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Au-delà des frontières

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 18: Faiblesse
(par Isiliel, ajouté le 10/12/06 22:45)


Tout cela commençait à faire trop de problèmes à gérer en même temps. Je rentrai dans le palais, secouée de sanglots. Mais je me trompai de couloir et, la vue réduite par l’obscurité, je percutai quelqu'un. Je m’excusai en Sindarin, et avant d’avoir pu rectifier en Langage commun, une voix féminine me répondit en elfique.
"Oh, vous êtes l’amie de mes oncles. Je ne vous ai pas encore souhaité la bienvenue. "

Sur le coup, je ne compris pas, puis tout se mit en place. C’était Silmiel, la fille d’Arwen, sœur des Jumeaux.
"Ma dame…"

Nos voix étaient toutes deux lourdes de tristesse. Mais tandis que la sienne restait claire, la mienne chevrotait à la limite de l’inaudible.
"Venez avec moi. "

Elle me fit entrer dans sa chambre. La lumière vacillante d’un feu de cheminée faisait flamboyer les murs rouge et or.
"Vous avez l’air désespéré. Que se passe-t-il ? "
Je me sentis soudain très faible. Mes jambes se dérobèrent sous moi. Je m’évanouis.

J’étais tombée malade. Je passai trois jours dévorée par la fièvre, l’esprit perdu dans des rêves plus réels que la réalité. En y repensant, c’est un miracle que je ne me sois pas écrouler plus tôt, voyageant dans le froid et la pluie, passant la nuit sur le sol humide. Le liquide d’Elrohir m’avait aidé à tenir, mais j’avais fini par atteindre mes limites.

Ce furent trois jours sombres. J’avais l’impression de brûler, je me tordais pour échapper aux couvertures qui m’étouffaient, puis gémissais sous l’assaut du froid. Entre deux éclairs de lucidité floue, je rêvais de ma famille que je ne parvenais pas à rejoindre, malgré mes efforts éperdus.
Et enfin, au milieu de l’angoisse, une voix me parvint.
"Reviens vers nous, Mavoisi. "

Je finis par ouvrir les yeux. J’étais dans le lit de Silmiel. La lumière blanche entourait la personne à mon chevet d’une aura éblouissante. Elle se rapprocha et je la distinguai.
"Tu nous a fait peur, dit Elrohir.
-Je ne suis pas aussi résistante que je le croyais. A quoi je pensais en venant jusqu’ici ? répondis-je en souriant faiblement.
-Au plus important, dit-il en m’embrassant la main. Repose toi. La prochaine étape est Minas Tirith. Seize jours de voyage. "

Je ris, autant que mon état pouvait me le permettre, et me rendormis, d’un vrai sommeil paisible. Quand je me réveillai à nouveau, Silmiel était à mes côtés. Elle s’occupa beaucoup de moi.

C’était une femme magnifique, âgée de 125 ans, mais qui grâce à son sang numénoréen et elfique, n’en paraissait que 50. Elle avait eu une vie douloureuse. A 20 ans, elle était tombée amoureuse d’Elfwyne, de 18 ans son aîné. Bien que sachant qu’elle vivrait plus longtemps que lui, elle l’avait épousé. 54 ans plus tard, il s’éteignait, alors qu’il restait à son épouse bien des années pour chérir son souvenir. Et voilà que, quelques jours plus tôt, leur unique enfant lui était aussi enlevé. Malgré la douleur, elle ne concevait aucune amertume, priant seulement pour ne pas assister à nouveau à la mort de quelqu’un qu’elle aimait.

Ma convalescence dura une semaine. J’appréciai particulièrement de ne pas chevaucher toute la journée et de rester à discuter avec Silmiel, car les conversations avec mes amies de Fondcombe me manquaient.

Nous reprîmes finalement la route. On m’avait offert des vêtements de cavalier du Rohan, beaucoup plus chauds que les vêtements elfiques. Ce fut heureux, car un vent d’Est frigorifiant se leva le lendemain de notre départ.

La route serpentait au pied des Montagnes Blanches. C’était le domaine de la forêt : les saulaies des bords de rivières, les chênaies des collines, les pineraies des rochers. Sur notre droite, nous pouvions apercevoir parfois les marais de l’Entalluve.

Mes rapports avec Elrohir s’étaient teintés d’une certaine réserve. Nous nous comportions comme deux bons amis, sans plus, et cette solution m’apaisait.

Nous entrâmes en Anorien en même temps que dans le mois Girithron (décembre). Puis ce fut le tour des Champs du Pelennor, par le Rammas Echor, et enfin, à l’ombre du Mindolluin, apparut Minas Tirith, la Cité au sept remparts, aussi blanche que la neige qui commençait à tomber.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.