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Au-delà des frontières

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 22: Celos
(par Isiliel, ajouté le 24/07/07 10:59)


"Vous êtes à la traîne ! criai-je à Earnil qui galopait derrière moi. "

Nous avions lancé nos chevaux sur la plaine de l’Anorien pour une course effrénée. Earnil était un cavalier expérimenté, mais Marilla était plus rapide que sa monture.

J’éclatai de rire, l’air insouciant, mais au fond de moi reposait un noyau d’inquiétude. Je n’avais pas revu Elrohir depuis le jour où je l’avais sorti de ma chambre. Il avait disparu. Son frère disait qu’il avait besoin d’être seul. Je me sentais coupable de cet exil et Elladan ne m’avait pas détrompée.

Earnil finit par me rattraper petit à petit et, arrivé à ma hauteur, me sauta dessus. Je vidai les étriers et tombai sur lui. Nous percutâmes violemment le sol sans, miraculeusement, nous casser une côte. Nous roulâmes et je me retrouvai dessous. Les chevaux galopèrent encore quelques mètres avant de s’arrêter.
"Vous êtes fou, m’écriai-je. Nous aurions pu nous blesser. "

Il éclata de rire. Malgré ses 52 ans, il en paraissait 25 et était vraiment l’insouciance incarnée. Son regard se fit soudain charmeur.
"Mavoisi, vous êtes si…
-Belle ? Sublime ? Merveilleuse ? "

Il ne répondit pas, un peu désarçonné par mon ton ironique. Je le repoussai fermement et me relevai.
"Chaque fois que j’entend parler de vous, Prince, ce sont des plaintes à propos de votre prodigieuse tendance à papillonner autour des demoiselles.
-Les gens exagèrent toujours, protesta-t-il. "

Je faillis éclatai de rire devant son air de dignité offensée. J’appelai Marilla et l’enfourchai.
"Vous devriez vous marier et perpétuer la lignée des rois.
-Rabat-joie, lança-t-il.
-Mais oui. Et si vous remontiez à cheval que je vous batte une fois pour toute à la course. "

Quand je fus rentrée au château, Idril, la femme d’Eldarion vint me trouver.
"Il me semblait qu’Earnil était avec vous, dit-elle de sa voix douce. "

Je m’aperçus alors qu’il n’était plus à mes côtés.
"Nous avons pourtant laissé les chevaux à l’écurie ensemble. Mais je crois me rappeler que nous avons croisé une fort jolie blonde au troisième niveau. "

La reine n’était pas très grande, mais très fine avec une peau très pâle, des cheveux blond-roux et d’immenses yeux verts. Du fait de sa constitution délicate, elle n’avait pu avoir qu’un seul enfant, qu’elle avait, à mon avis, un peu trop choyé.
"Je lui parlerai donc plus tard, dit-elle avec un sourire plein d’indulgence. Oh ! J’allais oublier. Calàra vous cherche. "

Je la remerciai et me dirigeai vers ma chambre. En chemin, je croisai Anoril qui jouait aux épées de bois avec des fils de courtisans. Après avoir revêtu une robe rouge (encore offerte par Calàra), j’allai la rejoindre dans ses appartements.
"Alors, dit-elle avec un sourire en coin, avez-vous résistez aux assauts de mon neveu ? "

Calàra semblait souvent se moquer de tout, mais son ironie masquait, en fait, une perspicacité rare.
"Me croyez-vous si facile à séduire, répondis-je sur le même ton.
-Non certes. Surtout quand un demi-elfe occupe toutes vos pensées. "
Je ne répondis pas, un peu soufflée.

"J’ai remarqué des regards entre Elrohir et vous. Et depuis qu’il a disparu, quelque chose vous ronge… en plus de vos autres problèmes. "
Je me laissai tomber sur le lit.

"Il a toujours été près de moi. Je l’ai repoussé, accusé, insulté. Et maintenant qu’il est parti… (Je soupirai) Je ne sais même pas où il est. Elladan n’a rien voulu me dire. "
Mon amie fouilla dans un coffre.

"Des marchands du Lebennin sont arrivés ce matin à Minas Tirith. Ils ont parlé d’un elfe aux cheveux noirs qui remontait le Celos. "
Je relevai la tête.
"Je vous ai préparé une carte puisque vous ne connaissez pas la région. "

Je partis le lendemain matin, dès le levée du soleil. Le Celos était un affluent de la Sirith, qui elle-même se jetait dans l’Anduin au niveau de Pelargir. Je pris la route principale qui suivait le Grand Fleuve, puis tournait à l’ouest. Le nord du Lebennin était une terre agricole vallonnée. Les champs et les pâturages étaient blancs de givre et les cours d’eau frangés de glace. C’était l’hiver, temps de repos de la terre, et je fis peu de rencontre.

J’atteins le Celos vers la fin de l’après-midi et le remontai par une petite route bordée de saules. La nuit me surprit loin de toute habitation et je dus me résoudre à la passer seule, en pleine nature, pour la première fois. Je restai la plupart du temps à écouter les bruits nocturnes, la main sur mon épée, l’autre alimentant le feu.

Le lendemain, je continuai jusqu’à un petit hameau où se terminait la route. Le celos, lui, venait de bien plus haut, bondissant entre les rochers. Je négociai la garde de Marilla avec une famille de bergers et continuai à pied.

Les pins avaient remplacé les saules. La rivière se muait en torrent et je devais escalader des rochers parfois abrupts. Dans l’après-midi, le bruit d’une chute d’eau me parvint et j’arrivai sur les bords d’un petit lac dans lequel se jetait une cascade d’une dizaine de mètres. Il était entouré par une forêt de pins et de mélèzes.

Au pied de la falaise, sur le bord de l’eau, gisait un jeune homme brun, inerte. C’était Elrohir. Je me précipitai vers lui en criant son nom. Il était torse nu, les bras en croix, sur la roche humide. Je me laissai tomber à coté de lui en m’écorchant la main. Je touchai sa joue. Elle semblait si froide. Je le secouai par les épaules en l’appelant sans discontinuer. Je le giflai même, en lui criant de se réveiller. Mais il ne bougea pas. Plus rien ne semblait pouvoir le faire revenir.


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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.