Chapitre 16:
Rencontres
(par
Isiliel, ajouté le 20/07/06 21:42)
|
Une main caressa ma joue et j’entendis la voix d’Elrohir me dire : "Le soleil se lève. Il faut s’éloigner d’ici. "
Je gémis de désespoir. Je venais tout juste de trouver un sommeil paisible et une grasse matinée me tentait bien. J’ouvris néanmoins les yeux pour voir Elladan éteindre le feu, tandis que son frère récupérer les flèches tirées cette nuit. "Et les chevaux ? -Pas de nouvelles. "
Nous continuâmes donc à pied. La forêt était toujours plus sombre et silencieuse, à mesure que nous avancions. Puis soudain, nous nous retrouvâmes à la lisière. Une immense prairie d’herbes folles s’étendait devant nous. Le nuage qui cachait le soleil passa et l’astre du jour nous inonda de ses rayons. Que c’était bon de revoir la lumière !
Un meuglement sur notre droite attira notre attention. Au milieu d’un troupeau de vaches brunes, un homme vêtu d’un manteau en patchwork de fourrures nous regardait d’un air effaré. Etait-ce le fait que nous avions survécu une nuit dans la forêt ou celui que nous étions couvert de sang s’échappant des morsures ? En tout cas, il prit ses jambes à son coup quand il se vit repéré.
Elladan poussa un sifflement mélodieux, si puissant qu’un écho nous parvint des montagnes. Trois hennissements répondirent. Nos montures arrivèrent au galop. Elles aussi avaient la peau entaillée à de multiples endroits. Elrohir sortit de son sac un petit pot scellé. "Je l’avais emporté à tout hasard. C’est du baume cicatrisant. "
J’avais pour ma part ma plus grosse blessure à la gorge, là où le premier farfadet m’avait mordu. Je me donnai l’impression d’avoir croisé un vampire. Nous repartîmes, couverts de tâches vert clair du meilleur effet.
Le gardien de troupeau fut le seul homme du Pays de dùn que nous vîmes. Pourtant, ils étaient là, nous épiant. Nous sentions parfois leur présence furtive, mais ils n’essayèrent jamais de s’en prendre à nous.
Une semaine plus tard, ce fut le tour d’un autre peuple de la Terre-du-Milieu de croiser notre chemin. La route s’était rapprochée des montagnes. Le paysage se faisait plus rocheux. Un jour de début Narbeleth (octobre), en fin de matinée, un chœur de voix graves qui chantaient nous parvint au détour d’un chemin. Enfin parvint aux deux frères, je dus attendre un peu plus longtemps pour les entendre. "C’est du khuzdul, dit Elladan. "
Effectivement, du virage surgit une cinquantaine de nains. Ils allaient à pied, quelques chevaux portaient des bagages. "Salut et bonne rencontre, enfants d’Aulë. Mavoisi, Elrohir et Elladan de Fondcombe, pour vous servir. "
Il avait utilisé la formulation naine des salutations en Langage commun que je comprenais maintenant assez bien. "Noli, fils d’Oïn et ses compagnons d’Aglarond, à votre service, répondit le meneur."
Elrohir me précisa à l’oreille que c’était un cousin germain de Gimli. "Quelles nouvelles des gens des Cavernes Scintillantes ? -Certains des miens et moi-même avons décidé de réoccuper la Moria. " La surprise nous rendit muets.
"Le Fléau de Durin a été détruit. Il y a bien longtemps que Khazad-Dùm devrait être rouverte. -Des gobelins et des orcs la hantent peut-être encore, objecta Elrohir, et les portes ont été obstruées. -Nous les déterrerons et les orcs, c’est notre affaire, Noli en haussant les épaules. D’ailleurs, depuis le temps, ils doivent plus être très nombreux. "
Finalement, une pause déjeuner générale fut décider, tandis que les Jumeaux et Noli échangeaient des nouvelles. Ils nous apprit que Doli, son frère et actuel Seigneur d’Aglarond, pensait envoyer des émissaires au Harad où se trouveraient de fabuleuses mines de diamants et qu’Eogel, roi du Rohan et petit-fils d’Eomer, avait fait une grave chute de cheval qui laissait craindre qu’il ne passerait pas l’hiver.
Elladan prévint Noli pour les farfadets et j’en profitai pour l’interroger sur Tolkien. Mais il n’avait aucun souvenir de l’avoir rencontrer.
