Chapitre 17:
Daelerya et le secret de la forêt de Kiosoké.
(par
Linaël, ajouté le 24/05/03 13:11)
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(Bien bien...Dans un soucis d'évolution constante, je me suis lancée le défi d'écrire une nouvelle sur le thème de l'Amitié sans y réfléchir au préalable. Cet écrit vient de mon coeur aussi soyez indulgents...Bonne lecture tt de même :-) )
Un silence irréel régnait sous la cîme des arbres. Dûe à l'épaisseur du feuillage, une pénombre fraîche stagnait et un fin brouillard dissimulait le sol de terrre couvert de racines, de mousses et de feuilles mortes. Pas de gazouillements d'oiseaux chantant leurs adieux au soleil qui courbait l'échine devant l'hiver, ni de bruits de grattements précipités de rongeurs se cherchant un endroit sûr et chaud pour hiberner.
Rien que ce silence pesant, comme l'annonce secrète d'un malheur proche...
Soudain, sur l'unique chemin désert de terre battue auquel les arbres immenses semblaient tracer une haie d'honneur, un martèlement sourd et rapide se fît entendre.
Comme sous l'effet de ce bruit imprévu,les feuilles des arbres bruissèrent et le vent se leva le temps d'une légère plainte entre les troncs millénaires dans une magnifestation de mécontentement.
Une fine silhouette débouchat alors du sommet de la petite colline où serpentait le chemin. Sa maigre poitrine se soulevait vite, et elle s'arrêta un moment, pantelante et frissonnante. Mais, après un coup d'oeil rapide derrière elle, elle dévala la pente en reprenant sa course, une lueur de panique dans ses yeux clairs et plissés comme un félin. Fébrile, elle ne vit pas la grosse racine pointer vers le ciel et trébucha dessus, roulant en boule jusqu'à la base de la colline, où elle s'affala comme une vulguaire poupée de chiffon.
La joue contre la terre humidifiée par le brouillard,les yeux ouverts mais absents,le souffle rapide et haché, la jeune créature n'avait plus la force de se relever. C'en était fini, elle avait assez lutté...Ses membres ne lui répondaient plus et elle souffrait dans des parties de son corps dont elle ne soupçonnait pas même jusqu'à l'existence.
Elle semblait évoluer dans un autre monde. Ce brouillard, cette terre si dure,..., elle ne pensait plus à rien, le refusait. Elle entendait vaguement, comme de très loin, le bruit des sabots marteler le sol et se rapprocher, se rapprocher de plus en plus. Elle perdit connaissance à l'instant même où elle sentit qu'on la soulevait.
C'était une grotte. Les murs de roche grise luisaient d'humidité, et les reflets du feu les rendaient semblables à un lac d'eau noire à la verticale. Une odeur de viande cuite emplissait l'endroit, et c'était cette odeur qui l'avait réveillée, emplissant ses narines et rappellant à son estomac qu'il n'avait plus mangé depuis plusieurs jours. A présent, la créature grimaçait sous les crampes que lui infligeait celui-ci mais n'osait bouger. Où était-elle? Elle ne se souvenait que de sa course folle qui avait duré deux journées et une nuit,des champs qu'elle avait traversé, des buissons d'épines dans lesquels elle était tombée et de ces bruits, caractéristiques et incessants de ses poursuivants. Les piaffements des chevaux, leurs sabots qui martelaient le sol avec impatience, les ordres lancés par leurs cavaliers...Elle avait l'impression que tout cela emplissait encore ses oreilles et que jamais elle ne s'en débarasserait.
D'ailleurs, où étaient-ils? Ils ne l'auraient certainement pas laissée là toute seule, sans surveillance. Pas après le mal qu'ils s'étaient donné à la rattraper. Mais que savait-elle de leur manière de faire, après tout? Elle était une étrangère dans un monde étranger.
Après avoir bien écouté et vérifié qu'elle était seule, elle se releva sur un coude en gémissant de douleur. Tout son corps lui lançait dans avertissements à ne pas trop bouger, mais c'était surtout sa jambe droite qui la faisait le plus souffrir. Elle tenta de la bouger, mais remarqua une large bande tressée de tiges rattachée à une poulie qui maintenait sa jambe immobile et surélevée. Elle avait également d'autres petites bandes de la même confection sur son bras droit et des taches d'une pomade verdâtre et collante sur le reste de son corps nu, simplement recouvert d'un peu d'herbe. La créature fronça les sourcils et regarda une nouvelle fois autour d'elle. Qui lui avait fait ça? Elle doutait que ce soit ses poursuivants. Mais alors...Elle tenta de se rappeller du moment où elle avait perdu connaissance. Ses souvenirs semblaient nager dans un épais brouillard mais elle parvint à se souvenir d'une présence survenue soudain à ses côtés et d'une forçe qui la soulevait de terre. Ensuite, le néant. Si ce n'étaient pas les Cavaliers qui l'avaient conduite ici, qui était-ce?
C'est à ce moment qu'elle entendit des pas. Le coeur battant, elle se recoucha et se remit dans la position dans laquelle elle s'était réveillée , la tête tournée vers le mur et ferma les yeux.
Elle entendit le nouveau venu s'arrêter près d'elle, remettre un peu d'herbe sur son corps et elle eut du mal à retenir un frisson. Il s'éloignat ensuite et sembla s'affaisser près du feu et couper quelque chose dans un bol creux en bois,d'après la résonnance sourde qui lui parvenait. Elle serra les poingts en se rendant compte que la créature revenait vers elle.
-Faire semblant de dormir mauvaise chose, lâcha l'inconnu avec un accent guttural prononcé. Lever toi pour reprendre forces. Elle refusa tout d'abord de bouger mais l'odeur alléchante qui semblait plus près d'elle à présent lui tordait l'estomac comme un vulguaire torchon. Elle se redressa comme elle le pût , yeux baissés, refusant de regarder son sauveur. Qui pouvait lui confirmer que c'était bien un sauveur et pas d'autres ennuis? Dans ce cas, pourquoi l'aurait-elle soigné, elle l'ignorait mais entre ses douleurs physiques et sa lassitude morale, elle ne savait plus grand chose et n'aspirait qu'à manger quelque chose. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est que la créature s'accroupisse devant elle et lui tende le bol de viande coupée en petits morceaux.
Elle se retrouva nez à nez avec un front large et noir,une tête tout à fait poilue où un nez proéminent jaillissait entre deux petits yeux porcins noirs,juste au-dessus d'une grande bouche qui semblait retenir difficilement des dents tendues vers l'avant. -Toi manger ! dit cette même bouche.
La frêle créature se colla au mur dans un sursaut ponctué d'un petit cri d'effroi. Alors c'était donc ça, son "sauveur"? Un troll à la dentition déformée? Elle avait la sensation de replonger dans le cauchemard qu'elle venait à peine de quitter. -Toi pas devoir craindre moi, reprit le troll,d'un ton qu'il aurait très bien pû employer avec un enfant pour le rassurer.Elfe être en sécurité avec troll. La jeune Elfe sentait confusémment qu'il disait vrai, qu'elle était enfin en sécurité après ces jours sombres, mais ses origines la faisait rester méfiante. Pourquoi était-il seul dans cette forêt étrange? Où était le reste de sa tribu?
-Je m'appelle Daelerya, se risqua-t-elle en prenant le bol des mains de son compagnon insolite.
( Je m'excuse,je tenais beaucoup à l'écrire d'une traite, tt est ds ma tête mais les obligations mondaines ne pardonnent pas...lol,la suite très bientôt c promis.)
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