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Votre Nouvelle »
1980 Troisième Age, récit de Munin fils de Thróin
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Autant ces instants parurent longs, autant la suite ne fut qu'un déferlement de violence inouï, brutal, sans aucun répit, sans aucune issue possible. L’épée et le fouet semblaient effectuer une danse macabre et à la fois si bien maîtrisée qu’en face et sans réelle défense mes compagnons attendaient tout comme moi la violence du dernier coup qui nous emmènerait loin d’ici auprès de nos ancêtres.
Le cri de la bête était comme celui de mille ours des cavernes, je me souviens m’être tenu les oreilles et avoir soulevé le regard et aperçu si loin plus haut le Pont de Durin dans le plafond à ciel ouvert de notre chantier et avoir pensé à cette Porte Est comme l’issue de notre vie, de notre peuple. Et à chaque profondeur, des yeux scrutaient sous le pont ce vacarme du diable, je voyais de l’agitation, j’entendais les cors d’alerte sonner, le métal tombait dans chaque puit de garde, j’en étais certain. Khazad-Dûm avait aujourd’hui un ennemi.
Quand mes yeux parvinrent à se rabaisser je vis en bas et sous la créature le contraire de la vie du dessus, un vide noir, un gouffre que la flamme pourtant si puissante de l’être de feu ne pouvait éclairer, mon royaume allait je le savais devenir aussi sombre que ce gouffre sans fin.
Le monstre approchait, nous n’étions plus qu’une petite centaine de ‘survivants’ à cet enfer. Mes jambes refusaient toujours de bouger, je me souviens avoir penser à la vie et à la mort, à mon inertie lors de la naissance de mon fils et à celle qui aujourd’hui allait m’emporter moi. Où était mon fils ? L’évacuation allait-elle commencer ? Non, tout avait été trop bref pour la cité et son Roi. J’entendis un sifflement plus puissant qu’un vent d’évacuation de la cité, un sifflement aigu qui s’approchait de moi, puis un claquement assourdissant, et devant mes yeux arriva enfin la grâce que j’espérais …
Mais non, plutôt que de me prendre la vie, la lanière qui m’avait atteinte s’était contenté d’une moitié de bras, et de brûler avidement ma longue barbe. Il me sembla que mes jambes enfin se dérobèrent et que ma tête allait enfin rejoindre le sol, de mes yeux je voyais encore cette épée du diable emporter à chaque envol un membre ou une vie, parfois deux, et les lanières de feu déchiraient et déchiraient toujours. Et le monstre ... le monstre n’avait plus les pieds au sol, il semblait s’envoler par dessus moi, à la fois sauter et voler, et quand il retomba, ce fut un bruit de tonnerre et un choc qui me fit moi même décoller du sol entièrement, le feu le soulevait de derrière lui.
Alors enfin sonnèrent dans la salle les cors des guerriers, je vis l’argent remplacer l’or dans les teintes des parois qui nous entouraient. La créature enfin ne dominait plus entièrement la salle, le mithril des cottes de mailles scintillait … mais pas encore assez pour couvrir la noirceur du gouffre. Le métal chanta, l’acier et le fer furent tirés de leurs calmes repaires. Les haches des nains, les haches des nains étaient sur la créature !
Mais l’inertie d’auparavant changé en cette bataille à présent ne changea que peu de choses ensuite. Les armures ne pouvaient pas, même de vrai-argent, bloquer la fureur et la chaleur des coups assénés. Et pour toucher ce feu, il fallait l’approcher, ce que peu, je vous le dit, parvinrent à réaliser. Mais au moins la créature n’avançait plus librement et je fut tiré par derrière par un guerrier nommé Uni, qui m’emmenait plus au calme et loin de ce champ de morts.
Les douleurs, comme empêchées de s’exprimer avant cela par l’horreur, décidèrent de vivre dans ces instants et, pourtant loin du monstre, je souffrais toujours mais moins par l’âme comme auparavant que par le corps à présent. Les odeurs et les bruits semblaient eux aussi vouloir gagner du terrain sur ce fléau, eux aussi étaient terribles à ressentir dans ces moments de mort, de feu et de bataille.
Je fus transporté finalement quatre profondeurs plus haut devant la gravité de mes plaies physiques (Personne ne pouvait soigner le reste de mes maux). Là plus tard, j’appris que nous étions douze survivants de cette horreur, et que seul d’entre eux je n’était pas touché par le mutisme ou en incapacité de parler de ce qui était arrivé. Les guerriers étaient parvenus à contenir le démon du feu en la septième profondeur, depuis deux jours … 500 d’entre les meilleurs étaient déjà tombés, dont Uni le-calme qui m’avait sauvé.
Le roi me mandait, j’allais assister au conseil, seul témoin encore capable d’en parler. Les harpes avaient cessé d’être pincées et on entendait plus nulle part un seul marteau frapper.
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Script fourni par
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adapté et modifié par .
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