Chapitre 22:
La caverne
(par
michele huwart, ajouté le 24/02/04 12:15)
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Je me réveillai le premier.Etonné de voir mon compagnon profondément endormi. Je me levai, étendit sur lui la couverture qui ne m'étais plus nécéssaire. Et sortis dans la fraîcheur matinale. Je fis une toilette sommaire. Puis partis en quête de nourriture. La forêt était giboyeuse. Je ne fus pas long à tirer un lièvre, que je ramenai dans notre abri. Ainsi qu'une grosse poignée d'orties. Je me mis à dépecer consciencieusement l'animal. En silence, afin de ne pas troubler le repos de mon seigneur. Puis j'attisai le feu, et mis ma proie à griller sur les pierres brûlantes du foyer. L'odeur délicieuse m'aiguisait l'appétit. Je bus une, puis deux chopes de tisane pour calmer ma fin. Finalement, lassé d'attendre le réveil de mon seigneur, je dévorai une cuisse brûlante. Je m'adossai à la paroi de la caverne, et commençai à rêvasser.
Mon seigneur ne s'éveilla que bien plus tard. Il se redressa, pris longuement son visage dans ses mains. Puis il regarda autour de lui. Aperçut la viande dont il sentait l'odeur. Je lui apportai une chope de tisane. - Buvez, lui dis-je. La viande a eu le temps de refroidir. Je vais vous en réchauffer une portion. Mais la tisane est bonne. Il avait l'air hagard de quelqu'un qui peine à sortir du sommeil. - Tu as eu le temps de faire tout çà ? demanda-t-il d'une voix pâteuse. Chasser, cuisiner ta proie ? - J'ai mangé aussi, m'excusai-je. J'avais faim. Il bâilla. But une gorgée de boisson brûlante. - Tu aurais dû me réveiller. Je haussai les épaules. - Si vous dormiez aussi fort, c'est que vous en aviez besoin. Je lui tendis une gamelle. Dedans, le foie cru de ma proie. - Encore ! fit-il, mi amusé, mi dégoûté. Tu as l'intention de m'en faire manger tout au long du voyage ? Je ne relevai pas ses paroles, me contentant de répondre - De çà aussi, vous en avez besoin. Il secoua la tête en souriant, avala la viande sanglante, puis s'approcha du feu. - Cesse de t'inquiéter pour moi, Morgil. Je t'ai déjà dit que j'allais bien. - Non. La sécheresse de ma voix me surprit moi-même. - Non, monseigneur. C'est faux. Vous n'allez pas bien. Je le sais. Et vous savez que je le sais. Alors, celà n'a pas de sens de vouloir m'en convaincre. Je me radoucis, et, craignant de le voir s'effondrer, lui entourai les épaules de mon bras. - Vous êtes affaibli, lui dis-je doucement. Et vous êtes malheureux. Et, que vous soyez un Elfe n'y change rien : c'est normal, après ce qui s'est passé au campement. J'aimerais pouvoir vous réconforter, mais je crains d'être bien peu doué pour cà. Après un long silence, il me dit, presqu'en tremblant. - Tu te trompes, Morgil. Je te trouve très doué pour celà, au contraire. Il se secoua comme pour chasser sa peine. S'empara d'une cuisse tiède, et se mis à la dévorer sans apprêt. - Ma paresse matinale aura au moins l'avantage de nous permettre de faire l'impasse sur le déjeuner. Entendant ces paroles, je me resservis un morceau de viande.
Nous reprimes ensuite notre route. Toujours en silence. A l'écoute, aussi. Des bruits de la forêt. Amis, ou ennemis. Nous marchâmes jusqu'à la nuit tombante. Quand mon seigneur découvrit un abri sûr sous un surplomb rocheux.
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