Chapitre 2:
Deux petites étudiantes!
(par
Celeluwhen, ajouté le 14/06/03 04:40)
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Journal de Seronist 19 Nàrië 3017 du 3e Âge Imladris
Quelle belle journée ! Tout s’est bien passé aujourd’hui, à la bibliothèque ; les livres sont en bonne santé, les étagères sont de joyeuse humeur, les plumes glissent avec ferveur et l’encre s’écoule allègrement ! Voyons, mon métier me monte à la tête...
J’ai fait passer à notre précieuse Dame Arwen son examen de Quenya. La pauvre princesse ! Comme j’ai eu de la difficulté à lui faire comprendre ces notions pourtant si simples ! Je me souviens des jours où, quand elle était toute jeune, je lui apprenais à écrire et à lire le Sindarin, sa langue maternelle. Elle était une élève plutôt douée ; elle maîtrisa assez tôt la grammaire sindarine. Toutefois, elle me confia sa lassitude d’étudier les langues, et me demanda de lui enseigner l’histoire de nos terres. Je le fis avec joie ; quoi de plus édifiant, pour une jeune noble, que de connaître le passé des peuples que les gens de sa trempe gouvernent ? Elle décida de replonger dans l’apprentissage des langues seulement quand, après, ma foi, des siècles, elle en eût appris suffisamment sur chacun des épisodes de l’histoire de ce monde pour qu’elle puisse comprendre les agissements de son père et des autres sages de notre époque. Madame choisit le Quenya. Nous passâmes des journées complètes, penchés sur ses manuels et ses parchemins, assis dans le scriptorium, sous la pluie battante du mois de Sùlimë, sous les pins qui entourent la Maison, ou encore sur le balcon inondé de soleil de ses appartements, à répéter les déclinaisons et les pronoms de cette belle langue. Ses progrès furent quand même lents et difficiles. Voilà bien deux yéni, deux centaines d’années, qu’Arwen s’acharne à étudier la langue de ses plus lointains ancêtres, et c’est aujourd’hui seulement que je l’ai jugée prête à passer son examen telda-turúna, la dernière des maîtrises, le plus difficile et plus complexe des trois diplômes à obtenir, celui qui confirme une compréhension de la grammaire, du vocabulaire et de l’expression parlée et écrite de la langue en question. Ma royale élève a passé difficilement ses deux premiers examens avec une note Finë, heureusement sans jamais frôler le Àya. Si je m’inquiétais beaucoup pour celui-ci, c’est qu’elle m’a assuré il y a quelques jours qu’elle abandonnerait l’étude du Quenya si elle ne réussissait pas à le passer avec facilité. Elle a tant étudié, je le sais, le soir, avec sa petite dame de compagnie ! Et elle était si nerveuse, ce matin, en tournant le premier parchemin de son examen! Je crois qu’elle souhaite vivement continuer à apprendre le Quenya avec moi, mais qu’elle est très découragée par ses difficultés. Pourquoi, en effet, ma si brillante élève de Sindarin est-elle soudain devenue une piètre étudiante en Quenya ? Je pense qu’elle est très absorbée par son apprentissage de la harpe, commencé depuis peu mais avec un talent incommensurable selon son maître de musique, mais pourtant... Quand j’ai repris sa copie, avant le repas du soir, j’ai été estomaqué ; il n’y avait pas une seule erreur. Je ne l’ai pas encore entièrement corrigée, mais j’imagine qu’elle aura un résultat semblable à Aman! Comme elle sera contente ! J’espère qu’elle continuera à aimer le Quenya, je n’ai jamais vu une telle réussite en examen, sauf peut-être par Celeluwhen...
Celeluwhen ! Cette petite est incroyable ! Quand elle est entrée ici, à Imladris, il y a quatre années, c’est à peine si cette toute jeune femme parlait le langage normal de l’Ouest, et elle n’écrivait pas du tout en tengwar. Elrond me l’a confiée pour que je l’aide à mieux converser en langage normal de l’Ouest et, si possible, que je lui apprenne à communiquer avec les autres Elfes. Eh, bien ! Après deux mois, elle maîtrisait sa langue première avec une assurance impressionnante. Une année encore, et elle pouvait jacasser en Sindarin avec aise et écrire sans problèmes avec nos belles lettres elfiques ! Depuis, elle a passé ses deux, oui, ses deux premiers diplômes de Sindarin avec la mention Aman, et elle est sûrement sur le point de me réclamer son examen du troisième diplôme. Elle se passionne non seulement pour la grammaire, mais aussi et surtout pour la littérature sindarine. Pendant que j’enseigne à Arwen, cette petite prodige passe parfois des heures à feuilleter des livres sur toutes les langues possibles parlées dans nos terres ; le Quenya, le Sylvain, la langue des Rohirrims, celle des nains, celle du Gondor, ou encore même les parlers obscurs et mystérieux des contrées du sud et de l’est. Mais d’où peut donc lui venir cette passion, cette adoration, presque, pour les langues ? Aujourd’hui, elle m’a annoncé que la langue qu’elle voulait que je lui apprenne quand elle aurait terminé ses diplômes ; l’Entique ! Elle veut que je lui enseigne l’Entique ! Bien sûr, j’en serais capable, mais enfin, voyons... Celeluwhen n’aura jamais fini de m’étonner !
À part tout cela, nous avons reçu les nouveaux manuscrits sur les sciences naturelles de la part de la bibliothèque du Gondor. Ils sont en meilleur état que ce à quoi je m’attendais. Je devrai les étiqueter demain, et ils intéresseront peut-être Glorfindel ou Erestor. S’ils attireront Celeluwhen ? La question ne se pose pas ; elle s’intéresse à tout ! Ah, bien sûr, je ne dois pas oublier de lui trouver le livre de partitions de flûte qu’elle cherche depuis une semaine. Oui, elle s’intéresse à tout ! Je me couche, maintenant. Je suis fatigué, et ma chandelle s’est déjà consumée.
Nàrië, Sùlimë ; Respectivement les mois de juin et de mars. Joli, non ? Fìnë ; Un cheveu, donc passer à un cheveu d’échouer... Ayà ; Effroi, terreur. Pour qualifier une note d’examen, argl... Aman ; Béni, libre de tout mal. Bref, parfait ! Celeluwhen ; Oui, la même que dans Aurestel, mais avant qu’elle ne rencontre Legolas, enfin, vous comprendrez si je trouve le temps d’écrire toutes ses aventures un jour... |
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