| Recouvre ton bon sens, reviens à toi et, une fois sorti de ton sommeil, rend-toi compte que c'était des rêves qui te troublaient ; une fois réveillé, regarde-les choses comme auparavant tu les regardais.MARC-AURELE, Pensées pour moi-même, Livre VI, XXXI
« À MORT ! » « AU BUCHER ! » « LE ROUET ! » Les clameurs s'entendaient de loin, même si j'ai l'oreille fine. Elles étaient derrière moi, et de la direction du village que j'avais quitté depuis quelques quarts d'heure, rare passante dans ces lieux maintenant gastes, attirant de par son simple passage la suspicion. Je crains un moment subir une vindicte populaire, une méprise quant à ma nature, et accélérai ma démarche claudicante. Mais ma troisième jambe ne m'aidait guère, et le poids de son pommeau me semblait alourdir mon allure. La fuite était impensable ; j'étais trop fatiguée par des jours de marche, des nuits sans sommeil, même si j'avais trouvé un abri pour la dernière, et cette côte interminable sous un ciel lourd achevait mon souffle court. Quant à ma cheville droite, ses tendons hurlaient de douleur fauve. Me restait alors à trouver un endroit où je pourrais me cacher, et si j'étais découverte, me défendre. Je me retournai, ne les vis pas encore. Je quittai alors la sente rocheuse pour descendre sans grâce dans les bas-côtés, trouver un bosquet d'épineux, d'accès pénible, qui me cacherait à la condition que je m'accroupisse. Rien de mieux, mais je voyais le chemin. Je ne comprenais pas. J'étais passée par le village quelques heures auparavant, échangeant quelques piécettes contre un pain, une saucisse sèche et un peu d'eau, et n'avait rien remarqué d'extraordinaire. Les gens n'étaient guère causant, mais j'étais une étrangère, et voir une forme encapuchonnée, muette, boiteuse, gantée et armée d'une lourde canne n'inspirait pas à la conversation. C'était calculé pour. Il me valait mieux attirer des regards suspicieux que dévoiler ma nature féminine, et parler me trahirait. Une femme seule rappelait trop de mauvais souvenirs ici, où les Estrÿngae avait fait des ravages quelques mois auparavant. Rien n'avait pu me trahir. Alors pourquoi me poursuivait-on avec ces cris ? Je ne comprenais pas... Une pierre roula pas très loin de moi. Une course rapide, et je vis un homme sur le chemin, vêtu de couleur vive. Était-ce lui qu'on poursuivait ? Il avait tout de la bête traquée, regardant furtivement en arrière et désespérément vers l'avant, remuant des lèvres sans que je saisisse un son. C'était lui. Un soulagement m'emplit soudainement. En restant cachée je ne risquais rien, et la foule pressée par la mort passerait sans me... sans me... que suis-je en train de penser ? Ma fille, tu me déçois. Quoi, tu laisserais ce pauvre homme poursuivit et condamné à la mort sans secours, pour passer sans être vue ? As-tu oublié comment tu rencontras Trice ? As-tu oublié sa mémoire ? Je n'ai jamais oublié Trice. J'ai sifflé et me suis mise à découvert. L'homme m'a vu, a sursauté de crainte. Je lui ai fait signe de venir. Il a regardé en arrière, et a sauté pour me rejoindre. « Oiseaux s'en ire. Alles s'en ire. » Je ne comprenais rien à son charabia. « Venez là. Avec un peu de chance, ils nous passeront à côté. Sinon, nous serons deux pour nous défendre. » J'avais parlé. M'étais trahis. Il me regarda d'un oeil torve. Il n'avait pas l'air bien fini. « Estrÿnga desparecio ! » fit-il avec un geste de conjuration. Dans un même mouvement il protégea sa besace comme si c'était un petit enfant. « Je