir de fête (1)
(par Stéphanie, ajouté le 31/08/03 11:55)


Elle n’eut pas longtemps à attendre ; elle avait pour une fois décidé de se vêtir d’une robe violette finement brodée avec du fil d’écorce argenté, mais ses amis n’étaient pas de reste quant à l’élégance : Tsivonia et Sen’ohan étaient vêtue de soie de l’île du Museau du Loup, teinte en bleu de mer, cette teinture chatoyante qui évoque les ridules changeantes d’une mer calme en été. Areg n’avait pas abandonné la couleur vert-Bétulier, mais sa chemise était tissée dans le feuillage le plus fin des Bétuliers, et son pantalon dans du cuir d’éroc, de même que ses bottes. Quant à Tadocan, il arborait fièrement les couleurs de Montfaucon, le gris et l’ambre, et ses vêtements faisaient honneur aux champs de lin cultivés par son peuple. Représentants de leur Cité, chacun d’eux tenait à montrer sa richesse et son habileté.

Les sœurs de Si’elën étaient curieuses de voir comment pouvait s’organiser une Cité dans une forêt. Elles avaient eu un aperçu rapide des Bétuliers, mais ayant un guide sous la main, elles voulurent voir les principaux bâtiments. Erellig leur promit de leur faire faire une visite complète durant la semaine qui allait suivre cette soirée, mais comme cette nuit, il n’allait y avoir que l’Arbre-Livre et l’Arbre de Guérison d’ouverts, la visite serait courte. Le quartier de l’Arbre-Livre et des classes d’Eveil n’était pour l’instant pas peuplé d’amoureux cherchant le calme ; ce n’était après tout que le début de la fête, et les salles de l’Arbre-Livre étaient désertes.

Chacun y trouva son compte ; Areg s’arrêta presque tout de suite à la section réservée aux textes poétiques, attiré par un recueil des Lais du Ménestrel d’Orian- cette princesse mythique qui aurait régné sur ce qui était maintenant quatre cités indépendantes, durant une longue période de paix propice à l’éclosion d’une poésie raffinée et d’un art délicat, et aux dires de certains historiens, image d’un Age d’Or n’ayant jamais existé. Elle abandonna Sen’ohan et Tsivonia à l’étage consacré aux activités maritimes – « un peu pauvre » au goût de Sen’ohan, mais contenant quand même un exemplaire rarissime de De la Mer et ses côtes secrètes, de la main-même du grand marin Rorik ( expression qu’elle prononçait avec des majuscules à chaque mot). Et Tadocan et elle restèrent un long moment devant les rayonnages de l’art tactique, discutant de leurs expériences d’armes.

Quand ils redescendirent, Areg s’était installé sur une banquette confortable, un chandelier au dessus de lui, et un exemplaire des Chants barbaressur les genoux, qu’il chantonnait à voix basse. Il ne leva même pas la tête à leur entrée, et Tadocan du l’interpeller par trois fois avant qu’il n’émerge de ses pages. Ils se dirigèrent ensuite vers la rue de la Boulange, où une certaine animation régnait – surtout aux abords de la Taverne Bleue, où quelques éméchés hurlait des chansons dont on ne pouvait reconnaître les mots, tant leurs voix étaient éraillées…
Les odeurs de confiserie et de pains chauds donnaient faim, et ce fut donc vers les étals en vendant que se dirigèrent les cinq compagnons. Erellig leur fit goûter un pain excellent, mais très nourrissant, qui était habituellement réservé à la Fête de l’Hiver : un mélange de myrtilles en confiture, de noix et des noisettes au cœur d’un pain brioché au miel décoré de pignons. Après cela, les autres déclarèrent qu’ils n’avaient plus faim, mais que la soif demeurait présente. Ils burent donc un vin importé du Pays des Plaines, mais parfumé – herbe-étoilée, fleurs de sureau et sève de hêtre.

Les animations ne manquaient pas, et ils passèrent une agréable soirée ensemble. Erellig accorda une danse à Areg, mais fut soulagée quand celle-ci fut terminée : si Areg était très bon danseur, elle n’aimait pas ce jeu, préférant passer du côté des musiciens à chaque occasion. Sur la prière amusée de Tadocan, elle consentit à jouer de la flûte en public, à la condition qu’il fasse montre de ses talents de percussionniste, et que Sen’ohan les accompagne à la cithare. Ils improvisèrent quelques temps ensemble, avant de laisser la place à d’autres musiciens. Il se faisait tard, ou plutôt tôt, quand Erellig, après avoir raccompagné Sen’ohan et Tsivonia, pris le sentier menant chez elle.

Elle n’avait pas vu Lidec de toute la fête, ce qui l’avait étonnée, car il ne manquait jamais une occasion de s’amuser…

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.