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Conte de Noël : Valentine

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 16: Bernier
(par Gurth, ajouté le 02/02/06 00:15)


« Guy, Guy ! »

Guy fronça les sourcils et ne répondit pas, trop absorbé par la préparation de son philtre. Il en était à la phase finale, la mise en bouteille. Il mélangerait le breuvage avec l’eau de vie préparée par Berthe à l’automne. Un innocent breuvage dans un joli flacon, en présent pour Dame Valentine. « Guy, Guy ! » Il tourna la tête ; Louis était à l’entrée de la cabane. « Viens… au manoir… vite. » Guy soupira. Il ne finirait pas encore son philtre maintenant, semblait-il. Il réalisa soudain les mots de Louis : au manoir… vite. Il se leva brusquement. Valentine était-elle en danger ? Si jamais Helmgaud ou un de ses hommes… Sans perdre de temps à demander plus d’explications à l’enfant, il courut vers le manoir. Louis lui emboîta le pas.
Ses inquiétudes concernant le baron furent vite dissipées : Guy l’aperçut qui revenait de la forêt avec ses sbires. Mais alors ? Il se hâta un peu plus, ignorant Helmgaud et même Louis qui avec ses petites jambes peinait à le suivre.

Enfin, il arriva au manoir. Valentine était dans la cour, apparemment elle l’attendait. Il poussa un soupir de soulagement et reprit son souffle. Valentine sourit, mais son air était grave. « Merci d’être venu si vite, Guy. Venez, quelqu’un a besoin de votre aide ! » Elle l’entraîna à l’intérieur. Deux inconnus se tenaient près du feu. L’un d’eux était allongé sur un banc, et l’autre était penché sur lui. Guy eut un mouvement de recul, mais Valentine lui prit doucement la main et le regarda. Il lut la confiance dans ses yeux, et fut rassuré. Et les doigts de Valentine touchaient les siens… Il n’eut pas le temps d’y penser trop longuement. Valentine l’emmena auprès de l’homme allongé sur le banc. « Voici Bernier » dit elle. « Il est l’écuyer du baron de Froidmont » Celui-là, c’était l’autre bien entendu. Guy le dévisagea. Un chevalier au visage balafré. Un homme qui avait vu des batailles. Combattu, l’épée à la main. Il parla doucement : « Eh bien, maître Guy, ça n’est pas moi qu’il faut soigner, quoiqu’en dise ma figure. » Guy rougit. Mais la voix du chevalier était amicale. Et il l’avait appelé maître… Il se pencha vers Bernier et posa sa main sur le front brûlant. Une terrible fièvre. Certainement provoquée par l’amputation. Guy défit le bandage autour du bras, révélant le moignon, fraîchement cautérisé. La cicatrice était belle. Mais alors, cette fièvre ? Guy ne savait que faire. « Il n’y a pas du suppuration, dit-il. Il faudrait un baume d’herbe de Saint-Jean pour la brûlure. J’en ai chez moi. Pour la fièvre… » Il se gratta le menton. « Je ne sais que faire, mais quelqu’un du village pourrait peut-être… Beckky. Puis-je aller la quérir, ma Dame ? » Valentine hocha la tête. « En attendant, je conseillerais de l’éloigner du feu, mais prenez garde à ce qu’il ne soit pas dans les courants d’air… »
« Diantre, que se passe t-il donc par ici ? » C’était Helmgaud qui venait ainsi de signaler bruyamment sa présence. Tandis que Guy s’éclipsait, Valentine fit rapidement les présentations. Helmgaud jeta un regard suspicieux à Joseph de Froidmont. « Vous revenez de croisade, messire ? » demanda t-il.
« En effet, répondit Joseph. »
« Peut-être alors avez-vous des nouvelles de mon neveu, Lambert de Roccourt… »
« J’ai des nouvelles à apporter ici, oui, dit Joseph. Valentine tressaillit. Mais pour l’heure, il me faut d’abord m’occuper de mon écuyer. »
« Ah oui, celui là, fit Helmgaud. » Joseph fronça les sourcils. « Que lui est-il arrivé ? Blessure de croisade ? »
« Non. Il y a dix jours, alors que nous accompagnions un convoi, le cheval qui tirait un chariot s’est emballé et Bernier a essayé de le rattraper. Il est tombé et son bras a été écrasé. J’ai amputé et nettoyé la plaie, puis j’ai cautérisé du mieux que j’ai pu. Après quelque repos, cela a semblé s’améliorer, et nous avons même pu reprendre la route. Mais depuis quelques jours, même s’il n’a rien voulu en laisser paraître, son état s’aggrave… »

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.