n'en suis pas une. » Il m'épia, et fini par hocher la tête, convaincu : « Non es. Sie Koralenkos. Tit oiseaux s'en ire ! — Tit oiseaux s'en ire, mais silence. — Tit oiseaux s'en ire alles. » Il y tenait à ses oiseaux. « MORT AU FOU ! » « AMENEZ-LE ! »... C'était bien après lui qu'ils en avaient. Je nous plaquais dans les fourrés, remerciant les cieux qu'ils n'aient pas de chiens. Il est vrai que je n'en ai pas vu dans le village. Guère étonnant au vu de leurs accointances avec les Estrÿngae : ils avaient dû les éradiquer. Mais je ne comprenais guère plus la situation. Je n'y réfléchi pas plus dans l'immédiat, souhaitant ardemment que ma vieille cape, tant usée par le temps, nous fondent au sol. J'en avait couvert le fou, dont le tricot jaune vif risquait d'attirer l'oeil. Lui ai plaqué la main sur la bouche aussi, puisqu'il continuait à parler de ses tit oiseaux s'en ire. La foule est passée. Je soupirai de soulagement et me rassis. J'avais oublié dans ma peur la douleur de mes tendons, mais ils se rappelaient à mon souvenir maintenant. Je grimaçai, mais décidai de remettre à plus tard le soin qui s'avérait nécessaire : il nous fallait nous en aller d'ici, avant qu'il ne prenne idée aux autres de revenir sur leur pas et de faire une battue. Je ne connaissais pas le coin. « Il nous faut nous cacher. Connaissez-vous un endroit d'où l'on pourra fuir sans être vu ? Je ne peux guère continuer plus aujourd'hui. » Je dû poser la question trois fois de suite : il regardait dans l'arbre sans prendre garde à moi, toujours couché dans les feuilles comme je l'avais plaqué. Alors que je soupirai, exaspérée, il se retourna vers moi avec un sourire béat. « Seguir tit oiseau. Him wissen. Seguir. ». Ça m'avançait beaucoup. Il devait bien y avoir des tas de grottes dans le pays, vu la molasse. Le tout étant d'en trouver une guère visible, assez profonde, et non dangereuse. Trice, tu ne m'as pas tout appris. J'ai encore besoin de toi, Maître... Trice n'est plus, je n'ai plus que sur moi à compter. Je me levai, m'appuyant sur ma canne. Gémis. L'autre fit de même, et m'agrippa la manche en montrant le ciel : « Seguir tit oiseau ». Une corneille s'était envolé du sorbier qu'il regardait tout à l'heure. Drôle de tit oiseau. Il me tira d'une force que je n'aurai pas soupçonnée, et je n'eus que le temps d'attraper mon paquetage, bien maigre, avant de le suivre ; il courrait vite, le nez en l'air, écartant machinalement les branches qui se refermaient sur ma figure, me fouettant les joues. « Attendez ! » « Cito ! Cito ! Koralenkos ! Tit oiseaux s'en ire alles ! » Il courrait de plus belle. Je m'entendais souffler comme un boeuf. Maudite journée. Je le suivais tant bien que mal, lui suivait la corneille, nez en l'air, sans prendre presque garde aux ronces qui me revenaient sur le visage après son passage... que suivait la corneille ? Aïe ! Saleté de branche ! Dans quel pétrin me suis-je fourrée, bon sang ? A suivre un tarjé qui ne sort que « tit oiseaux » de compréhensible, qui court après une corneille après s'être fait coursé par des villageois en rage... Qu'est-ce qu'il leur a fait d'ailleurs ? Si ça se trouve j'ai sauvé un assassin. Je ne sais rien des coutumes d'ici, rien du pays si ce n'est que je dois y passer pour continuer ma quête, et me voilà à m'éreinter pour des baies ! Trice ! J'en ai assez ! Tu aurais dû me dire avant ce que ç'allait me coûter ! Et alors, aurais-je renoncé ? La belle affaire... Bien sûr que non. Tu as bien choisi ton