Chapitre 17:
Noël dans les Highlands.3.
(par
michele huwart, ajouté le 07/07/08 15:20)
|
Une soupe de légume fumantes nous attendait. Je mangeai lentement, tandis que mon frère monopolisait la conversation.. Ce ne fut qu’une fois le repas terminé que mon père daigna se tourner vers moi, et demander « Et toi ? ». « Moi », je n’étais qu’une littéraire, pas une scientifique. Je fis très vite l’impasse sur des études qui ne l’intéressaient aucunement, pas plus qu’elles n’intéressaient ma mère. Un « tout se passe bien » suffisait. - J’ai trouvé du travail, le mois dernier. - Je sais, dit ma mère. Tu nous l’as écrit. Ca te plaît ? - Sir William n’est pas avare. Et son manoir est un cadre splendide. … pas comme ce cottage minable, sordide, sans confort ni beauté. Pas comme ce témoignage de torchis de notre déchéance… - D’après Marge, tu passes beaucoup de temps chez lui. J’ose espérer que ce n’est que pour raisons professionnelles. Je restai bouche bée devant l’insinuation. - Pour raisons amicales, aussi, répliquai-je, furieuse. Amicales, et rien d’autre. J’aime beaucoup Sir William. Oui. Je l’aimais. Comme un ami. Comme un mentor. Comme un père. - Un père riche, me fit remarquer amèrement, celui que Dieu m’avait donné. Riche, oui. Immensément riche. Intelligent. Artiste. Et « littéraire ». Je quittai la table sans mot dire, escaladai l’échelle qui menait aux combles et fit retomber brutalement la trappe d’accès. Dans l’obscurité, j’ouvris mon sac de voyage, me déshabillai, enfilai un pyjama molletonné et me glissai sous la couette. Je fermai les yeux. Le vent marin se fracassait contre les contreforts des montagnes, menaçant dans mon imagination d’emporter le toit, d’emporter la maison tout entière. - Tu dors, Catherine ? La voix de mon père me fit sursauter. - Non. Je n’avais pas envie de parler. De discuter. De me disputer. Surtout pas au sujet de Sir William. - Je te demande pardon. - C’est Maman qui imagine que j’ai couché avec mon patron. - Pas pour ça. Pour… - Papa, arrête ! - Catherine ! - Arrête ! Je t’ai pardonné. Ne me demande pas d’accepter. Tu es Marquis de Dale. Tu es Docteur en Chimie. Et tu mènes une vie dont ne voudrait pas le dernier des chômeurs. Alors, cesse de me demander pardon. Réagis ! Je me retournai sur ma couche, entendis son pas s’éloigner. Le rappelai. - Papa ? - Oui ? Je lui avais fait de la peine. Je le savais, mais n’avais aucun désir de m’excuser. - Corwin McAllistair nous a invités, Steve et moi, demain soir. - Demain soir, c’est le 24, fit laconiquement mon père. Et la Messe. - Et alors ?
|
|
Voir le
chapitre 17 sur 42
|
|
|