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Conte de Noël : Valentine

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 14: Les Croisés.1.
(par michele huwart, ajouté le 31/01/06 09:46)


Il était tellement accaparé par son hérisson, qu'il n'entendit même pas le pas des chevaux.
- Holà, gamin !
La voix fit sortir Louis de sa rêverie. Il leva ses yeux limpides vers l'homme qui le dominait, du haut de son lourd cheval de guerre. L'inconnu rejeta son capuchon en arrière, et le petit garçon eut un mouvement de recul, mâtiné de peur. L'homme avait le visage presque anéanti par une longue et large balafre rouge, qui partait de la gauche de son front, et ne se terminait qu'à la droite du menton.
- Je te fais peur, enfant ? s'inquiéta l'étranger.
Louis ravala sa salive, et fit "non" de la tête, bien que ce fût un mensonge. Guy aurait dit certainement dit non, lui aussi... comme le seigneur Bertand, sans aucun doute. Mâme s'il se souvenait si peu de Bertrand.
- Je ne suis pas beau à regarder, je le sais, reprit l'homme d'une voix amicale. Ces blessures sont les aléas de la guerre.
La guerre... ce n'était qu'un mot pour Louis. De toute sa vie, il n'avait connu que ce village de Sombreval, calme et monotone. Il lui arrivait, comme à tous les petits garçons, de rêver qu'il était un héroïque soldat du Christ, dont la bravoure ferait oublier sa bâtardise... Mais ce n'étaient que des rêves d'enfant. Des rêves qui lui convenaient si peu...
- Nous errons, mon écuyer et moi-même, depuis un bon moment dans cette forêt. Connaîtrais-tu le chemin qui mène au castel de Sombreval, gamin ?
Sans savoir pourquoi, Louis faisait maintenant confiance à ce drôle d'homme défiguré. Et lui qui ne parlait pour ainsi dire jamais, se fendit, douloureusement, d'un "oui, messire". Et ajouta "je peux vous y mener.
L'étranger sauta à bas de son destrier. Il voulut prendre le petit garçon sous les aisselles, afin de le hisser sur le cheval. Et fit étonné par le geste de protection farouche qu'eut l'enfant, envers un paquet qu'il serrait contre son coeur.
- Qu'est-ce cela ? demanda l'homme.
Quand Louis lui eut montré son hérisson, il le gourmanda.
- ce n'est pas bien de sortir ces petites bêtes de leur abri en plein hiver. Comment veux-tu qu'il survive seul, maintenant ?
Le petit garçon secoua vigoureusement la tête. "C'est pas moi" réussit-il à articuler. "Trouvé".
Curieusement, le sermon du chevalier lui avait mis du baume au coeur. Cet homme aimait les bêtes. Il était sans doute quelqu'un de bien.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.