Chapitre 20:
XIX
(par
The Rux, ajouté le 13/12/04 18:06)
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« Il semblerait que je sois masochiste : Je me suis marié très jeune. »
Un vent frais de début de printemps avait caressé leurs visages à leur sortie. Ils étaient enfin à l’air libre. A peine sortis de leur escapade souterraine Enteraz, Sofia, Kicica et Hortegar savouraient l’air pur, l’espace, et surtout le ciel. Accueillis par le reste du groupe, et par Léanath, ils prenaient maintenant un repos bien mérité dans les luxueuses chambres du palais de la souveraine. Celle-ci insulta copieusement Shadow pour l’avoir assommé, mais l’incident en resta là. Enteraz, étendu sur son lit, réfléchissait un peu. Quand il avait entendu Sofia crier dans la grotte, il s’était précipité. Ce qui lui avait d’ailleurs valu de se faire briser la colonne, mais bon. Pourquoi avait-il eut ce réflexe ? Il n’était pas cupide au point de se considérer comme un défenseur du « Bien » absolu, il n’était pas un idiot qui se sacrifierai pour un Dieu ou une notion. Il ne l’avait donc pas fait par altruisme. Il avait pourtant fait ce geste délibérément. Bon, d’accord, elle est très jolie, mais c’est pas une raison… Et puis… Mais pourquoi est-ce qu’elle m’obsède ? Je sais ce que ça fait d’être amoureux quand même… Ou peut-être que je ne sais pas ce que ça fait. Qu’est ce qui aurait pu la faire hurler comme ça… Enteraz, arrête de faire ton obsédé et réfléchit… Nan, je vois pas. Léanath entra dans sa chambre, interrompant ses pensées. La Reine des elfes semblait plus préoccupée que d’habitude si s’était possible. - Enteraz, il va falloir que tu m’expliques quelque chose. Le Rôdeur sourit. -Vas-y. - Pourquoi est-ce que tu voyages avec cette noble humaine ?
Non loin de là, Sofia sortait de sa propre chambre faire un tour parmi ses compagnons. Les secrets de la Magie Planaire avaient un peu ébranlé ses certitudes sur le monde où elle vivait. De plus, apprendre qu’Enteraz avait eu un contact avec un Dieu l’énervait. Elle s’était décidée à simplement le laisser passer dans son esprit, sans qu’il n’y laisse rien de tangible, mais voilà qu’il refaisait parler de lui. Elle ne pouvait pas se débarrasser de cet encombrant Rôdeur. Et ce Shadow, un chevalier noir au service de l’un des Dieux les plus puissants, qui appelait Enteraz « maudit parmi les hommes », et qui semblait invulnérable. Ca commençait à faire trop pour Sofia. La Magicienne perçut soudain la voix du Rôdeur, derrière une porte entrebâillée. Elle s’approcha de cette porte, et tendit l’oreille. Tiens, il parlait d’elle…
- Bonne question… Léanath s’était assise dans un riche fauteuil en face de lui et le fixait avec intérêt. Enteraz, toujours étendu sur son lit, son sourire fixée sur son visage, observait rêveusement les tentures du plafond. -Ca te dérange si je fume pendant que tu rassemble tes pensées ? Demanda Léanath en sortant une pipe. - Nan, vas-y… Des volutes bleues commencèrent à voleter dans les airs tandis que la souveraine enflammait l’herbe à fumer à l’intérieur de sa pipe. - En fait, elle à un objet qui m’intéresse. Une lueur apparut dans les yeux de Léanath. -Ah ?! - Une amulette qui « aurait » le pouvoir d’exorciser n’importe quel démon. - Et Enteraz le Maudit ne serait plus digne de son nom. Le Rôdeur tourna la tête vers son interlocuteur. - Tu sais que ça rime ce que tu viens de dire ?
