Chapitre 19:
Indiscrétions
(par
michele huwart, ajouté le 20/02/04 13:59)
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Je ne mis pas longtemps à écorcher la bête. J'étais devenu expert en ce genre de choses. Deux compagnons vinrent m'aider, ensuite, à la transformer en morceaux de boucherie. Appétissants. Un cuissot fut bientôt mis en broche, par dessus le feu. L'odeur s'en répendit dans l'air. Plus appétissante encore. Je terminai mon travail. Mis de côté une grosse tranche de foie cru. Et allai jeter la tripaille dans la forêt. Elle y ferait le régal de nos congénères à quatre pattes. Je me rapprochai alors des autre. Pas d'Androg, qui me fixait d'un oeil mauvais. Mais, petit à petit, mes acompagnons se rendaient compte d'une chose. Mon attitude leur avait évité le pire. Si j'avais tué l'Elfe, la fureur de Neithan aurait été terrible. Il m'aurait tué, à coup sûr. Et Androg. Et beaucoup d'autres. Avant, peut-être, de succomber sous le nombre. L'un ou l'autre me fit un sourire gêné. J'essayai d'y répondre. Maladroitement. Mais je n'étais plus là. Plus avec eux. Je m'éloignai. Malgré la viande. Je n'avais pas faim.
A quelque distance, mon Seigneur, enveloppé dans mon manteau, était en grande discussion avec le Capitaine. Je m'approchai, une gamelle à la main. Silencieusement comme j'avais appris à le faire pendant mes longues années d'errance. Suffisemment por attrapper de mots au vol. Pas vraiment ceux d'une dispute. Mon Seigneur voulait que Neithan accepte le pardon du Roi. Retrouve sa place dans son armée. Face aux troupes du Ténébreux. Neithan campait sur ses positions. Il refusait. Il ne voulait pas de ce pardon. Il n'avait rien fait de mal. Et sa place était ici. Mon Seigneur se vit proposer de reter parmi les hommes-loups. Il rétorqua devoir s'en retourner en Doriath. La guerre était proche. Les hacèlement du Ténébreux, nombreux. Il était au service de son Roi. Leurs positions étaient inconciliables. Pourtant, chacun gardait son calme. Je voulus m'approcher un peu plus. Leurs voix se firent plus fortes, et je stoppai net. Ils parlaient d'une femme. D'une jeune fille Elfe. Qui aurait aimé Neithan. Qui l'aurait sauvé. Et que Neithan avait oubliée. Ce fut la seule fois que je vis mon Seigneur en colère. Il se dirigea vers la rivière, et Neithan rejoignit nos compagnons.
- Tenez, lui dis-je, lui tendant la gamelle. Celà vous fera du bien. Il jeta un coup d'oeil à la viande. - Du foie cru ? Je ne suis plus malade, mon ami. Je vais bien. Il le dévora, pourtant. Sans grimacer, ce qui aurait été au dessus de mes forces. - Merci, me dit-il, après avoir mangé. Pour votre sollicitude, autant que pour la viande. Je haussai les épaules. - C'est la mondre des choses, après ce qui s'est passé. Il semblait triste. Plus, même. Profondément malheureux. Plus blessé par l'attitude de Neithan que par les coups et les privations. - Je m'en vais demain, dit-il brusquement. A l'aube. - Demain ? m'étonnai-je. Mais, Monseigneur, vous... Il avait beau insister sur le fait qu'il allait bien, c'était faux, et je le voyais. Et il savait que je le voyais. - Je serai reposé, demain, insista-t-il. Il est inutile que vous vous inquiétiez pour moi.Je guéris très vite. Et j'ai l'habitude de cette vie. Depuis des siècles, j'arpente la forêt. Elle est mon amie. Ma vie, en quelque sorte. Non, mon ami, vous n'avez pas à vous inquiéter pour moi. C'est moi qui ai à m'inquiéter pour vous tous. Même si Turin m'a juré qu'il ne s'en prendrait plus qu'aux serviteurs de l'Ennemi, j'ai peur pour lui. - Nous avons, tentai-je timidement, toujours mené une vie dangereuse. Il m'obligea à le regarder dans les yeux. - Ce n'est pas de celà que je veux parler. Vous le savez aussi bien que moi.
Je le savais, oui. Je n'étais pas idiot.
Je restai seul. Longtemps. Le reste du jour, et toute la nuit.
Quand se leva l'aurore, j'avais décidé. |
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