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Au-delà des frontières

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 14: Comtée
(par Isiliel, ajouté le 04/05/06 22:20)


Nous repartîmes le lendemain. La loi interdisant aux Grandes Personnes d’entrer en Comtée, les deux frères jugèrent préférable de rejoindre la Route de l’Est et de demander une autorisation exceptionnelle au Pont de la Brandevin.

Elrohir et moi avions décidé, sans nous consulter, de nous conduire comme si tout cela n’était qu’un voyage d’agrément, sans penser au lendemain. Et à partir de ce moment-là, malgré les intempéries et l’atmosphère parfois étouffante de la Vieille Forêt, le voyage ne sembla plus du tout pénible (à part peut-être pour Elladan qui tenait la chandelle).

Notre arrivée dans la Comtée fit sensation. Visiblement, il y avait des années que des Grandes Gens n’avaient pas demandé à passer par le pays. On nous demanda une bonne dizaine de fois nos noms, notre lieu de résidence, la raison de notre venue, la durée de notre séjour. Mais ce fut le nom d’Adalgrim Touque qui visiblement nous permit d’obtenir l’autorisation écrite de passer (avec promesse de représailles, si nous troublions la tranquillité des habitants). Le document fut particulièrement utile, car je ne compte plus le nombre de fois où des hobbits offusqués par notre présence nous le demandèrent !

Adal habitait dans le Bourg de Touque, dans le Quartier Ouest. Il nous fallait traverser la moitié du pays, en passant par Stock et le Pays de la Colline Verte. La Comtée est une très jolie région, tout de verdure avec ses bois verdoyants, ses cultures généreuses et ses petits jardins amoureusement entretenus. Le plus extraordinaire était ces petites maisons basses et ses trous aux portes et aux fenêtres rondes, et surtout tout ces hobbits aux pieds nus.

Après nous être renseignés auprès de quelques habitants serviables, nous retrouvâmes Adal à l’Auberge du Prince des Hobbits (baptisée ainsi en l’honneur de Pippin). L’après-midi était à peine entamée, mais notre ami était déjà bien joyeux. Quand il sut que nous voulions en savoir plus sur Tolkien, il rameuta tous ses concitoyens. Nous nous retrouvâmes assis (dans une position peu confortable, vu la petitesse des sièges) devant une bière, assourdis par des dizaines de voix de hobbits voulant à tout prix relater leur histoire.

Je laissai les Jumeaux se débrouiller en Langage commun avec les autres et entamai une conversation en Sindarin avec Adalgrim.
"C’était un homme de, quoi 30-35 ans, très poli, très curieux. Il s’intéressait à tout. Il passait son temps ici ou à la bibliothèque, à prendre des notes. Je me souviens, au début, il dormait dehors pour économiser ses pièces. Heureusement qu’il ne pleuvait pas! Je l’ai invité à dormir chez moi, j’ai de la place. Il m’a beaucoup aidé à écrire mon livre sur les mouvements de population en Terre-du-Milieu. Non, je ne sais pas d’où il vient. Il m’a dit un jour : "Ma demeure est bien plus loin que votre imagination pourrait le concevoir". Sinon, je sais qu’il a séjourné en Rohan. "

Vers la fin de la journée, il nous proposa de venir chez lui et nous quittâmes enfin le Prince des Hobbits.
"Puissants Valar, gémit Elladan. Je n’ai jamais entendu autant de mots à la minute. Ils ont tous voulu me raconter leurs conversations avec Tolkien. Et encore, ils n’avaient pas fini ! Je ne rêve plus que de silence. "

Adal rit.
"Dommage, j’aurais voulu continuer à discuter avec vous. Mais, je vous vois bien éprouvés ! Je vous propose donc un repas silencieux et une nuit tranquille. "

Il possédait une jolie maison à flanc de colline, un peu basse de plafond (enfin pour nous). Le repas ne fut pas vraiment silencieux. Notre hôte se posait légitimement quelques questions sur mes recherches.
"Disons que je ne retrouve pas le chemin de chez moi, répondis-je. Tolkien venant du même endroit, j’espère trouver de indices de son passage qui m’aideront. "

Adal me regarda quelques secondes en silence et dit :
"Je suppose que je n’en saurai pas plus.
-Non, confirmai-je en souriant. Tolkien a jugé préférable de ne rien vous dire, je ferai de même.
-Si il n’a rien dit à personne, vous trouverez difficilement quelqu’un pour vous aider. "

Je restai interdite devant cette remarque de bon sens.
"Certes, mais tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.
-C’est ce qu’il faut se dire, acquiesça-t-il en se levant. Bon, je crains que vous ne deviez dormir sur des matelas à terre, car mes lits sont trop petits pour vous.
-Ce sera parfait. "

La nuit fut délicieusement tranquille.

Voir le chapitre 14 sur 26



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.