Ainsi donc s’était ça. Sofia sortit la fameuse amulette. La Larme de l’Oubli avait prétendument ce pouvoir. Mais elle n’était pas sûre que celle-ci marche avec un démon tel que celui qui hantait Enteraz…
-Pourquoi est-ce que tu ne le lui demande pas ? Tout le monde sait que la légendaire Larme de l’Oubli est l’héritage de l’aînée d’Alient. - Tu me vois lui demander un objet qui appartient à sa famille, moi un hors-la-loi ? - Tu devrais peut être en parler à Syldaïan. Il pourrait fouiller son esprit pour savoir ce que tu veux savoir… - Non, j’ai peur de ce qu’il pourrait y trouver, et puis… Léanath le surpris en éclatant de rire : - Et puis tu es tombé sous son charme, toi qui disais que les dames de la noblesse n’étaient pas intéressantes, et qui jurait que, jamais de la vie, tu ne t’amouracherais d’une « nobliarde », comme tu les appelles. Enteraz soupira : - Si ça avait été quelqu’un d’autre que toi ou Syld qui avait dit ça, je serai déjà entrain de me battre. - Oui, mais tu sais que je t’étalerais en un seul coup. - Merci, ça me conforte dans mon honneur masculin ! - Si tu étais macho, je ne ferai pas partie de tes amis… Soudain la porte s’ouvrit en grand, laissant Enteraz et Léanath contempler la première née d’Alient. - Oups… souffla le Rôdeur. - Ainsi c’était donc ça… Dans la lumière du couchant qui filtrait par une fenêtre et qui illuminait Sofia, Enteraz comprit que ce n’était pas une amulette qui l’avait décidé. Non aucun bijoux ne justifiait son choix. Si, peut-être un d’un mètre soixante douze en fait. Je vais me faire taper dessus… La Magicienne s’approcha de lui, le visage sombre, la Larme de l’Oubli serrée dans sa main gauche. - Enteraz, je te propose un marché, dit Sofia après un sourire. Le Rôdeur se leva d’un bond. - Quel genre ? Il la regardait en lui rendant son sourire. Elle avait réussi à l’avoir, la nobliarde ! - Je te donne ce caillou insignifiant, tu en fait ce que tu en veux… commença Sofia. - Mais ? Demanda Enteraz, son sourire passant d’admiratif à féroce. - …Mais tu m’apprends le métier des armes en échange, termina cette si admirable enfant. Enteraz pris soudain un air grave. Il lança son épée à Sofia. Celle-ci l’agrippa par la garde. - Aucun problème, ironisa Enteraz. Comprenant son manège, Sofia dit : - Normalement, dès que tu la prends en main la Larme détruira le démon qui vit en toi. - J’imagine qu’au départ c’était pour te protéger toi de ce genre d’agression, intervint Léanath. - Exact. Elle lança l’amulette au Rôdeur. Celui-ci l’attrapa. Rien… - Tu es sûre qu’il n’y a pas erreur là ? - Euh… commença Sofia Enteraz baissa la tête. -Mais c’est pas possible ! Il la releva. Ses yeux avaient changé. Ainsi que ses vêtements. - Sofia, je vous remercie, lança le démon. Il brisa l’amulette dans son poing et éclata de rire. Sa soif de destruction était palpable. Sofia, sans réfléchir, s’élança sur le démon. Elle tenta un coup maladroit à la tête. - U…une épée ne peut rien… bégaya Léanath. Le démon attrapa la lame dans sa paume ouverte sans s’arrêter de rire. Il la cassa d’un mouvement du poignet. - C’est dommage que je ne puisse vous atteindre Sofia. Le serment qui vous a lié à l’imbécile auquel j’emprunte le corps me concernant également, je ne peux vous faire subir ce que j’aimerais vous faire, mais ce n’est que partie remise. Il se tourna vers Léanath : - Comment vas-tu, fille de Sli ? -N…non… pas toi… Sofia fut abasourdie : Léanath connaissait ce démon ! - Tu… tu sais qui c’est ? Les yeux du démon étincelèrent de malice : - Si c’est mon nom que tu veux, je peux te le donner… - NON ! hurla Léanath. Pourquoi ? Qu’est ce qui se passerait ? Léanath soupira, puis dit : - Si tu lui demandes son nom, il sera libre… - Donne mon nom alors, sourit le démon. La reine des elfes souffla un vague « si tu veux »… Elle semblait lutter intérieurement, comme si des peurs anciennes retenaient les mots qui devaient sortir de sa gorge. - Il s’agit de Zyrek… Zyrek… Le démon originel, le père des Créatures de Cauchemars, le Dieu unique du Mal déchu et réincarné en une aberration aux yeux rouges. Il était le père de Dess de Mievil, de Thierry, et de beaucoup d’autres divinités liées au mal et aux ténèbres. Il hantait le corps d’Enteraz depuis cinq ans. Le Rôdeur le savait-il ? Savait-il que son démon intérieur était un dieu déchu ? Non, évidemment. - Vas-tu me tuer ? Demanda bravement Léanath. - Nan … Répondit Zyrek, sourire carnassier aux lèvres. - Mais alors… fit Sofia. Zyrek s’éleva à une cinquantaine de centimètres du sol. - Je vais m’amuser un peu dans ta belle cité, fille de Sli… Il disparut dans un maelström de flammes. Léanath tomba à genoux. - Izzï… Aide ton peuple, je t’en prie, souffla son ancienne compagne. - Un mort ne peut rien faire.
Une maison ? Un palais ? Maintenant noyé dans les flammes. Ai-je connu ces morts ? Et cette douleur ! Pourquoi ? Son nom… Je dois me souvenir de son nom ! Sel… Seldan. Ca y est, j’ai trouvé… Et le voilà mort. Mon nom est donc Zyrek ? Non, mon nom est Enteraz, j’en suis sur. Donc, Zyrek, c’est le démon. Kicica s’est fait avoir aussi. Ca doit faire mal. Elle est morte elle aussi. Kreig ? Mort. Ils sont tous morts. Tous. Tous. Tous. Non, pas tous. Syld et Sofia sont pas morts. Sofia ne mourra pas aujourd’hui. Un homme s’interpose. Armure et heaume noirs. Épée noire et or. Son nom est Shadow. Vas-t-il mourir ? Je ne sais plus… J’AI MAL !
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