Chapitre 2:
La Clairière
(par
Stéphanie, ajouté le 21/06/03 17:20)
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Lidec avait quitté les lieux fréquentés de la Cité, pour attendre finalement les abords de la grande Clairière. Le silence accueillant émis par les Corubiers, dont les branches se balançaient doucement dans la brise tiède, l’emplissait d’un calme qu’il aurait été loin de ressentir en temps normal. Même les oiseaux s’étaient tus. Rien n’aurait pu indiquer à un spectateur étranger que cette Clairière était régulièrement fréquentée par des Adeptes. Mais Lidec y voyait des lignes et des courbes entre les fougères roussies par l’automne et les plumeaux d’herbes folles élevant leur tige gracile. Il frémit à la pensée du spectacle que devait voir un Adepte de haut niveau. Erellig lui en avait parlé, et la description des Arbres nimbés de clarté nébuleuse le remplissait d’impatience. Mais la nature de chacun est différente, et il n’était pas encore assez entraîné pour y goûter.
Penser à Erellig le fit douter ; n’aurait-il pas dû lui parler de son projet ? Il secoua la tête. Cela ne concernait que lui, et elle aurait sûrement prononcé son désaccord. Au reste, il croyait avoir la force nécessaire pour obtenir la réponse à sa question. Et il ne lui était jamais rien arrivé au cours d’un Entraînement.
Il accomplit une série d’assouplissement avant de fixer des rubans violines à son justaucorps soyeux. Puis il s’avança, pieds nus, vers la pierre noire qui se trouvait au centre de la Clairière, et accompli le nécessaire.
Bientôt, il bondissait, roulait, pirouettait sur les lignes luminescentes, ses rubans suivant ses gestes. Ses mouvements s’accéléraient, la tension devenait palpable ; Lidec était le seul élément mouvant dans un cercle où tout était d’une immobilité tendue. Plus un souffle sur les herbes, plus un mouvement dans les branches ; seul un homme qui dansait en équilibre avec des forces dont il ignorait la nature profonde. Et soudain, alors qu’il exécutait un bond plus haut encore que les précédents, il sembla recevoir un coup puissant et inattendu, et s’écroula, en masse, sur le sol. Ecarlate, en sueur, il leva instinctivement la main à son visage, pour la retirer pleine de sang.
Tout en lui n’était que douleur et fatigue.
Il s’écroula sur le côté. Avant de s’évanouir, il eut brièvement conscience qu’il avait Echoué, et qu’il allait en payer le prix.
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