Sam restait assis à la table où il s’était installé quelques heures auparavant. Les yeux dans le vide, le manuscrit à présent refermé posé devant lui, il caressait machinalement du bout des doigts la vieille reliure de cuir tout en réfléchissant à ce qu’il venait d’apprendre en parcourant les pages de ce livre inachevé. Une partie de l’histoire de la Forêt venait de se révéler devant ses yeux, écrite de la main même de certains de ses acteurs et témoins. Cependant, chaque réponse entraînait invariablement de nouvelles questions, de nouveaux mystères à éclaircir. Qui pouvait être cet étranger dont le manuscrit parlait juste avant cette fin abrupte ? Sur ses épaules semblait reposer l’espoir de tout un peuple. Se pouvait-il qu’il s’agisse du vieux Dunman lui-même ? Comment sinon le volume avait-il fini par rejoindre cette bibliothèque ? Sam avait encore beaucoup à apprendre sur Galinda, mais également sur son hôte ! C’était sans doute auprès de ces gens, les rédacteurs de ce livre, qu’il s’était rendu précipitamment durant la nuit. Peut-être était-il arrivé quelque chose de grave dernièrement ? L’imagination de Sam s’enflammait désormais et il regrettait de ne pas avoir le vieil homme auprès de lui pour pouvoir l’assaillir de dizaines de questions. Il mourrait également d’envie de se rendre utile dans cette étrange bataille contre les forces d’Oscura, même s’il n’était pas certain d’en bien comprendre encore parfaitement tous les enjeux. Il avait hâte enfin de rencontrer les amis de Dunman, ces gens dont à présent il connaissait un peu l’histoire, ce peuple en lutte depuis tant d’années contre l’Ombre de la Forêt de façon courageuse et quasiment désespérée.
Il sentait l’excitation monter en lui. S’il devait attendre le retour de Dunman, il était hors de question qu’il passe le reste du temps cloîtré dans cette maison. Sortir ne représentait aucun danger s’il ne s’éloignait pas des chemins qu’il connaissait. Il était déjà fort tard dans la journée et le soleil avait entamé sa course descendante vers l’horizon. Sam décida malgré tout de partir pour une petite escapade en forêt et prit en hâte un sac rempli de quelques provisions, puis se couvrit et se rua à l’extérieur. Le temps était frais malgré un beau soleil d’automne dont les pales rayons peinaient déjà à cette heure à réchauffer l’atmosphère. Les cris d’un rapace se firent entendre au loin. Une rafale de vent glaciale fit frissonner le jeune homme de la tête au pieds.
Il s’emmitoufla avec soin dans son manteau et s’enfonça dans la Forêt. |
|
Voir le
chapitre 22 sur 35
|
|
|