élève... Suffisamment naïve et cruche pour croire qu'une personne seule pouvait détruire la Source, armée d'une seule canne... qui même contre une Estrÿnga ne serait que de pauvre utilité, et la source ne produit pas que des Estrÿngae. Avec suffisamment de sens des responsabilités pour se sentir concernée par le danger, pour ne pas pouvoir se dire « Aux autres de se débrouiller, j'ai ma vie à mener ». Pour ne plus pouvoir vivre sans se dire « j'aurais pu » en n'ayant pas tenté. Et j'en ai marre ! Pourquoi moi, Trice ! Pourquoi ? C'est même pas que je me sois trouvée au mauvais endroit au mauvais moment en plus. Tu aurais pu me laisser crever sous les jets de pierres. Choisir un autre. Un homme, c'est toujours bien pour les épreuves de force. Mais non, tu as voulu une femme. Ça y'est j'ai paumé l'autre dingue. Les Dæmons savent pourquoi d'ailleurs. Bon sang, où il est passé ? Là ! Du jaune ! Parce-que je n'ai plus d'attaches ? Que je suis une proscrite ? Il me suffirait de m'installer ailleurs, où les gens ne me connaîtraient pas. Il était immobile mais tous les nerfs en attente. « Koralenkos ! Stand aqui ! » Comprend rien. Ça fait trois fois qu'il crie Koralenkos. Il m'appelle comme ça ? « Quoi ? » « Silencio, stand aqui ! » Heureusement qu'il parle avec les mains aussi. En gros, silence et je reste ici. Comme tu veux, j'en peux plus. Pour le silence c'est râpé, je souffle trop. Le temps de m'asseoir, de poser mon sac, et le voilà disparu de ma vue. Il a grimpé le tas de caillasse. Je sens venir le coup soit qu'il m'abandonne, soit qu'il me faille jouer la mariole à escalader la molasse. T'occupes et respire. Je délassait ma botte et sorti l'onguent de mon sac, pour masser mes tendons. Pas efficace tout de suite, et ça empeste. J'ai dû décrocher un moment. C'est un courant d'air qui m'a gelé le dos encore trempé ; un simple coup d'oeil au ciel révélait un orage à venir. La poisse, aujourd'hui. Quelque chose qui roule. Le fou redescend, l'air affolé. « Nicht quedar, Koralenkos ! Tit oiseaux dentro die hollow ! » Il me fait signe de le suivre. Koralenkos... je ne sais pas ce que ça veux dire... j'espère que c'est flatteur au moins. Je soupire : la deuxième proposition était la bonne : jouer les marioles. Je déteste l'escalade. Cette fichue crème n'a pas encore fait effet ; dérouler le pied pour moins sentir les tendons. Ç'en finit pas en plus. Ou c'est une impression ? Ça glisse et c'est friable. Non, je rêve. Un replat ! Une sorte de vaste plate-forme et... Tédém ! Tous ces oiseaux ! Une grande grotte devant moi, remplie de plumes et de becs ! Et pas un bruit, pas un pépiement ! Impressionnant. Si si, impressionnant. Le fou s'est arrêté devant moi, silencieux aussi. Il fourrage dans sa besace. En sort quelque chose ; une statuette, il me semble. Essaye de la faire se tenir debout dans sa main et marche vers la grotte, la portant comme une relique, grave et droit, les yeux fixé sur les oscillements de l'objet en équilibre. Il avance ; je le suis. Intriguée. Étrange procession que celle-ci : un fou vêtu de jaune, portant un objet métallique, suivit d'une éreintée boiteuse complètement perdue qui présentement à envie de tout envoyer balader, entrant solennellement dans une grotte où tous les oiseaux de trente lieux à la ronde semblaient attendre leur arrivée... Un coup de tonnerre au loin ; tout cela est bien dramatique. Ne manque plus que la torche à la main pour se croire dans une de ses histoires tellement prévisibles qu'elles en