Accueil » Fervent hommage » Votre Nouvelle
Apparence  

 

Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
Add Chapter
Stories List
Voir les Options:
Sommaire | Plein texte
additions are not allowed l'auteur interdit les ajouts

Chapitre 23: Inquiétudes.
(par michele huwart, ajouté le 25/02/04 12:57)


Les deux journées suivantes furent similaires. Repos, chasse, marche silencieuse, recherche d'un abri. Mon seigneur nous guidait. Se jouant de la nature hostile. Apprivoisant ses côtés généreux. Tout me semblait si simple quand je le voyais faire. Découvrir une source cachée. Nous emparer du gâteau de miel d'un essaim d'abeilles. J'avais vécu bien des années dans la forêt. Et je me faisais, à côté de lui, l'effet d'un néophyte. Je me chargeais quant à moi de la chasse. Et de la cuisine. Je tentais aussi, maladroitement, de lui faire oublier son chagrin. J'avais espéré qu'il diminuerait à mesure que nous nous éloignerions de Neithan. Lui aussi. Nous nous trompions tous deux. C'était le contraire qui se passait. Mon seigneur se murait en lui-même. Sa détresse devenait de plus en plus palpable. Et je le sentais s'affaiblir. Physiquement. Car le chagrin affectait bien plus ceux de son peuple que ceux du mien. Je le savais, en théorie. Neithan nous en avait parler. Mais savoir est une chose. Une autre étant de voir souffrir un être que je respectais, et aimais plus que quiconque. A nouveau, ce sentiment m'était inconnu... avoir mal moi même pour la souffrance d'un autre !

Le soleil commençait à décliner lorsqu'il s'arrêta. S'appuyant à un arbre. Le front et les mains contre l'écorce. Je m'approchai. Lui posant la main sur l'épaule, je le sentis trembler.
- Monseigneur ?
Il ne répondit pas.
- Monseigneur ? insistai-je. Allez-vous bien ?
Cette fois, il ne put plus me répondre "oui". Je l'entendis reprendre sa respiration, avant de me dire " Tout tourne" d'une voix sourde.
- Venez, lui proposai-je. Venez vous allonger un moment. Je veillerai sur vous.
Il refusa. Selon lui, s'il se reposait, il n'aurait plus la force de se relever, de reprendre la route. Et l'endroit n'était pas propice à y passer la nuit.
- Il nous faut trouver un abri, murmura-t-il.
J'acquiesçai. Je lui ôtai son paquetage des épaules et le transférai sur les miennes. Puissans mot dire, je lui passai le bras sous les aisselles. Il comprit. S'appuya sur moi. Et nous reprîmes notre chemin.

Combien de temps avons nous cheminé ainsi ? J'ai oublié. Les minutes me semblaient des heures. A cha que pas, je sentais mon compagnon peser plus lourd sur mon épaule. Il s'affaiblissait, visiblement. Et je le sentais grelotter sous son manteau. Iltérieurement, j'adressai une prière à Eru, aux Puissances, à qui voudrait m'entendre, pour qu'il nous vienne en aide. Sans y croire. Quel dieu s'intéresserait à ma prière ? Même si je ne la formulai pas pour moi-même.
- Morgil ? chuchota mon seigneur, semblant émer ger d'un rêve éveillé.
- Je suis là, tentai-je de l'apaiser. Je ne vous lâche pas.
- Ici, Morgil. L'arbre.
- Quel arbre, monseigneur ?
J'avais l'impression qu'il divaguait. Il insista, pourtant.
- L'arbre. Le mallorne. Il est creux.
Je n'eus pas le courage de lui demander comment il l'avait remarqué. Mais il avait raison. L'arbre était creux. Et nous offrait un abri naturel. Un abri presque clos, caché. Un refuge où mon seigneur pourrait se reposer. Reprendre des forces. Guérir. Du moins je l'espérais. De toute mon âme, je l'espérais.

Il s'affala sur le sol terreux. Je pris ses mains entre les miennes,et fut terrifié du froid qu'elles dégageaient. Je caressai doucement son front ruisselant d'une sueur glacée. Je ne savais que faire. J'étais impuissant. Et lui, incapable de répondre à aucune question. Alors, je le couvris de mon manteau, de nos couvertures, et lui dis doucement/
- Ne craignez rien, monseigneur. Reposez-vous. Je veillerai sur vous. Je dois sortir, maintenant. Trouver de l'eau, et de quoi faire du feu. De quoi vous réchauffer. Ne vous inquiétez pas. Je ne serai pas long.
Il ouvrit les yeux, murmurant un "Merci. Avant de sombrer dans le sommeil. Ou l'inconscience, je ne sais pas.

Je quittai notre abri à la recherche de bois mort.
Je lui avais dit de ne pas m'inquiéter.
Mais j'étais fou d'angoisse.

Voir le chapitre 23 sur 67



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.