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vilonerwë, ou l'histoire d'un nouveau monde

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 2: Rencontres imprévues
(par ladybird, ajouté le 17/06/03 15:11)



Quatre jours s’étaient passés depuis son départ, et déjà il ne savait plus où il se trouvait. « Je dois être à au moins 20 jours de marche de Mirkwood vers le sud. Alors voyons… la grande bataille tenait place en ces lieux. Je ne devrais plus être bien loin du Rohan, à présent… ». Pourtant il ne reconnaissait pas les terres qu’il avait foulé autrefois. Il continua tout de même son chemin, plongé dans ses réflexions lorsqu’il vit se dessiner à quelques pas de lui un cours d’eau. Il s’empressa d’aller s’abreuver et en profita pour se réapprovisionner. Soudain, tandis qu’il se relevait, un grondement se fit entendre. Avec calme il sortit son arc et recula de deux pas. Il lui sembla qu’un grognement sortait des rochers surplombant l’autre rive. Cependant sa vue perçante ne lui permis pas de détecter le moindre mouvement. Et pourtant le grondement se faisait de plus en plus fort, de plus en plus opressant… Vilonerwë s’inquiéta quelque peu mais ne bougea toujours pas… Il attendait… Un silence de mort s’installa et à présent seule la rivière faisait entendre ses cliquetis…
Puis soudain less rochers s’animèrent et l’elfe fit instinctivement un bon en arrière, juste à temps pour échapper à un coup de queue magistral. Les rochers avaient fait place à un dragon d’une ampleur impressionnante. Vilonerwë n’en croyait pas ses yeux. Pourtant il se redressa, banda son arc et fit face. La bête déploya ses ailes et émit un rugissement glacial. Elle tourna sa tête massive vers l’elfe et le regarda fixement de ses yeux jaune d’or. « Il est splendide » pensa Vilonerwë, qui comme tous ses semblables était sensible à la beauté.
Ses écailles d’un rouge sang luisaient au soleil, et l’elfe était à peine aussi grand que l’une de ses pattes.
« Que veux-tu ? demanda ce dernier dans le langage commun. Le dragon eut un air mauvais et répondit en sifflant « j’ai grand faim, petit elfe… ». Vilonerwë savait que ses armes ne lui étaient d’aucun secours contra la cuirasse que formaient less écailles du monstre, plus dure que de l’acier. Il allait falloir ruser…
« Laisse moi passer reprit-il d’un ton qui se voulait ferme. La bête fit entendre une sorte de ricanement sordide « et qui gagnerai-je, avorton ? ». Mais elle ne lui laissa pas le temps de répondre et la gueule grande ouverte fondit sur lui. Vilonerwë roula à terre, puis vivement se redressa et se mit à courir. Les mâchoires du monstre claquèrent dans le vide. Il se retourna et fit face à l’elfe. « Laisse moi en vie reprit ce dernier, et je te dirai où se trouve un fabuleux trésor… ». Vilonerwë avait dit cela en sachant le pêché d’avidité dont souffrait la plupart ce ces êtres crachant le feu. « Trésor ?ssss… » siffla Kasamaug, car tel était son nom. « Et qui me prouve que tu n’essaies pas de me duper, Elfe ? ». Vilonerwë marqua une pause, puis maintenant plus assuré, répondit : « tu dois me croire, Dragon. Des proies tu en as autant que tu le désires, avec toutes ces guerres. Tu n’as pas besoin de moi pour te nourrir. De plus je peux t’indiquer où se trouve un trésor, le dernier encore inviolé en ces terres… Alors qu’en penses-tu ?». Kasamaug le fixa durement. Quelques temps s’écoulèrent quand enfin il se décida à répondre. « Mènes moi à ce trésor et tu auras la vie sauve ». « Tu n’es pas un être de parole, répondit à cela l’elfe. Je refuse. Laisse moi passer et je te ferai une carte où se situe cet endroit ». Le dragon prit à nouveau le temps de la réflexion. Il fit quelques pas, s’ébroua et enfin répondit : » je suis d’accord Vilonerwë, fils d’Anathorwë ». « Comment sais-tu qui je suis ? ! demanda l’elfe, visiblement très surpris. « Nous sommes less gardiens d’un héritage du passé. Cesse donc tes questions vides de sens, et jamais n’oublie que l’heure venue c’est vers les dragons que ton cœur devra se tourner ». Ainsi parla la bête de sa voix grave et lourde, avant de prendre massivement son envol. Vilonerwë resta perplexe. C’était à n’y rien comprendre. Il avait less idées floues et beaucoup de choses semblaient lui échapper. Il continua néanmoins son périple, tout en songeant aux paroles du dragon. Me serai-je trompé sur leur compte ? se demanda t-il. Mais bientôt il dut abandonner là ses réflexions car déjà la nuit tombait et il lui fallait à nouveau trouver un endroit sûr. Un petit saule, en bordure de rivière lui sembla idéal. Il s’installa aussi confortablement qu’il le put, mais eu une fois de plus du mal à trouver le sommeil. Il songea à sa famille, qu’il avait laissé à Mirkwood. Elle lui manquait. Et puis il y avait sa sœur Vilynae, si douce et bienveillante… « Mais qu’ai-je fais ? » se demanda t-il soudain. Une douce mélancolie l’avait saisit en cet instant. Il repensa à la guerre. Oui c’était elle la coupable. C’était elle qu’il fuyait… Les hommes et les elfes autrefois alliés se battaient à présent less uns contre les autres pour des territoires et des idéologies différentes. Less hommes… Vilonerwë frémit en pensant à eux. Ils s’étaient multipliés et avaient eu de plus en plus besoin d’espace. Ils étaient devenus hostiles, et il ne subsistait que peu d’Edains à ce jour en terre du milieu. « Mais less elfes ne valent guerre mieux » se dit Vilonerwë. Ils n’ont pas cherché à arranger less choses, et la plupart d’entre eux s’est laissée guider par de mauvaises pensées et leur cœur s’est empli de haine. Il soupira. Ah qu’il faisait bon vivre jadis. Retrouvera t-on jamais cette paix ? Il caressa délicatement la lame de Cilombra et se mit à chantonner une douce mélodie qui le plongea dans un sommeil paisible…