deviennent ridicules, qu'on retrouve dans les feuilletons des journaux à trois soles cinquante. L'eau grésille ; il pleut maintenant. Et le fou qui ne se précipite pas pour rentrer, toujours lent et appliqué... Enfin, à l'abri ; les oiseaux s'écartent à son passage. Il va jusqu'au fond ; un amas de roche sableuse. Il y pose la statuette... et se met en prière. Et qu'est-ce que je fais, maintenant, moi ? Si ça se trouve, je suis en train de rêver. Oui, ça doit être ça ; l'histoire est tellement stupide que je suis en train de rêver. Je vais me réveiller. Comment on fait pour se secouer d'un rêve dans lequel on se dépêtre ? Je peux voir l'objet de sa dévotion. La statuette de Thérem. Le Dæmon-Faucon. Elle est magnifique ; aussi belle que quand je l'ai admirée dans la chapelle ce matin ; une petite chapelle isolée, à bien six heures de marche du village, mais qui me semblait être la seule des environs. Mais c'est bien la statue vénérée : même posture, même couronne de rubis, ailes frémissantes à l'envol, chausses ailées aussi, et soleil d'or dans la main. Le fou a dû la voler, se faire prendre, et s'attirer par là la fureur des villageois... et je me suis trouvée de passage à ce moment-là. Coïncidence. Comme le passage de Trice alors que j'étais poursuivie. Je sais que tu n'appellerais pas ça ainsi, Trice. Mais pourquoi ? Pourquoi l'a-t-il volé, pourquoi les oiseaux sont là, comment se sont-ils concertés ? On ne parle pas aux oiseaux. Un instinct animal ? Il fait sombre. Le soir et les nuages tissent leur ombre ; j'ai sommeil. Je laisse le fou à ses dévotions et rejoint l'entrée. Je ne veux pas passer la nuit avec tous ces plumidés. J'avais repéré d'autres grottes à côté de celle-ci. Tant qu'il ne pleut pas trop... Avertir le fou, d'abord. Je ne sais pas s'il a de quoi manger. Je le rejoint, m'agenouille à ses côtés et murmure, pour ne pas le troubler. « Je vais dans la grotte à côté. Si vous avez faim, il me reste des vivres et un peu d'eau. » Il ne répond pas ; mains jointes en prière, absorbé, il remue les lèvres en silence. On dirait qu'il a peur. De quoi ? De l'orage ? Les variations du temps affectent plus les fous, je l'avais remarqué déjà ; c'est peut-être ça. Je hausse les épaules. Repart. La grotte est moins profonde et présente l'avantage d'être sans oiseaux, et sèche. J'y rentre précipitamment ; laisse tomber mon sac et inspecte l'endroit. Le fond est éboulé, mais pas de menace d'écroulement proche. Des feuilles mortes parsèment le sol, quelques stalactites, mais sans plus. La région n'est pourtant pas aride, j'en déduis que l'eau ne doit guère s'infiltrer ; je ne serai pas inondée durant la nuit. Je trouve un coin à l'écart, où le vent ne se sentira pas, et y fait rouler quelques blocs du fond, pour surélever mes affaires du sable, et ramasse quelques bonnes brassées de feuilles pour me faire un semblant de matelas. Pas de branches sèches, pas de feu possible. Je sors de mon paquetage ma couverture de laine tissée. Elle pique, mais elle me réchauffe. Ma gourde est presque vide, mais je n'ai pas envie de me tremper pour la remplir au ciel ; je m'en passerai. Je m'assied, et commence à manger. La moitié du pain y passe, et je me retiens pour la saucisse ; le fromage de chèvre n'est pas trop fort encore, et ne m'asséche pas la langue, mais je n'en prend qu'une moitié ; si le fou venait manger, il faut qu'il lui reste quelque chose. Je sors mon jeu de pierres et les places au hasard, puis tente de résoudre le problème. Je ne