"Mais moi, oui, intervint un nain à côté de nous. Thornin, pour vous servir. Ca doit faire 20-25 ans à Meduseld. Il était à la cour du roi Eogel. On a passé des heures à discuter autour d’une bière. Enfin, il posait des questions, je répondais. Il voulait tout savoir sur nous, notre histoire. Il prenait tout le temps des notes dans une écriture que je ne connaissais pas. " Edoras était donc notre prochaine destination.
Nous reprîmes la route, après nous être mutuellement souhaité bonne chance. A mesure que nous approchions du Rohan, les Montagnes Blanches grandissaient devant nous. Puis la route obliqua vers l’Est et les deux chaînes de montagnes s’arrêtèrent à une trentaine de milles l’une de l’autre, formant deux sentinelles gardant le passage :la Trouée du Rohan. L’Isen vint bouillonner à nos côtés et nous arrivâmes enfin en vue des Gués.
Une vingtaine d’hommes nous y attendaient. Celui qui semblait être le chef était planté au milieu du fleuve. Ses cheveux blonds flottaient dans le vent d’Est et un demi-sourire sardonique lui haussaient le coin des lèvres. "Bienvenus dans le Riddermark, clama-t-il en écartant les bras. Pour des raisons de sécurité, il faut que vous me disiez vos noms et la raison de votre venue ici. -Mavoisi, Elrohir et Elladan de Fondcombe, répondit Elladan en fronçant les sourcils, visiblement surpris par cet accueil. Nous avons à faire à Edoras. -Certes, mais je dois savoir exactement quoi, dit notre interlocuteur d’un air faussement désolé. -Ce n’est pas un secret, répondis-je d’une voix. Nous cherchons des personnes ayant connu un certain John Tolkien. Ce nom vous dit quelque chose ? "
L’homme fit mine de réfléchir. "Non, absolument pas. -Bien, nous continuerons donc notre chemin, dit Elladan en faisant avancer son cheval. "
Mais l’homme se plaça devant. "Pour des raisons d’économie, je dois vous demander un droit de passage, dit-il d’une voix doucereuse. -J’ignorai que les affaires du pays allait si mal, répondit l’elfe dont les yeux se rétrécir d’une manière inquiétante. -Vous avez l’air de gens pour qui l’argent n’ai pas un problème, objecta l’homme en flattant l’encolure du cheval de mon ami. A moins que la jeune fille ne veuille payer avec sa vertu ? "
A ce moment, Elrohir, qui n’avait encore rien dit, banda son arc en un éclair et pointa sa flèche sur l’homme. Ses compagnons tirèrent leurs épées ou préparèrent leurs lances, mais Elladan pointa une flèche sur l’homme le plus proche, tandis que je dégainai Turumacil. Vous n’imaginez comme on peut se sentir courageuse quand on est encadrée par deux archers hors-pairs… "Je pensais que la proximité de héros tombés au combat pour la liberté du Rohan vous inspirerait plus de dignité, dit Elrohir en désignant le Tertre des Gués de l’Isen. Peut-on connaître votre nom, cavalier sans honneur ? -Nous sommes vingt-et-un contre trois, affirma l’homme en se renfrognant. -Aucun de vos homme ne sera assez rapide pour vous empêcher de mourir. Votre nom. -Frélaf. "
Visiblement, l’opération ne se passait pas comme prévu. "J’ose espérer que vous nous laisserez passer. En tout cas, je l’espère pour vous. " Frélaf s’absorba dans un débat intérieur, puis ordonna de mauvaise grâce à ses hommes : "Laissez les passer. "
Sans se presser, ils s’écartèrent. Nous passâmes au trot, les deux frères tenant toujours en joue leurs cibles. Quand nous fûmes hors de portée des lances, ils rangèrent leurs arcs. "L’autorité du roi Eogel a l’air particulièrement contesté depuis son accident, fit Elrohir. -Je n’imaginais pas les rohirrim en bandits de grands chemins, murmurai-je, un peu ébranlée. -Aucun peuple n’est épargné par la tentation de prendre le mauvais chemin. "
Je me rappelai alors que certains elfes n’avaient pas, eux non plus, pu résister.
|
|
Voir le
chapitre 16 sur 26
|
|
|
Script fourni par
,
adapté et modifié par .
|