Au petit matin, après avoir bu une gorgée d’eau et s’être repu de quelques lembas, il se sentit frais et d’attaque pour une nouvelle journée de marche. Il allait se baisser pour ramasser son arc quand en un éclair Cilombra jaillit dans ses mains et l’homme qui avait surgit d’un buisson l’eut aussitôt sous la gorge.
« Qui es-tu et que me veux-tu ? » lui demanda hargneusement Vilonerwë. L’homme bredouilla. Il y a bien longtemps qu’il m’a vu, c’est sûr se disait-il. Quelle idée d’attaquer un elfe… Vilonerwë reposa aussi fortement sa question et commença à s’impatienter. Il n’aimait guerre être pris en traître comme cela. « Mon nom est Malé… et je… j’ai faim » répondit l’homme, apeuré. Il avait laissé tomber le gourdin en bois qu’il tenait. Vilonerwë rangea son épée, le regarda fixement puis, s’en détournant il recommença à rassembler ses affaires. Malé se frotta le cou et ne sut que faire. Il regarda l’elfe. Il faisait à peu près sa taille mais lui même était plus fort. Vilonerwë lui tendit à ce moment un bout de lembas, que l’homme regarda étrangement. « Merci… » chuchota t-il, se demandant comment ce petit bout pourrait le rassasier. L’elfe quand à lui eut tout le loisir d’observer son agresseur à la dérobée. Il était jeune, oui très jeune, à peine 25 années pensa t-il. Ses cheveux châtains tombaient en mèches sur son visage. Il avait le regard clair et puis il portait des habits peu communs : une simple chemise blanche et un pantalon en peau. Mais Vilonerwë n’avait perçu chez lui aucune intention malveillante, si ce n’était une grande faim.
« C’est pas mauvais » dit Malé, qui apparemment appréciait le met elfique. « Il y a longtemps que je n’ai pass croisé d’elfes… Ou vas-tu, et qui es-tu ? ». L’elfe le regarda soudain puis lui déclina son identité « et pour ce qui est d où je vais, poursuivit-il, je ne le sais pas vraiment moi même… ».
Malé ne disait rien. Il avait fini son lembas, et visiblement cette rencontre l’intriguait. « Moi non plus je ne sais pas où je vais, avoua t-il enfin. La guerre s’est déchaînée partout, je n’ai plus de famille. Alors je me nourris comme je peux… » Il baissa less yeux, ne pouvant soutenir l’intense regard elfique posé sur lui. « Je… Je m’excuse de t’avoir agressé » dit-il enfin. Vilonerwë esquissa un sourire puis se mit en route, laissant là le jeune homme. « Hé ! Attends ! » L’elfe l’entendit courir derrière lui. « Laisse moi t’accompagner, je suis perdu, je t’en prie faisons route ensemble Vilonerwë ». Ce dernier s’arrêta, se retourna et dit d’un ton calme :
« là où je vais, maints dangers m’attendent…Es-tu prêt à encourir tous ces risques ? »
« Je te l’ai dit, je suis seul à présent. Je me joins à toi mon ami, je ne crains pas less dangers. Et puis tu auras sans doute besoin de moi. »
« soit » lui répondit simplement Vilonerwë en tournant less talons.
« Que sais-tu faire ? » lui demanda ce dernier, après qu’ils aient marché un moment.
« je sais me battre à l’épée, si c’est ce que tu veux savoir. Mais c’est tout. Je ne suis pas un guerrier. Je n’ai jamais fait que chasser et me défendre »
« te défendre ? »
« oui… contre… contre des elfes ». Vilonerwë s’arrêta.
« oui, un groupe d’elfes est venu nous piller et a brûlé notre maison reprit l’homme. Je me suis battu car ils s’en sont pris à ma famille. Et si c’était à refaire je le referai dit rageusement Malé, s’attendant à la colère de l’elfe. Mais il n’en fut rien.
« Je te comprends, lui répondit celui ci. Nous aurions tous fait de même… ». Le jeune homme fut surpris de cette réponse pleine de compassion. Ils se remirent en route. Le reste de la journée fut paisible, et ni l’un ni l’autre ne prononça plus une seule parole.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.