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Conte de Noël : Valentine

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 24: La tempête.1.
(par michele huwart, ajouté le 05/03/06 00:14)


Valentine poussa la porte de la cuisine et déposa le seau de lait. Sa veste de laine noire était constellée de flocons blancs, et ses mains gercées par le froid. Elle les frotta l’une contre l’autre, longuement, avant de reprendre le seau et de déverser une partie de son contenu dans un chaudron de cuivre, puis de le mettre à bouillir sur le feu. Elle soupira, tout en surveillant attentivement le lait. Il ne fallait pas qu’il déborde. Il ne fallait surtout pas qu’il déborde…
- Vous êtes bien matinale, Valentine, fit la voix de Joseph derrière elle. Vous devriez vous reposer.
Elle haussa les épaules, jeta le gruau en pluie dans le lait bouillant, se mit à touiller dans la mixture avec une longue cuiller de bois.
- Il faut bien s’occuper de la maison, répondit-elle d’une pauvre petite voix triste. Traire les vaches, préparer les repas… Et je ne pouvais plus dormir, de toutes façons. Vous avez passé la nuit auprès de Bernier ?
- Une partie, oui, avoua le chevalier. Il était très agité. Il ne cessait de délirer, et quand il lui arrivait d’être lucide, il s’inquiétait… pour vous.
- Pour moi ?
Elle se mordit les lèvres et des larmes d’émotion lui montèrent aux yeux. Le jeune homme luttait contre la mort et s’inquiétait… pour elle !
- Il est plus calme, à présent, continua Joseph. Il dort profondément.
- Il est entre de bonnes mains, affirma la jeune fille. Les meilleures qui soient. Mais… euh Joseph ? Pourrais-je vous demander un service ?
Le chevalier s’empressa d’accepter. Il l’aimait bien, ce courageux petit bout de femme solitaire. Il aurait donné beaucoup pour l’aider.
- Je voudrais… quand le petit-déjeuner sera prêt, je devrai préparer la soupe. L’eau du puits est gelée. Pourriez-vous aller me chercher deux seaux de neige propre ? Et si je n’abuse pas…
Elle hésita. Joseph avait beau être un homme chaleureux, c’était un chevalier, pas un fermier… Elle lui demanda, cependant.
- Quand j’aurai épluché les légumes, accepteriez-vous d’aller porter les déchets aux cochons.
Elle baissa les yeux, vaguement honteuse d’admettre :
- J’ai toujours eu peur des cochons.

Guy somnolait sur sa chaise, tenant toujours la main du malade entre les siennes. Valentine les regarda tous deux, attendrie. Elle déposa le plat de gruau et le cruchon de tisane, remercia Becky pour son dévouement, et s’approcha des deux jeunes gens. Elle les embrassa affectueusement, sans mot dire. Bernier ne réagit pas, mais Guy ouvrit les yeux, passablement ébahi, et adressa à la jeune fille un merveilleux sourire.
- Ca va ? demanda Helmgaud, se voulant aimable, lorsqu’elle réapparut dans la salle commune.
- Doucement, lui répondit-elle. Sa fièvre est encore très élevée.
- Et vous ?
Elle n’avait pas envie d’en parler. Elle n’avait pas du tout envie d’en parler…
- Pas fort, Messire. Pourrais-je vous demander un service, à vous aussi ?
Le Baron avait vu Joseph s’en aller accomplir les menus travaux quémandés par Valentine. Il ne voulait pas être en reste vis-à-vis de sa jeune hôtesse. Que du contraire !
- Le boulanger, lui expliqua-t-elle, viendra livrer du pain. J’ai préparé un panier de pommes. Vous serait-il possible de les lui remettre, et de lui commander deux tartes ? Je dois, moi, descendre au village, et…
- Au village ! s’exclamèrent les deux hommes de conserve. Par ce temps !
La tempête de la nuit ne s’était pas calmée, que du contraire. Le vent soufflait en rafales, les flocons tombaient si serrés qu’on n’y voyait pas à dix pas, et il gelait à pierre fendre. Et tous les occupants du castel avaient entendu les loups hurler…
- J’ai à faire, expliqua calmement la jeune fille. Vos hommes boivent beaucoup, Messire, et je n’ai plus de bière et… je dois voir Monsieur le Curé, aussi.
… et Berthe, songea-t-elle, mais elle préféra n’en rien dire.
Les hôtes de Valentine ne lui posèrent aucune question, ne connaissant que trop bien les raisons qu’elle avait d’aller voir le prêtre. Helmgaud devança la réaction de Joseph.
- Gozlin ! appela-t-il d’une voix de stentor.
- Messire, répondit l’homme, levant la tête de son bol de gruau.
- Accompagne-la.
- Hein ? fit le soldat, visiblement mécontent de l’ordre reçu. Par ce temps, Monseigneur !
Le Baron n’apprécia pas la réponse de son homme de main.
- Il neige aussi pour elle ! fit-il d’un ton de commandement. Tu ne serais pas plus froussard qu’une frêle jeune fille ?
- Non Monseigneur, grommela Gozlin, atteint dans son amour propre.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.