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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 26: Lapins
(par michele huwart, ajouté le 24/03/04 15:37)


J'ouvris les yeux. Il me semblait avoir dormi longtemps. Tout était silencieus autour de moi. Ou presque. Une forêt n'est jamais totalement silencieuse. J'avais chaud sous ma couverture. Je me sentais bien. Presque heureux. Je me levai, et tisonai le feu. Puis j'allai jeter un coup d'oeil dehors. C'était le crépuscule. Oui, j'avais dormi longtemps. Un jour entier. J'en eus vaguement honte. Pourquoi, au fond ? Je n'étais qu'un homme, et un homme a besoin de dormir pour recouvrer ses forces.

Je revins au chevet de mon seigneur. Allongé, il ne dormait pas. Les yeux ouverts vers le vide, il semblait perdu dans un de ces rêves qui pour ceux de son peuple peuvent remplacer le sommeil. Inquiet malgré moi, je lui palpai le front. Il battit des paupières, me regarda, et me sourit.
- Bonsoir ! me dit-il, encore ensommeillé. Tu as bien dormi ?
- Trop, répondis-je. Beaucoup trop. Vous auriez pu avoir besoin de moi, pendant tout ce temps.
- Tu dis des bêtises. Tu étais resté si longtemps sans dormir. Pour moi. C'était bien à ton tour de te reposer.
Il tenta de se redresser. Je l'aidai à s'asseoir, et lui offrit de réchauffer de la tisane.
- Plus tard, me répondit-il. Je voudrais d'abord te demander un service.
- Encore ? fis-je pour le taquiner.
- Je suis un beau fardeau pour toi, hein ? répondit-il en baissant les yeux.
- Voyons, Monseigneur ! dis-je en riant doucement. Je plaisantais. Vous êtes tout sauf un fardeau. Et je ne demande qu'à vous faire plaisir.
- Aide-moi à me rendre au ruisseau, s'il te plaît. J'ai grand besoin de faire ma toilette. Je dois sentir la sueur à dix pas.
C'était vrai, mais je m'abstins de le lui dire. Je l'aidai à se lever. A se rendre au ruisseau. A se laver dans l'eau draîche et revigorante. Je le ramenai à l'abri, et partis ensuite relever mes collets. Je revins avec deux beaux lapins, une brassée d'orties, et une pleine gamelle de framboises.

Je trouvai mon Seigneur assis près du feu. Dont il avait à nouveau réaménagé le foyer. Il m'aida à écorcher, puis à embrocher les lapins. Mais je lui ordonnai de se recoucher pendant que je les mettrais à cuire. Bien qu'il fût mon Seigneur, il m'obéit.
Nuos restâmes un long moments silencieux, puis nous mîmes à bavarder. De choses et d'autres. De choses sans importances. Jusqu'au moment où je lui demandai ce qu'il ferait, une fois rentré à Menegroth.
- Je suis un officier du Roi, répondit-il. Ce que je ferai dépendra de sa volonté.
Sa réponse me laissa sans voix. Il me faisait l'effet d'être un être libre. Et il faisait dépendre ses actes de la volonté d'un monarque. Je ne comprenais pas. Et je le lui dis.
- Ce n'est pas une question de liberté, me répondit-il. Je suis son elfe-lige. Je lui ai prêté serment. Librement. Les temps sont durs, Morgil. Le Roi sait mieux que quiconque d'où viendront les coups de l'ennemi, et comment y parer. J'ai confiance en lui.
- Pourquoi ? lui demandai-je. Est-il si parfait ?
Il partit d'un grand éclat de rire.
- Elu Thingol, parfait ! Non, bien sûr. C'est un souverain orgueilleux, imbu de sa personne et de sa race. Le digne père adoptif de ton Capitaine. Mais est-ce pour celà que tu n'obéissais pas à Turin ? Que tu ne lui obéissais pas librement ?
- Non, Monseigneur, dus-je avouer.
- Il en est de même pour moi, vis à vis de sa Majesté. Je lui obéis librement, bien que je reconnaisse ses défauts.
Il semblait tracassé, soudain. Inquiet.Je m'en fis le reproche. Je n'aurais pas dû lui poser ces questions. Mais il secoua la tête négativement quand je le lui dis.
- Tu n'y es pour rien. je me demandais seulement quelle serait la réaction de Sa Majesté quand je lui annoncerai. Pour Turin. Il l'aime beaucoup, tu sais.

Je me demandai moi aussi quelle serait la réaction d'un père dont le fils se serait enfui. Dont le fils refuserait le pardon. Comme je n'avais jamais eu de père, je ne pus trouver de réponse en moi.
- Vous verrez bien, le moment venu, finis-je par répondre. Inutile de vous en faire pour çà dès à présent. Goûtez moi plutôt ce lapin !

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.