vais pas pouvoir jouer longtemps sans lumière, mais ça m'occupera un moment. Je dormirai ensuite. Coup de tonnerre, plus violent. Je m'absorbe dans le jeu. Bientôt je ne peux plus rien faire ; il fait trop sombre. C'est à ce moment que je prend garde au vent. C'est une véritable tempête. Le fou n'est pas là. Je me lève pour essayer de voir à l'entrée le temps dehors, mais si mon recoin est protégé des rafales, ce n'est pas le cas de l'ouverture de la grotte. Finalement, mon aventure a eu du bon ; l'abri, mis à part que je ne puisse faire du feu, est relativement confortable. Je retourne en vitesse à mon campement ; de toute manière, on ne voit rien dehors, même avec les éclairs — je dois avouer n'en avoir pas vu d'aussi impressionnants jusqu'alors. Un vrai déchaînement ; les Dæmons s'en donnent à coeur joie. Qu'est-ce qu'ils doivent prendre dans la vallée ! A moins que ce soit Thérem, fâché de voir sa statuette volée ? En ce cas c'est pour notre pomme. Mais non. Non, les oiseaux nous protègent. Thérem est le Dæmon-Faucon, il ne s'attaquera pas aux oiseaux. Qu'est-ce que je raconte ? Il est temps de dormir, tu divagues, ma fille. Je tasse un peu les feuilles, met mon sac en guise d'oreiller, et me recroqueville en grelottant : pas de rafales ne signifie pas pas de courant d'airs. J'ai mal dormis. Sommeil entrecoupé de rêves trop réels pour ne pas me réveiller : le fou en prière, que je voyais comme si j'étais derrière la statuette. Les éclairs, les oiseaux. La vallée inondée, le fleuve qui grossit, la foudre sur les maisons et les arbres. Une famille réfugiée à la chapelle, mains tordues et implorantes. Une autre se calfeutrant au grenier... et la foudre qui tombe sur le toit ; pleurs, cris, début d'incendie que la pluie éteint aussi vite. Je me réveille en sursaut. Me dépêtre de ma couverture et me reçoit de la paille sur la tête. De la paille ? Une odeur de chèvre. Je secoue la tête. Cligne les yeux. M'assied. Une vague lueur d'aube. Des bottes de pailles. Un bout d'échelle qui dépasse du sol. La ferme ! La ferme où je me suis arrêté hier soir. Où j'ai pour une fois pu manger chaud sans qu'on me regarde comme un monstre. La maîtresse de maison est une sorcière des haies, et a environné son domaine de protections contre les Estrÿngae ; que je passe sans dommage prouvait que je n'en suis pas une. Quelle nuit ! Pas un bruit. Pas d'orage. Un mauvais rêve. Dont les bribes s'effilochent déjà. Je me rendors. Je me suis de nouveau réveillée au matin, ai remballé mes affaires, et suis descendue de l'échelle. Une caresse aux chevreaux, et je suis sortie dans la cour ; le père venait déjà pour la traite. M'invita à rester déjeuner... je ne me fis pas trop prier. La mère s'affairait à préparer la table, et l'aîné descendait les escaliers en traînant des pieds. Je suis partie plus tard, ne voulant pas me mettre en retard, des pommes dans mon sac, du fromage de chèvre, une miche de pain et de la viande de porc séchée, la gourde rempli à l'eau fraîche du puits. Une chapelle sur mon chemin. A voir l'usure des marches, ce doit être la seule des environs, le milieu est tout raviné de multiples passages, et les bouquets de fleurs et de plumes sont frais encore. Je m'y arrête, accomplir mon devoir de dévotion. Pas d'officiant, juste un autel et une statuette de Thérem... Elle est magnifique : couronne de rubis, ailes frémissantes à l'envol, chausses ailées aussi, et soleil d'or dans la main. J'ai l'impression de l'avoir déjà vue quelque part... |