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Au-delà des frontières

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 25: Rêves
(par Isiliel, ajouté le 15/11/07 18:27)


Dans ces rêves, je voyais quelqu'un de ma famille ou parfois un ou une de mes amis mourir ou me tourner le dos. Un des pires me montra ma mère me disant: "Tu nous a abandonné" avec un intense désespoir dans les yeux. Je me réveillai ponctuellement en larmes ou en sueur.

Puis leur fréquence augmenta. Je rêvais toutes les nuits. Je devins somnambule. Je reprenais conscience dans les couloirs du chateau, enroulée dans un drap ou habillée. Au début, je parvins à donner le change, prétextant un besoin de prendre l'air. Mais quand Elrohir me trouva à moitié vêtue sur le rempart de la Cour de la Fontaine, je dus tout lui dire. A partir de ce moment, il ferma ma porte à clé, la nuit et restait avec moi. Il me découvrit souvent en train de tirer vainement sur la poignée de la porte en gémissant. Puis, les crises s'espacèrent et disparurent. Tout redevint normal. Ma porte fut rouverte. Et vint cette nuit...

C'est le bruit de l'eau qui m'a réveillée. J'étais au bord de l'Aduin. J'avais franchi le Rammas Echor. Je me demande encore pourquoi les gardes m'ont laissé passé. Mais après tout, la paix était installé depuis longtemps et ils me connaissaient. Dans le noir, ma démarche de somnambule avait du passé inaperçue.

Quand je repris mes esprits, je me rendis compte que je portais ma cape à l'envers. Alors que je l'enlevais pour rectifier, je vis que je portais les vêtements de chez moi: le jean, le débardeur, les sandales, le blouson. Et à ma ceinture, pendait Turumacil. Je fus si surprise que la cape m'en tomba des mains.

Commençant à franchement douter de ma santé mentale, je m'apprétais à prendre le chemin du retour, quand j'entendis:
"Non, vous arrêter."

C'était du Parler Commun prononcé avec un accent guttural. Un homme sortit des fourrés sur ma droite. Je distinguai à la lumière de la lune ses cheveux tressés finis par des pointes de métal, la marque des voleurs du Khand, d'après Roqueniel. Plus les tresses étaient nombreuses et le métal précieux, plus la place était élevée dans leur hiérarchie. Des bruits de pas derrière moi me signalèrent que deux autres l'accompagnaient. Ils devaient être bien audacieux, ou bien désespérés, pour venir si près de Minas Tirith.

"Bijoux, argent. Vite, dit le premier.
-Je n'ai rien, répondis-je le plus calmement possible.
-Sûr que si je cherche, je trouve, répliqua un de ceux derrière moi."

Je dégainai mon épée et fit un grand moulinet en me retournant. Il évita la lame de justesse. Tous sortirent leurs armes, plus courtes que la mienne, mais bien plus épaisses. Je n'en menais pas large. C'était la première fois que je me battais contre des humains, pour sauver ma vie.

L'homme que j'avais failli éborgner attaqua. Je m'aperçus avec soulagement que l'entrainement elfique avait imprimé en moi des automatismes et je parais et me fendais presque sans y penser. Mon adversaire avait un style plus désordonné, mais frappait plus fort que moi et mes poignets encaissaient de plus en plus mal les coups. Ma lame était cependant plus longue que la sienne, ce qui me donnait un léger avantage. Alors qu'il s'apprêtait à me frapper de taille, je parvins à lui entailler sévérement la main. Il lacha son épée avec un cri de douleur. J'avais appris à profiter de la moindre opportunité et c'est presque sans le vouloir que je plongeai ma lame dans son torse, à l'endroit exact de son coeur. Il tomba à genoux, une immense stupéfaction dans les yeux, un flot de sanc jaillissant de sa blessure. Et je le regardai avec horreur. Je venais de tuer mon premier homme. Je le vis tomber au ralenti, son visage percutant la terre humide du bord du fleuve. Je ne pouvais plus bouger.

Ces quelques secondes d'immobilité me furent fatales. Ses compagnons, qui avaient visiblement prévu une victoire rapide de mon adversaire, se précipitèrent sur moi. L'un d'eux me transperça le ventre de son épée. Je me souviens encore du foid du métal dans mon corps et de la douleur atroce. Une voix cria mon nom tandis que mes agresseurs tombaient sous des flèches. Elrohir me prit dans ses bras en hurlant, mais je ne le voyais plus. Je voyais...

... la route défilant sous mes roues. J'avais ouvert ma fenêtre car il faisait chaud. Une guêpe entra en vrombrissant et, affolée, j'essayais de la chasser. Je perdis le contrôle de ma voiture qui percuta un platane. J'avais oublié ma ceinture. Ma tête heurta violemment le pare-brise qui se fissura en un réseau de lumière.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.