Chapitre 15:
Les Croisés.2.
(par
michele huwart, ajouté le 01/02/06 09:00)
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Valentine sortit de la porcherie avec soulagement. Elle n'aimait pas cet endroit. Pas à cause de l'odeur. Elle n'y faisait même plus attention. D'ailleurs, ses porcs étaient plutôt ben entretenus. Elle en avait peur, tout simplement. Elle craignait ces grosses bêtes passablement agressives, qui devaient lire dans son esprit que, si elle les nourrissait, c'était en vue de les transformer en jambons et en petit salé. Elle ne prêta guère attention aubruir des sabots claquant sur les pavés de la cour, se disant sezulement "déjà... l'oncle Helmgaud a fait vite...". Elle ne se retourna que lorsqu'une voix inconnue l'interpella par son nom, la faisant sursauter. Elle se retrouva fa ce à eux. Deux cavaliers, dont l'un tenait devant lui un Louis visiblement enchanté par la promenade. Elle tendit les bras vers l'enfant, le posa sur le sol. Le petit garçon lui dévoilà son précieux faedeau. - Louis, voyons !le gronda la jeune fille. Tu le sais bien, voyons, qu'il ne faut pas déranger les hérissons en hiver ! - Ce n'est pas lui, expliqua l'étranger en mettant pied à terre. Il l'a recueilli, simplement... Valentine embrassa le petit garçon. - J'aurais dû m'en douter, lui dit-elle. Allez, file à la cuisine. Donne-lui du lait. On verra bien s'il mange... Tu sais où tout se trouve . - Drôle de gamin... observa l'étanger. - La vie des bâtards est tout sauf facile, répondit laconiquement Valentine. L'étranger ne releva pas la remarque. Il aida, avec des gestes paternels, son compagnon à descendre de sa monture, avant de se présenter à la jeune fille. - Joseph, baron de Froidmont, pour vous servir, ma Dame. Ce jeune homme est mon neveu et écuyer, Bernier. Il hésita, avant de reprendre : - Nous arrivons de Jérusalem, Dame... Valentine poussa un petit cri, portant la main à la bouche. Puis, son éducation reprenant le dessus, elle se souvint de ses devoirs d'hôtesse, invitant les deux hommes à entrer. Joseph la remercia chaleureusement. - Nous ne voulons pas vous créer d'embarras, Dame. Elle protesta. Tout étranger se devait d'être accueilli à Sombreval. Particulièrement en hiver. Particulièrement les soldats du Christ. Particulièrement les hommes qui auraient pu... - Je dois dabord m'occuper des chevaux. Ils ont fait un long voyage. Quelqu'un parmi vos gens pourrait-il m'assister ? Elle apprécia l'attention que... Joseph, c'était cela... portait à sa monture. Mais ne put réprimer une certaine gêne en lui avouant qu'elle se trouvait seule au castel. - Ma nourrice est allée rendre visite à sa soeur, à Florenville. Son fils, Colin, l'a accompagnée. Je peux demander à Louis. Le chevalier répliqua avec un bon sourire qu'il arriverait à se débrouiller seul, si elle avait la bonté de lui indiquer l'écurie. Valentine, elle, observait son compagnon. Très jeune, très pâle, il semblait avoir atteint l'extrême limite de l'épuisement. - La grande porte. La deuxième, à gauche, indiqua-t-elle. Et vous, Messire, ajouta-t-elle à destination de Bernier, venez avec moi. Il me semble que votre Seigneur ne requiert point vos services.
Bernier se laissa lourdement tomber sur le banc qui faisait face à l'âtre. Valentine l'aida à ôter son lourd manteau raide de gel. Elle constata alors avec effroi que le jeune homme était manchot, et, lui prenant la main qui lui restait, qu'il brûlait de fièvre. Ce garçon avait visiblement besoin de soin. Et elle ne connaissait pas grand chose à l'Art de guérir... Mais Guy connaissit bien les plantes... |
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